La fin des espèces et des civilisations
La période estivale est propice à la prise de recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera, sans nul doute, particulièrement chargée.
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de Le pain, le levain et les gènes, un essai sur l’évolution, Parole éditions, 2009, a accepté de rédiger pour La Lettre du Lundi une série de trois articles qui explorent les rapports entre physique - et notamment thermodynamique - et évolution des civilisations. Une hauteur de vue bien nécessaire, afin d’éviter que l’accessoire ne l’emporte sur l’essentiel.
Le présent billet est le troisième et dernier de cette série. Le premier a été publié le 27 juin (voir Bientôt la fin de l’espèce humaine ?), le deuxième le 12 juillet (voir Les lois implacables de la thermodynamique).
La mémorisation croissante de l’information
Comme les espèces animales ou végétales, les civilisations humaines évoluent de façon à dissiper l’énergie toujours plus vite. Ce faisant, elles modifient leur environnement. Pour survivre, elles doivent s’adapter au nouvel environnement, donc évoluer. Une structure dissipative s’adapte en enregistrant de l’information sur son environnement. Elle s’auto-organise en fonction de cette information. Plus elle mémorise d’information, plus elle dissipe l’énergie.
Les êtres vivants mémorisent cette information dans leurs gènes. Plus ils sont évolués, plus leurs gènes mémorisent d’information, plus ils dissipent d’énergie. Ils se reproduisent en répliquant cette information, ce qui accroît sans cesse la dissipation d’énergie. Lorsque l’environnement évolue, leurs gènes doivent évoluer. C’est pourquoi, ils gardent en réserve une grande variété de gènes appelée « ressource génétique ». La sélection naturelle choisit les gènes les mieux adaptés au nouvel environnement.
Avalanches et cascades
Plus vite un être vivant évolue, plus vite il accroît sa dissipation d’énergie, plus vite il modifie son environnement, donc plus vite il doit évoluer. C’est « l’effet de la reine rouge » du biologiste L
eigh van Valen, effet dont le nom fait référence à un passage du livre de Lewis Carroll De l’autre coté du miroir dans lequel la reine rouge dit « Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit[i] ».
L’évolution est un phénomène qui s’accélère de lui-même. Or le temps d’adaptation d’une espèce est fini. Lorsque l’évolution devient trop rapide, l’espèce s’éteint. Une espèce s’éteint rarement seule. Dans un écosystème les espèces dépendent les unes des autres. L’extinction d’une proie entraîne souvent celle du prédateur. Il s’ensuit une cascade d’extinctions, suivie d’une reprise progressive de la vie. De nouvelles espèces se développent, parmi lesquelles certaines prolifèrent, provoquant une nouvelle cascade d’effondrements. C’est le phénomène dit des « équilibres ponctués », découvert par les paléontologistes Stephen Jay Gould et Niles Eldredge. L’évolution apparaît sous forme de périodes de stase, ponctuées de changements soudains.
En 1993, les physiciens Per Bak et Kim Sneppen ont montré que le phénomène des équilibres ponctués est un processus thermodynamique connu sous le nom de « criticalité auto-organisée » : l’énergie a tendance à se dissiper sous forme d’avalanches. Comme dans un tas de sable dont la pente devient critique, on observe des avalanches d’autant plus fréquentes qu’elles sont moins importantes. Un bon exemple de ce processus est la dissipation de l’énergie du manteau à travers la croûte terrestre. Elle se fait sous forme de séismes. Dewar a montré que le processus de « criticalité auto-organisée » est une conséquence de la loi de production maximale d’entropie.
L’évolution culturelle supplante l’évolution génétique
Chez les animaux évolués, une fraction croissante de l’information est mémorisée dans le cerveau. Elle est transmise aux enfants par imitation des parents. Chez l’Homme, cette fraction est devenue prépondérante. Nos ancêtres les grands singes vivaient dans les arbres en mangeant des fruits. Lorsqu’un changement climatique a remplacé la forêt par la savane, leurs gènes ont dû évoluer. Cela a pris plusieurs dizaines de milliers d’années. Ils sont devenus des australopithèques, mangeurs de racines. Lorsqu’il n’y a plus eu que de l’herbe à manger, leurs gènes ont dû à nouveau évoluer. Cela a encore nécessité plusieurs dizaines de milliers d’années. Ne pouvant digérer l’herbe, ils ont mangé des mammifères herbivores. Le genre Homo était né.
À la fin du paléolithique, les grands mammifères ont à leur tour disparu. Seule notre espèce a survécu. En quelques siècles seulement, l’Homme a réussi à changer de nourriture sans que ses gènes évoluent. Comment a-t-il fait ? Il a mangé des graines rendues digestes grâce à la cuisson et à la fermentation. L’Homme s’est adapté au nouvel environnement, grâce à la technique. Il a survécu en cultivant les céréales. C’est ce qu’on appelle la révolution néolithique. Le néolithique marque la date d’apparition d’un nouveau type d’évolution, l’évolution dite culturelle[ii]. Beaucoup plus rapide que l’évolution génétique, l’évolution culturelle va rapidement la supplanter.
Le biologiste Richard Dawkins[iii] a proposé d’appeler « mème » un élément d’information enregistrés dans le cerveau, par analogie avec le mot « gène ». Un langage peut être considéré comme un code « mémétique ». Un héritage culturel devient une « ressource mémétique ». Devenue « mémétique », l’évolution se poursuit comme l’évolution génétique. Suivant l’environnement, la sélection naturelle va choisir, parmi les ressources mémétiques disponibles, les « mèmes » les mieux adaptés.
Le propre de l’Homme
À la différence des gènes transmis chez l’Homme héréditairement, les « mèmes » peuvent être transmis d’un adulte à un autre. On parle alors de transmission horizontale. Pour rencontrer une situation analogue, il faut remonter aux bactéries. Celles-ci peuvent échanger des gènes. Les bactéries qui ont acquis des gènes communs forment des colonies. De même, les Hommes qui ont acquis des « mèmes » communs forment des sociétés. L’Homme est devenu un animal social. L’espèce Homo sapiens va alors se diversifier en « espèces culturelles » différentes.
Un phénomène nouveau apparaît. Rarement un animal tue un autre animal de la même espèce. Si un tel comportement venait à se développer, l’espèce disparaîtrait rapidement au profit d’une espèce voisine moins agressive. Ce raisonnement ne s’applique plus à notre espèce génétique, mais aux espèces culturelles qui la composent. Apparaissent des civilisations prédatrices et des civilisations proies. C’est la traite des noirs ou l’extermination des indiens d’Amérique.
L’évolution des civilisations
Comme les êtres vivants, les civilisations s’adaptent à leur environnement en mémorisant de l’information. Un nouveau type de mémoire apparaît, l’écriture. Les civilisations dont la population est alphabétisée l’emportent rapidement sur les autres. Ainsi, l’Empire romain s’est étendu sur toute la Méditerranée. Dissipant de plus en plus d’énergie, il s’est effondré comme toute espèce animale qui a trop proliféré.
En Europe de l’Ouest, de nouvelles civilisations se sont lentement développées. Un moyen puissant de duplication de l’information voit le jour : l’imprimerie. En deux siècles, une quantité croissante d’information est mémorisée dans les livres. Les populations s’alphabétisent. C’est le siècle des Lumières. Il est suivi en Europe d’une explosion démographique sans précédent.
Comme toujours, la dissipation d’énergie croit avec la quantité d’information mémorisée. La civilisation européenne s’étend aux colonies. Comme l’Empire romain, les empires coloniaux s’effondrent. Deux guerres mondiales se chargent de les détruire. Centrée sur les États-Unis, la civilisation américaine va progressivement s’étendre. Une quantité croissante d’information est mémorisée dans des ordinateurs, accessible directement grâce à l’internet. Elle s’accroît suivant la loi de Moore[iv].
L’accroissement correspondant de la dissipation d’énergie s’étend à toute la planète et commence à modifier la composition de son atmosphère. L’espèce Homo sapiens est-elle en danger d’extinction ? Le lecteur aura compris que la réponse est négative. Notre espèce génétique n’est pas en danger. Ce qui nous attend c’est une extinction massive d’espèces culturelles, entraînée par la chute de ce qu’on appelle les civilisations avancées.
Notre civilisation présente toutes les caractéristiques d’un effondrement
L’évolution ne cessant de s’accélérer, les individus qui en font partie ont de plus en plus de mal à s’adapter. Une espèce animale disparaît lorsque ses gènes n’ont plus le temps d’évoluer. De même, une civilisation disparaît lorsque sa culture n’a plus le temps d’évoluer. C’est la crise de la culture décrite par Hannah Arendt[v]. On ne sait plus quel savoir transmettre. Le système scolaire s’effondre. Les jeunes sont au chômage. Il n’y a pas si longtemps on exerçait toute sa vie le même métier. Aujourd’hui, un ingénieur change de patron en moyenne tous les trois ans. Il doit constamment se recycler. Ceux qui ont la chance d’avoir encore un emploi courent toujours plus vite pour rester sur place. On reconnaît là l’« effet de la reine rouge ». L’économie est au bord du gouffre.
Peut-on échapper au désastre imminent ? Le seul moyen d’y parvenir serait de courir moins vite, c’est-à-dire de ralentir la croissance économique. C’est ce que proposent les « objecteurs de croissance »[vi]. Mais chacun sait que s’il court moins vite, il se fait dépasser par les autres. Il est vite éliminé par la sélection naturelle. L’Homme reste toutefois maître de son destin. La loi de dissipation maximale d’énergie est une loi statistique valable pour un grand nombre de structures dissipatives en compétition. Elle ne s’applique plus dans le cas d’une structure unique, c’est-à-dire d’un gouvernement mondial capable de maîtriser la croissance de l’humanité.
La seule issue passe donc par une prise de conscience mondiale du processus que je viens de décrire. C’est le but de ces articles.
François Roddier, astrophysicien, © 2010 pour La Lettre du Lundi
[i] Lewis Carrol, De l’autre coté du miroir, traduction de Jacques Papy, Pauvert, 1961, p. 48.
[ii] Cavalli-Sforza, Évolution biologique, évolution culturelle, Odile Jacob, 2005.
[iii] Richard Dawkins, Le gène égoïste, Odile Jacob, 2003.
[iv] Loi empirique formulée pour la première fois par Gordon Moore en 1965. Elle énonce que la mémoire des ordinateurs croit exponentiellement.
[v] Hannah Arendt, La crise de la culture, Gallimard, 1972.
juillet 11th, 2010 at 17:45
Avant tout merci pour cette série d’articles qui, en partant d’une approche totalement différente de celle que nous utilisons habituellement (la thermodynamique en lieu et place du politique et de l’économie), arrive à des conclusions quasiment analogues aux nôtres. Vous parlez d’une « extinction massive d’espèces culturelles, entraînée par la chute de ce qu’on appelle les civilisations avancées ». De notre côté, dans plusieurs billets, nous avons évoqué les « démocraties en déclin », les symptômes d’une « chute de Rome » ou d’un « Moyen-Âge qui s’annonce » dans nos mœurs politiques ou notre évolution économique (voir notamment Le dauphin Jean http://lalettredulundi.fr/2009/10/page/3/).
Reste une interrogation majeure, celle des scénarios possibles pour le futur. Schématiquement, on pourrait en distinguer trois.
Le premier, que vous évoquez, c’est celui d’une disparition des civilisations avancées : corruption et incapacité des politiques, accroissement des inégalités, de la violence, tous phénomènes qui précèdent un effondrement, par pans entiers, de ce qui semblait acquis pour l’éternité quelques décennies auparavant : l’accès à la santé, à l’éducation, etc. C’est le retour à la loi de la jungle, dans un monde à la Mad Max, où ceux qui « s’en tirent le mieux » (ou le moins mal !) vivent en semi-autarcie dans des structures de taille moyenne, des latifundia du XXIe siècle : en résumé, un Moyen Âge du troisième millénaire.
Le deuxième, que vous évoquez également, c’est celui d’une prise de conscience mondiale pour contrôler et ralentir la croissance. Bien qu’on en observe certains signes avant-coureurs, nous sommes encore « très loin du compte » et nous ne prenons pas vraiment cette voie-là : la Chine fait tout pour devenir un leader mondial (voir 2010 : le temps des perspectives http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/) en dissipant un maximum d’énergie… perspective a priori peu encourageante.
Un troisième scénario, sur lequel je souhaiterais connaître votre opinion, serait celui d’une « sortie du cadre », c’est-à-dire de la planète sur laquelle nous vivons : investissements massifs dans la conquête spatiale, exploitation de l’hélium 3 lunaire, robotisation accélérée… bref tous les ingrédients d’une nouvelle accélération de la « reine rouge », mais cette fois à l’échelle du système solaire.
Lundi
juillet 13th, 2010 at 08:49
Les trois scénarios que vous évoquez ne s’excluent pas mutuellement. Vraisemblablement, ils se succéderont.
La situation actuelle du monde occidental ressemble en effet à celle de l’empire romain au début de notre ère (1). A cette époque, les liaisons commerciales se faisaient par bateau. Elles ont permis à la civilisation romaine de s’étendre à tout le pourtour de la méditerranée. Se faisant aujourd’hui par avion, elles provoquent ce qu’on appelle la mondialisation.
Dans un premier temps, on doit s’attendre à une régression, que l’on peut qualifier de nouveau Moyen Âge. On l’observe déjà sur le plan social. Pour s’en sortir, des groupes d’individus partageant les mêmes idées vont en effet s’unir et vivre en semi-autarcie.
La paléontologie nous apprend qu’à des effondrements d’espèces succède une très grande biodiversité. On peut de même s’attendre à voir apparaître une grande diversité de cultures, parfois sous forme de sectes religieuses, dont la plupart seront éphémères.
Les écologistes R. MacArthur et E. O. Wilson ont remarqué que la sélection naturelle pouvait prendre deux formes opposées appelées r et K. Lorsque l’environnement est stable la sélection naturelle favorise les gros organismes évoluant lentement (par exemple: les arbres). C’est la sélection K. Lorsque l’environnement change, elle favorise les petits organismes évoluant rapidement (la savane remplace les arbres). C’est la sélection r.
Il en est de même des sociétés humaines. L’effondrement de l’empire romain, des empires coloniaux, de l’URSS ou de nos sociétés actuelles peuvent être considérés comme des passages de la sélection K à la sélection r. Il en est de même aussi des entreprises. Les grosses entreprises sous-traitent de plus en plus aux petites entreprises plus adaptables.
La biologiste Lynn Margulis (2) a montré que l’apparition d’espèces nouvelles se fait au contraire par acquisition de génomes, c’est-à-dire par symbiose. Il en est de même des sociétés humaines ou des entreprises. Notre pays a évolué à partir d’une symbiose entre la culture romaine et la culture celte. Il a évolué par acquisitions successives de fragments de cultures venant de l’étranger, notamment du nord.
En ce qui concerne la prise de conscience mondiale, nous sommes en effet très loin du compte. La société future se construira progressivement par symbiose de cultures résultant de l’effondrement de notre société. Le contrôle de la croissance par un gouvernement mondial pourrait conduire à une économie stationnaire telle que la décrivait John Stuart Mill (3). L’espèce humaine serait ainsi préservée. La tentation d’une reprise de la croissance pourrait cependant rester forte. Une telle reprise pourrait avoir lieu grâce à l’énergie issue de la fusion nucléaire (projet ITER). Le risque de disparition de l’espèce humaine deviendrait alors élevé.
Je ne pense pas que l’Homme colonisera jamais les planètes du système solaire autrement que par des robots. Mais, si l’espèce humaine arrive à subsister suffisamment longtemps, alors une civilisation galactique pourrait prendre naissance par échange d’informations avec d’autres civilisations de la Galaxie.
(1) Voir Alternatives Économiques No. 293, p. 54, juillet-août 2010.
(2) Lynn Margulis, Dorion Sagan, Acquiring Genomes, Basic Books, Perseus, 2002.
(3) John Stuart Mill, Principles of Political Economy, Book IV, chapterVI, 1848.
juillet 13th, 2010 at 09:05
cher Francois, Vous ecrivez, “L’évolution ne cessant de s’accélérer, les individus qui en font partie ont de plus en plus de mal à s’adapter”, et la solution est de “courir moins vite”. Pourquoi ne pas envisioner que l’espece humaine va se modifier genetiquement, et pas memement, et devenir adaptable a de nouveaux changements de plus en plus rapidement? Une modication de nos genes de generation en generation permetant une adatation totale et rapide a tout changement? Excusez le manque d’accent a mon texte, je le tape de mon iphone, avec son petit clavier….
juillet 13th, 2010 at 11:14
Oui, mais un gouvernement mondial, dans l’état actuel des choses, voudrait dire la prééminence de quelques uns, “zélites” autoproclamées, grosses, très grosses fortunes, sur quelques millions d’individus réduits à l’esclavage !
or, çà nous n’en voulons pas, ce n’est pas l’avenir dont nous révons pour nos enfants !
juillet 13th, 2010 at 14:17
Tout en étant globalement d’accord, j’évoque deux pistes (en partie inspirée par la lecture de B Stiegler).
L’une “négative”, la complexité des évolutions à venir ne va-t-elle pas rendre vaine les tentatives de s’en affranchir (remède/poison, Prométhée, Epiméthée…).
L’autre “positive” peut être, c’est une certaine forme de transcendance, de dépassement, ou de sublimation, accessibles aux humains dans le soin qu’ils ont autour/avec les objets techniques, au moins dans les moments où il n’en font pas des bombes atomiques mais des logiciels libres par exemple.
(Je conseille à ce sujet le “Ce Que Sait La Main” de R. Sennett). A défaut d’un gouvernement commun utopique, des techniques faites pour que chacun ait un signal à la mesure de son environnement , cela casserait aussi la chaine de transmission de l’auto-criticalité.
C’est un peu ce qui se bricole intellectuellement autour d’un Paul Jorion aussi, on veut se donner les moyens de désamorcer les tendances procycliques sur les outils économiques, il faudra le faire sur les outils culturels (y compris web 2.0 et plus) , mais sans forcément (ou férocement sans) un supragouvernement omniscient.
juillet 13th, 2010 at 21:44
Réponse à Diredor: La vitesse d’évolution des gènes est fondamentallement limitée par les taux de mutations. C’est pourquoi de génétique l’évolution est devenue culturelle. Voici quelques références:
L. Cavalli Sforza, Évolution biologique, évolution culturelle, Odile Jacob, 2004.
J. Richerson and Robert Boyd, Not by genes alone, U. Chicago Press, 2005.
Réponse à Bérénice: L’accroissement actuel des inégalités sociales est le résultat d’une évolution débridée qui mène au chaos. Dans une économie à évolution contrôlée, les inégalités sociales sont par définition maîtrisées. La prise de conscience mondiale implique que ce contrôle est souhaité par tous et non le fait d’une dictature par des “zélites autoproclamées”.
Réponse à Timiota: La biologie offre de nombreux exemples de structures stables qui, ayant atteint un état stationnaire, n’évoluent plus. Cela ne les rend pas pour autant immortelles. Parvenu à l’âge adulte, l’Homme n’évolue plus ou très lentement. Il vieillit et —coté positif que vous évoquez— mûrit intellectuellement. La société actuelle subit les douleurs de l’enfantement.
juillet 15th, 2010 at 08:57
Devant la terrible certitude de sa mort, l’Homme a inventé l’au-delà : la mort n’est rien, la mort est un passage. Vers une autre vie. Meilleure évidemment.
Devant les choses terrifiantes que nous allons faire et subir dans les toutes prochaines décennies, certains inventent l’essaimage : peu importe ce qui se passera sur la planète terre, “nous“ survivrons au delà.
La foi religieuse peut aider vraiment un homme à ne pas craindre la mort. La croyance en l’essaimage n’est qu’une fuite méprisable. Méprisable parce que, dans la situation où nous sommes, une saine terreur de ce que nous préparons pourrait aider à faire moins mal.
juillet 15th, 2010 at 18:42
Dans tous les scénarios, une “biodiversité” des savoir-faire des ensemble humains restant est souhaitable.
Pour cela, une certaine forme de reconnaissance de ces savoir-faire actuellement serait favorable et pourrait diminuer aussi la “douleur de l’enfantement”.
Qu’il s’agisse de douleur économique (endettement généralisé, comme avant Solon entre cité grecques) ou de “douleurs environnementales”, les deux se combinant dans les figures qu’a tenté de caractériser Stiegler (Mécréance et Discrédit) en se plaçant davantage sur le plan de “l’esprit”.
Car nous vieillissons en nous “prolétarisant”, c’est à dire en perdant nos savoir-faire (celui du “management” à France Telecom par exemple, cela touche bien les cadres et va au-delà de la paupérisation du bas de l’échelle sociale). Tant qu’à stationner un peu en accouchant d’une nouvelle donne, autant le faire en “bricolant” avec plaisir, qui pour une moindre dépense énergétique, qui pour une “simple” meilleure compréhension du monde, comme vous (ou comme Jorion).
août 3rd, 2010 at 17:17
N’importe quoi.