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	<title>La Lettre du Lundi</title>
	<link>http://lalettredulundi.fr</link>
	<description>Chaque lundi, un billet politique à commenter toute la semaine</description>
	<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 21:34:57 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
			<item>
		<title>TGE : les maîtres du jeu</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/28/tge-les-maitres-du-jeu/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 21:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Sébastien est un collaborateur débordé. Rattaché à la branche « banque » du n° 3 mondial de la bancassurance, il est en charge du projet « dépendance 2020 » dont l’objectif est de créer une gamme de produits destinée aux plus de 60 ans qui souhaitent s’assurer contre la « perte de dépendance », pour reprendre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" scrolling="no" frameborder="0" allowtransparency="true" style="border-color: initial; border-image: initial; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p>Sébastien est un collaborateur débordé. Rattaché à la branche «<code> </code>banque<code> </code>» du n°<code> </code>3 mondial de la bancassurance, il est en charge du projet «<code> </code>dépendance<code> </code>2020<code> </code>» dont l’objectif est de créer une gamme de produits destinée aux plus de 60<code> </code>ans qui souhaitent s’assurer contre la «<code> </code>perte de dépendance<code> </code>», pour reprendre le jargon en usage qui définit ainsi différentes formes de sénilité.<br />
<span>   </span><br />
Afin de faire aboutir ce projet, Sébastien doit coordonner et faire travailler ensemble, sur un mode non hiérarchique, des services ou départements aussi divers que l’actuariat, la direction des services informatiques, la direction commerciale, sans oublier le marketing, les RH, la formation… bref, un véritable casse-tête<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Las<code> </code>! À moins de deux mois du lancement de la gamme des produits dont il a la charge, Sébastien apprend incidemment que la branche «<code> </code>assurances<code> </code>» de son groupe prépare un projet similaire, devant être lancé au même moment. D’où réunions, conflits internes, problèmes d’ego et de préséance dus au fait que la branche «<code> </code>banque<code> </code>», rachetée il y a 5<code> </code>ans, a toujours été considérée comme le parent pauvre du groupe… en résumé, des milliers d’heures de travail effectuées en pure perte pour arriver à la conclusion que le système d’information, pourtant refait à neuf, ne permet pas de visualiser et de coordonner effectivement les projets du groupe. D’où demande de modification du système, etc.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait développer cet exemple <em>ad nauseam</em>. Il semble sans doute familier à ceux qui travaillent dans une TGE (très grande entreprise), où les dysfonctionnements de ce type sont légion. Quels enseignements en tirer<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Cronos</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les structures comportant plusieurs dizaines de milliers, voire plusieurs centaines de milliers de collaborateurs ne datent pas d’aujourd’hui.  Mais, jusqu’à une date récente, elles comportaient une caractéristique commune<code> </code>: <strong>elles émanaient quasiment toutes de l’État</strong>. À ce titre, elles ne s’étaient pas construites en un jour mais, strate après strate, à l’issue d’un processus qui s’était déroulé sur plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet échafaudage lent</strong>, cette sédimentation par étapes, générait certes des lourdeurs, <strong>«<code> </code>n’optimisait pas la productivité<code> </code>»</strong>, pour employer une expression contemporaine, <strong>mais garantissait une pérennité</strong>, une efficacité minimale <strong>qui permettait</strong>, à travers l’établissement de routines, <strong>d’assurer stabilité et continuité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Rien de tel avec les TGE.</strong> Ce n’est d’ailleurs par leur rôle. Fruits du capitalisme financier, <strong>elles grandissent</strong> à coups de fusions-acquisitions-regroupements <strong>à une vitesse sans cesse croissante</strong>. À l’exception de la tête – nous y reviendrons plus loin – <strong>leur structure est constamment en phase de réorganisation-restructuration</strong>. En un mot, <strong>leur vitesse de croissance, d’évolution et de transformation est</strong>, dans la plupart des cas, <strong>supérieure aux capacités d’adaptation de la plupart des individus qui la composent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant, dans ces conditions, <strong>que ces mêmes individus soient stressés et démotivés</strong>, et ce quelle que soit leur fonction<code> </code>: employés, cadres intermédiaires ou cadres supérieurs (nous laissons de côté, pour l’instant, la question des dirigeants). Ils ne savent plus à quel saint se vouer, de quoi sera fait le lendemain, <strong>doivent constamment améliorer leur performance et contribuer à générer plus de cash</strong> à «<code> </code>iso-personnel<code> </code>», pour employer un terme de novlangue fort en usage, tout en suppléant l’absentéisme de leurs collègues ou collaborateurs qui craquent sous la pression.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait allonger cette liste sur plusieurs paragraphes. En résumé, <strong>sur le plan humain, le système est constamment au bord de la rupture et tient en combinant pressurage de l’encadrement intermédiaire, pompage dans le réservoir inépuisable de stagiaires</strong> qui pallient les absences ou le sous-effectif structurel des employés, <strong>recours aux «<code> </code>auto-entrepreneurs<code> </code>»</strong> qui sont, le plus souvent, d’anciens collaborateurs chassés de l’entreprise pour y être réintégrés fort temporairement et au coup par coup, en fonction des projets en cours, <strong>enfin acceptation d’un turn-over élevé</strong>, ce qui ne pose pas de problème particulier vu la masse de chômeurs qui se pressent à la porte.<br />
<span>   </span><br />
Présenté ainsi, le système semble particulièrement inefficace. Sur le plan humain, il n&#8217;aboutit qu&#8217;à <strong>broyer les individus</strong>, «<code> </code>dévorés<code> </code>» l&#8217;un après l&#8217;autre par l&#8217;entreprise, comme Cronos-Saturne dévorait ses enfants. Plus l&#8217;entreprise veut être «<code> </code>performante<code> </code>», plus elle veut s&#8217;adapter rapidement à son environnement, plus elle va demander aux individus d’évoluer rapidement. <strong>S&#8217;adapter ou périr</strong>, telle pourrait être, sous une formulation un peu grandiloquente, la ligne de conduite que doivent adopter ceux qui veulent «<code> </code>survivre<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Darwin</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce système destructeur sur le plan humain est-il pour autant efficace sur le plan organisationnel<code> </code>? À première vue, on est tenté de répondre par la négative<code> </code>: comment une organisation pourrait-elle être efficace alors qu&#8217;elle «<code> </code>flingue<code> </code>» autant les individus ?<br />
<span>   </span><br />
La réponse ne laisse pourtant aucun doute<code> </code>: <strong>c&#8217;est parce qu&#8217;elle «<code> </code>flingue<code> </code>» les individus que l&#8217;organisation est terriblement efficace</strong>. À travers ce processus de destruction-restructuration, elle a mis en place, en son propre sein, une <strong>méthode de sélection naturelle particulièrement efficiente</strong> qui lui permet, en se délestant rapidement de tous ceux qui ne sont pas suffisamment «<code> </code>évolutifs<code> </code>», malléables et adaptables, de maximiser sa performance, son adaptation à l&#8217;environnement&#8230; et sa rentabilité.<br />
<span>   </span><br />
Dans l&#8217;exemple ci-dessus, le fait que Sébastien et son équipe de projet aient effectué en pure perte des milliers d&#8217;heures de travail n&#8217;a, en définitive, pas une grande importance. Le principal, c&#8217;est de «<code> </code>sortir<code> </code>» le plus vite possible le produit le plus performant et le plus rentable, pas de récompenser, fidéliser ou conforter des collaborateurs. Si deux équipes se sont battues en interne pour réaliser le même projet, eh bien que le meilleur gagne<code> </code>! Quant à l&#8217;autre, <em>vae victis</em>&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Mais alors, <strong><em>quid</em> de l&#8217;expérience<code> </code>?</strong> Le système ne risque-t-il pas d&#8217;«<code> </code>éjecter<code> </code>» hors de l&#8217;entreprise les collaborateurs les plus expérimentés<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Aucune importance, ou plutôt de moins en moins d’importance. <strong>L&#8217;expérience</strong>, qui constitue un atout dans un monde stable ou à évolution lente, car elle permet de répéter des processus ou des «<code> </code>tactiques<code> </code>» qui ont fait leurs preuves, <strong>devient un «<code> </code>boulet<code> </code>» au fur et à mesure que la vitesse d&#8217;évolution s&#8217;accélère</strong>. Ce que souhaite l&#8217;entreprise, ce n&#8217;est pas conserver des «<code> </code>anciens combattants<code> </code>», ceux qui ont gagné les guerres économiques d&#8217;hier (même si cet «<code> </code>hier<code> </code>» a, tout au plus, une dizaine d’années), c&#8217;est de disposer des combattants pour gagner les guerres de demain, dans un environnement qui a totalement changé.<br />
<span>   </span><br />
À ce moment-là, l&#8217;expérience n&#8217;est plus un atout. Ce qui compte, c&#8217;est l&#8217;adaptabilité et la compréhension de la nouvelle situation, non la référence à des repères qui ont disparu. <em>Exit</em> donc les anciens combattants quadra - et a fortiori quinqua – génaires<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un autre élément milite en faveur d&#8217;une «<code> </code>éjection<code> </code>» rapide des «<code> </code>anciens combattants<code> </code>»<code> </code>: leur coût.</strong> Il était justifié par l&#8217;expérience. Celle-ci ayant de moins en moins de valeur, il est alors préférable d&#8217;embaucher «<code> </code>deux soldats de 25<code> </code>ans pour le prix d&#8217;un de 50<code> </code>ans<code> </code>», pour caricaturer à peine. La justification financière rejoint ici la nécessité organisationnelle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Crésus</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La finance, parlons-en justement. Nous avons souligné dans de nombreux billets (et nous ne sommes aujourd&#8217;hui pas les seuls, c&#8217;est pratiquement devenu un lien commun) la financiarisation excessive des entreprises, devenues des «<code> </code>machines à générer du profit<code> </code>» dont ne bénéficient que les actionnaires et une poignée de cadres dirigeants.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est en effet, vu de l&#8217;intérieur de l&#8217;entreprise, un symptôme de plus en plus marqué<code> </code>: <strong>la coupure absolue</strong> – tant en termes de rémunération que de centres d&#8217;intérêt, de priorités, de culture, etc. – <strong>entre une équipe dirigeante, isolée non seulement du monde mais aussi de la réalité de l&#8217;entreprise, et le «<code> </code>reste<code> </code>»…</strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte, l&#8217;espoir des cadres supérieurs, c&#8217;est d&#8217;accéder au «<code> </code>Saint des Saints<code> </code>», à une position de cadre dirigeant qui leur permettra de «<code> </code>passer à la caisse<code> </code>» et d&#8217;en «<code> </code>récolter un max<code> </code>» le plus vite possible, au cas où, au cas où la fête s&#8217;arrêterait, au cas où ils seraient éjectés de l’assiette au beurre. L&#8217;espoir des autres, de ceux qui ne pourront jamais accéder à ce type de poste, c&#8217;est de conserver leur job, de ne pas être remerciés lors de la prochaine restructuration.<br />
<span>   </span><br />
Ce détachement de la «<code> </code>tête<code> </code>» du reste du «<code> </code>corps<code> </code>», son insensibilité à son corps, lui permet de prendre des décisions d&#8217;amputation sans ciller, sans souffrir. On est évidemment très loin du «<code> </code>patron paternaliste<code> </code>» qui considérait ses employés comme ses «<code> </code>enfants<code> </code>» et qui, à condition que ceux-ci soient sages et obéissants, acceptait de les «<code> </code>protéger<code> </code>» en échange de leur soumission.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s&#8217;agit pas ici de regretter un quelconque «<code> </code>bon vieux temps<code> </code>» idéalisé mais de souligner le <strong>changement radical qui s&#8217;est opéré dans la nature des rapports sociaux, conséquence logique d&#8217;une évolution vers</strong> la financiarisation, <strong>la «<code> </code>boursiarisation<code> </code>» des entreprises</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Cronos, Darwin, Crésus</strong><code> </code>: avec de tels «<code> </code>maîtres du jeu<code> </code>», <strong>le «<code> </code>système TGE<code> </code>» est d&#8217;une efficacité redoutable</strong>. Face à lui, les structures des États-nations ressemblent à des dinosaures, à des bizarretés d&#8217;une autre époque qui n&#8217;attendent qu&#8217;une pichenette pour s&#8217;écrouler.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui va se passer. Nous ne reviendrons pas ici sur la liste des symptômes avant-coureurs de cette dégringolade des États-nations et vous renvoyons à la liste des billets en bas de cet article. Nous allons, dès la semaine prochaine, nous concentrer sur un autre aspect de la question<code> </code>: <strong>quelles conséquences cette chute des États-nations va-t-elle avoir pour les TGE<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012<br />
<span>   </span><br />
<u>Sur la dégringolade des États-nations :<br />
</u><em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">Les illusions perdues</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/page/3/" target="_blank">Avec nos enfants, à bord du Titanic</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050 : l’odyssée du servage</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/" target="_blank">Le « mal américain »</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/page/4/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial, sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding-top: 1pt; padding-right: 4pt; padding-bottom: 1pt; padding-left: 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile, sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Bilan 2011, perspectives 2012</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/14/bilan-2011-perspectives-2012/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/01/14/bilan-2011-perspectives-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 23:03:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Depuis le lancement de La Lettre du Lundi en janvier 2009, nous avons pris l’habitude de publier en fin d’année un billet intitulé À l’heure du bilan qui dresse un état des lieux de l’année écoulée et confronte à la réalité les prévisions effectuées 12 mois auparavant. Ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p>Depuis le lancement de <em>La Lettre du Lundi</em> en janvier<code> </code>2009, nous avons pris l’habitude de publier en fin d’année un billet intitulé <em>À l’heure du bilan</em> qui dresse un état des lieux de l’année écoulée et confronte à la réalité les prévisions effectuées 12<code> </code>mois auparavant. Ce billet est suivi d’un autre, <em>Le temps des perspectives</em>, qui trace ce que nous imaginons être les grandes lignes de l’année à venir (voir liste de ces billets en fin d’article).<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu de la publication de la série <em>Après le capitalisme</em> en décembre<code> </code>2011 puis de <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%C2%AB-coup-de-gueule-%C2%BB/" target="_blank">« Coup de gueule »</a></em> la semaine dernière, nous allons aujourd’hui faire d’une pierre deux coups, en traitant à la fois du bilan<code> </code>2011 et des perspectives<code> </code>2012.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2011<code> </code>: à l’heure du bilan</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Lorsque nous écrivions, en janvier<code> </code>2011, «<code> </code>on pourrait s’attendre à ce que les marchés perdent confiance dans la &#8220;signature&#8221; du gouvernement des États-Unis… ou d’autres États occidentaux<code> </code>», nous mettions alors (pardonnez la vanité d’auteur) en plein dans le mille<code> </code>: <strong>le 6<code> </code>août, les États-Unis ont perdu leur triple<code> </code>A</strong>, déclenchant une réaction en chaîne et des conséquences que nous avons analysées le même jour dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><span><em>Les marches d’Odessa</em></span></a>.<br />
<span>   </span><br />
Deuxième perspective que nous envisagions<code> </code>: <strong>la poussée d’un sentiment anti-occidental dans le monde. Il est moins net que nous ne l’avions prévu.</strong> Bien sûr, les tensions entre les USA (et certains de leurs alliés) et l’Iran demeurent très fortes, du moins en apparence. Bien sûr, le refus américain d’admettre la Palestine comme État membre des Nations-Unies puis son retrait <em>de facto</em> de l’Unesco, lorsque cette organisation a invité cette même Palestine à rejoindre ses rangs, n’ont guère amélioré – c’est une litote – les relations entre les pays arabes et les États-Unis. Mais, au fond, rien de bien neuf de ce côté-là<code> </code>: le lobby pro-israélien continue d’orienter la politique étrangère des États-Unis sans que l’attitude des pays et des peuples arabes ait évolué de façon significative depuis plusieurs années.<br />
<span>   </span><br />
Ce sentiment anti-occidental, il faudrait plutôt le chercher en Asie, notamment du côté de la Chine. Nous en traiterons plus loin.<br />
<span>    </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2012<code> </code>: le temps des perspectives</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous n&#8217;évoquerons pas ici les élections présidentielles française puis américaine qui ne sont pas véritablement des «<code> </code>perspectives<code> </code>» mais plutôt des événements, évidemment prévisibles, dont vont se délecter les éditorialistes et médias de tous ordres. Pour tracer des perspectives plus pérennes, aux conséquences plus marquées, nous préférons souligner <strong>quatre facteurs-clés</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le premier, qui peut servir de «<code> </code>grille de lecture<code> </code>» pour essayer de comprendre et d’anticiper quelque peu les événements, c’est l’<strong>accélération croissante de la vitesse d’évolution des sociétés, des rapports de force, des mentalités</strong>, etc. Nous avons déjà mentionné ce phénomène d’accélération dans plusieurs billets mais sans l’analyser véritablement<code> </code>; nous y reviendrons donc probablement dans un article qui lui sera spécifiquement consacré, car il s’agit là d’un élément-clé de compréhension de l’évolution de notre civilisation.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette accélération a été particulièrement visible en<code> </code>2011</strong><code> </code>: perte du triple<code> </code>A des États-Unis, mise sous tutelle financière et économique de la Grèce, menaces d’éclatement de la zone euro, voire mort de l’euro… autant d’événements que la quasi-totalité des médias auraient jugé, il y a un an, loufoque et irréaliste d’envisager.<br />
<span>   </span><br />
En sera-t-il de même en 2012<code> </code>? En d’autres termes, verrons-nous encore plus nettement en<code> </code>2012 se mettre en place le processus de «<code> </code>déconstruction<code> </code>» des États-nations que nous avons décrit et analysé dans plusieurs billets<code> </code>? (voir liste en fin d’article)<br />
<span>   </span><br />
Sur ce point, nous ne prétendons pas jouer les Pythie à court terme. Autant nous n’avons – hélas – guère de doute sur la direction prise, autant en prévoir les étapes mois par mois relève de la divination.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
2012 pourrait donc voir aussi bien une pause qu’une accélération du processus. Cependant, après une année de secousses en Europe, <strong>les troubles pourraient se déplacer de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui constituerait, à notre avis, le deuxième «<code> </code>facteur-clé<code> </code>»</strong><code> </code>: le déficit public américain continue de se creuser, ne manque qu’une étincelle pour faire sauter le rafiot<code> </code>! Le compteur ci-dessous montre que, à l’heure où nous publions cet article, ce déficit a dépassé les 15<code> </code>000<code> </code>milliards de dollars et continue d&#8217;augmenter, alors qu’il n’était «<code> </code>que<code> </code>» de 10<code> </code>800<code> </code>milliards lorsque nous avons publié <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank"><span><em>Le jour où le dollar s’effondrera</em></span></a> en mars<code> </code>2009…</p>
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<table id="zDebtBox" style="border-color: #2f307f" border="0" align="center">
<tr>
<td style="background-color: #2f307f" align="center"><a href="http://zfacts.com/p/461.html" id="zF05" style="color: white; font-size: 13px">Dette publique des États-Unis (État fédéral seulement)</a></td>
</tr>
<tr>
<td style="background-color: #eff0ff"><script type="text/javascript"> var zFontColor = "#CF1919"; // Debt Value Color var zFontSize = 14;// Debt Font Size </script><br />
<script src="http://www.zfacts.com/giz/G05/debt.js" type="text/javascript"></script></td>
</tr>
</table>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center"><!-- end gizmo --></p>
<p>Afin d&#8217;avoir une idée du volume de cette dette qui correspond, pour employer la dénomination américaine, à plus de 15<code> </code>trillions de dollars, cliquez <a href="http://www.pagetutor.com/trillion/index.html" target="_blank">ici</a> pour «<code> </code>voir<code> </code>» un trillion de dollars, puis multipliez ensuite par<code> </code>15. Le lien est en anglais mais les images ne nécessitent pas de traduction&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<strong>La planche à billets américaine tourne donc à plein régime et nous continuons à valider le scénario d’un effondrement du dollar</strong> tel que nous l’avions annoncé dans le billet cité ci-dessus. À cet égard, il est particulièrement significatif de noter que, durant une année de crise grave où son existence a été remise en cause, l’euro n’ait perdu que 12 ou 13<code> </code>% de sa valeur face au dollar<code> </code>: cette relative stabilité souligne, selon nous, plus la faiblesse intrinsèque du dollar que celle de l’euro.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Cette possible «<code> </code>crise du dollar<code> </code>» pourrait se doubler d’une <strong>«<code> </code>crise chinoise<code> </code>» qui constitue notre troisième facteur-clé</strong><code> </code>: écarts de développement et de niveau de vie de plus en plus spectaculaires entre la Chine urbanisée et proche des côtes d’une part, la Chine paysanne «<code> </code>de l’intérieur<code> </code>» d’autre part, poussée des inégalités, corruption croissante… Tous ces phénomènes que nous avons analysés dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/4/" target="_blank">Quand la Chine tremblera</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a></em>, peuvent-ils déboucher sur des jacqueries de grande ampleur<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour le moment, le système «<code> </code>tient<code> </code>» en combinant trois paramètres<code> </code>: forte croissance économique liée aux exportations, répression de toute forme de contestation politique et culture d’un nationalisme revanchard anti-occidental.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet équilibre précaire est donc basé sur la fuite en avant et un rapport schizophrénique au monde occidental<code> </code></strong>: le mépris culturel vis-à-vis de l’Occident se mêle à la crainte de voir le consommateur <em>yankee</em> ou européen arrêter d’acheter les produits <em>made in China</em>. Si cette crainte se révèle fondée, comment canaliser alors le ressentiment de deux classes sociales, d’un côté les laissés-pour-compte, ceux qui triment pour un salaire de misère (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>), de l’autre la classe moyenne qui s’est constituée à l’occasion du boom économique<code> </code>? Cette rancœur débouchera-t-elle sur des révoltes internes ou le pouvoir chinois choisira-t-il l’option de la guerre pour sauver sa tête et ses privilèges<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Un autre phénomène devrait s’accélérer en<code> </code>2012 et constitue notre <strong>quatrième facteur-clé</strong><code> </code>: prenant prétexte des plans de rigueur qu’ils ne manqueront pas de mettre en œuvre, <strong>les États vont continuer de se dépouiller de leurs attributs et missions</strong> – les plus «<code> </code>rentables<code> </code>» évidemment – <strong>au profit des TGE </strong>(très grandes entreprises). Celles-ci vont alors se trouver confrontées à des tendances contradictoires<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span style="color: black"> un afflux de ressources financières, parfois considérables, par exemple lorsque certains États vont leur transférer des pans entiers de la protection sociale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em>)<code> </code>;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span> une forte augmentation de la complexité qu’elles auront à gérer, conséquence directe de ce déferlement de cash<code> </code>;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span> un pouvoir augmenté et une visibilité accrue. Certaines TGE vont être propulsées sur le devant de la scène et devoir affronter des problématiques de communication et de relations publiques assez inédites pour elles.</span></p>
<p>Nous analyserons ces évolutions dans un prochain billet. <strong>La transition vers un nouveau Moyen Âge que nous sommes en train de vivre pourrait en effet comporter plusieurs phases. C&#8217;est cette complexité que nous allons nous efforcer de décrypter</strong>, en soulignant déjà que <strong>les évolutions ne sont pas linéaires<code> </code>: les phénomènes d&#8217;accélération - décélération - rupture devraient se multiplier durant cette période de transition</strong>, brouillant d&#8217;autant la lecture des événements.<br />
<span>   </span><br />
En effet, notre système socio-économique déclinant ou en cours d&#8217;effondrement va générer des contre-courants qui rendront plus malaisée la détection d’une tendance de fond. Il nous faudra alors éviter de nous retrouver dans la situation bien connue, évoquée par le dicton chinois, «<code> </code>quand le sage montre la lune avec son doigt, l&#8217;idiot ne regarde pas la lune, il regarde le doigt du sage<code> </code>»<code> </code><sup>(1)</sup>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© 2012 <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span><br />
<sup>(1)</sup> 智者用手指指月亮，傻子不看月亮看智者的手指 (zhizhě yòng shǒuzhǐ zhǐ yuèliàng, shǎzi bù kàn yuèliàng kàn zhìzhě de shǒuzhǐ)<br />
<span>   </span><br />
<span style="font-size: 11pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'"><u>Billets de fin et début d’année</u> :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/" target="_blank">2009 : à l’heure du bilan</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/" target="_blank">2010 : le temps des perspectives</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/" target="_blank">2010 : à l’heure du bilan</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/4/" target="_blank">2011 : le temps des perspectives</a></em></span><em><br />
</em><span style="font-size: 11pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
<u>Sur le processus de « déconstruction » des États-nations :<br />
</u><em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">Les illusions perdues</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/page/3/" target="_blank">Avec nos enfants, à bord du Titanic</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050 : l’odyssée du servage</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/" target="_blank">Le « mal américain »</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/page/4/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/122501" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>« Coup de gueule »</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%c2%ab-coup-de-gueule-%c2%bb/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%c2%ab-coup-de-gueule-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 13:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Le texte ci-après n&#8217;est pas rédigé dans le ton habituel de La Lettre du Lundi. Il nous a été adressé par un lecteur et nous avons choisi de le publier « tel quel ».
Véritable « coup de gueule », il mêle indignation, cynisme, voire outrance dans un ton sans fard [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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Véritable «<code> </code>coup de gueule<code> </code>», il mêle indignation, cynisme, voire outrance dans un ton sans fard et «<code> </code>politiquement incorrect<code> </code>». C&#8217;est ce qui fait, à notre sens, toute sa force et son intérêt. À vous de juger.</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'" align="center" lang="EN-GB"><span style="font-size: 11pt"><br />
<span>   </span><br />
<strong>Suite à nos échanges sur le thème du pessimisme, j&#8217;ai retrouvé dans mon ordinateur un texte de septembre<code> </code>2007 que j&#8217;avais écrit pour moi tout seul, ou plutôt pour mes contemporains mais sans aucun projet de publication, ce qui revient au même. C&#8217;est pourquoi il se termine de façon abrupte, mais il ne me semble pas pertinent de le modifier quatre ans plus tard.<br />
<span>   </span><br />
Vincent Trédec</strong></span></span></em><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal">Je voudrais faire partager ma vision du monde, où tout est inter-relié<code> </code>: l’idéologie néo-libérale qui n’est qu’un totalitarisme capitalistique déguisé en théorie économique<code> </code>; les statistiques de la délinquance et de la drogue<code> </code>; certaines pratiques de cette délinquance (l’enlèvement contre rançon, la vente d’enfants entiers ou par morceaux)<code> </code>; les intégrismes religieux et leur inévitable corollaire, le terrorisme<code> </code>; la déconnexion de la sexualité et de la reproduction<code> </code>; la culture, je préférerais dire la <em>cultivation</em> systématique d’un individualisme déglingué (écoles pour devenir célèbre et autres télé-réalités)<code> </code>; le garrotage non moins systématique des comportements de citoyenneté, avec la réduction de la démocratie au suffrage universel (mais pas question de séparer les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire<code> </code>; pas question d’une vraie liberté de la presse<code> </code>; pas question que l’institution judiciaire ait les moyens de faire respecter la Justice…). Je terminerai provisoirement cette liste avec le refus des pays développés de réduire assez vite leurs pratiques polluantes et destructrices de la biosphère.<br />
<span>   </span><br />
Pour moi tous ces phénomènes sont reliés les uns aux autres d’une façon si évidente que je reste pantois que tout le monde ne le voie pas<code> </code>: comment font-ils pour ne pas le voir<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
C’est aussi que, pour moi, tous les liens entre ces phénomènes aboutissent au même carrefour, et que ce point d’origine c’est… la prolifération de l’espèce humaine.<br />
<span>   </span><br />
J’ai tout dit en disant cela, mais je suis constamment sidéré par l’aveuglement de mes contemporains sur cette prolifération et ses conséquences. Je finis par croire qu’ils ne veulent pas le voir parce que ça les contraindrait à voir que l’idéologie néo-libérale a intégré cette prolifération dans ses fondements cachés et se développe sur l’hypothèse implicite que la moitié au moins des humains doivent crever puisque inutiles.<br />
<span>   </span><br />
Vous me croyez fou<code> </code>? N’avez-vous pas lu que les théoriciens du totalitarisme libéral croient que les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont nuls<code> </code>? Que n’importe qui peut (a le droit de) devenir riche et que donc ceux qui restent pauvres l’ont bien cherché. Que les riches sont riches parce qu’ils sont intrinsèquement supérieurs aux pauvres (sur toutes sortes de critères). Que ces supériorités étant héréditaires, il est normal que les hommes nés dans la richesse restent riches tandis que peu d’hommes nés parmi les pauvres ont les qualités pour devenir riches. Que l’État-Providence et toutes les protections sociales ont le tort de contrarier la nature et d’empêcher le jeu harmonieux de la <em>sélection naturelle</em>…<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Oh<code> </code>! Pardon<code> </code>! Jusqu’ici je n’avais écrit que des choses déjà écrites par des théoriciens de la prétendue <em>science économique</em>, mais avec les mots <em>sélection naturelle</em>, je déborde<code> </code>: en général ils évitent ces gros mots. Ils évitent de dire que leur vision de l’inégalité des hommes conduit logiquement à l’élimination des pauvres, de tous les pauvres, fussent-ils des milliards.<br />
<span>   </span><br />
J’entends votre objection<code> </code>: c’est stupide, dites-vous, ils ont besoin de consommateurs. Bien sûr<code> </code>! Mais dans combien de temps<code> </code>? Asseyez-vous sur la lune et regardez la terre<code> </code>: c’est plein de pauvres en Amérique et plein de pauvres en Asie. Plein de pauvres aussi en Afrique. Mettez-vous à la place des penseurs du totalitarisme libéral… ou plutôt, permettez-moi de dire tout haut ce que je crois qu’ils pensent tout bas.<br />
<span>   </span><br />
<em>«<code> </code>Les Africains<code> </code>: ce sont des primitifs, leur état de civilisation les rend incapables de s’adapter à la nôtre. Même comme consommateurs, on n’a rien à attendre d’eux. Laissons faire le sida, les guerres civiles et les sécheresses, l’Afrique va se vider et on pourra s’y installer de façon utile.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les sud-américains<code> </code>: d’origine chrétienne, ils font partie de nous. L’économie fera son travail d’élimination des plus faibles, et laissera une population réduite de vrais consommateurs.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les Asiatiques<code> </code>: la plupart d’entre eux, civilisés par le taoïsme et le bouddhisme, puis par l’islam, sont bons à mettre au travail. Dans un premier temps ils feront des produits qui seront consommés chez nous, en Occident, puis, à mesure que se développera chez eux une classe moyenne, ils deviendront eux aussi consommateurs. Il reste ça et là quelques peuplades archaïques qui occupent inutilement des forêts très utiles, elles disparaîtront tout naturellement.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Restent les nord-américains et les Européens. En Amérique du nord, on est encombrés par les noirs. Heureusement, ils sont nuls, donc pauvres<code> </code>; et, rien qu’en cessant de les maintenir artificiellement par des stupides lois sociales, on résoudra déjà en grande partie le problème. Et puis la recherche génétique, si généreusement financée par la charité publique émotionnellement sollicitée (téléthon), finira bien par nous trouver un truc qui s’accroche au gène de la négritude et stérilise les gonades…<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Pour les Européens, c’est plus compliqué. Les nouveaux Européens, ceux des pays pauvres de l’Est, peuvent être comparés aux Asiatiques<code> </code>: en travaillant, en produisant des produits consommés dans les pays riches, ils peuvent s’enrichir suffisamment pour devenir à leur tour consommateurs. Mais les anciens Européens posent problème.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les habitants des pays qui ont créé la civilisation occidentale ont été pervertis par les Lumières et le marxisme, qui les ont amenés à l’État-Providence. Ils ont pris l’habitude de vivre aux crochets de la collectivité et trouvent normal d’être payés à ne rien faire. On peut espérer que ceux qui sortent actuellement de l‘école seront récupérables, mais ceux qui sont nés il y a trente ou quarante ans ne le sont pas. Et il n’est pas sûr qu’on puisse se contenter d’attendre leur disparition.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>De ce point de vue, les progrès de la médecine sont extrêmement dangereux s’ils doivent être appliqués à tout le monde. Une société ne peut pas rester dynamique avec un énorme pourcentage de vieillards en bonne santé. La médecine, comme le travail, l’éducation et tout ce que les vieux Européens appellent <em>services publics</em>, doivent être mis sur le marché. C’est le seul moyen de ne pas maintenir artificiellement en vie des gens inutiles et coûteux.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Si l’accès à l’éducation, l’accès au logement, l’accès à la médecine, l’accès au travail, relèvent du marché, et si on supprime cette détestable habitude de payer les gens à ne rien faire, alors la population s’assainira d’elle-même par l’élimination naturelle des plus inaptes.<code> </code>»</em><br />
<span>   </span><br />
En somme, le refus de mes contemporains de se poser clairement le problème de la prolifération de l’espèce, conduit à laisser-faire le totalitarisme libéral. Il s’en occupe activement et les solutions qu’il met en œuvre seront efficaces.<br />
<span>   </span><br />
Évidemment, ils ne le crient pas sur les toits<code> </code>! Ils ne tiennent pas à réveiller le chat qui dort<code> </code>! Au contraire, on a de grandes organisations dont tout le travail est de le maintenir endormi<code> </code>: les télés d’abord, mais aussi les partis politiques dont c’est devenu la fonction principale, «<code> </code>à l’insu de leur plein gré<code> </code>». C’est ainsi que, depuis la chute du mur de Berlin, partis de droite et partis de gauche font la même politique et qu’ils sont tous aujourd’hui pour le OUI à une Constitution européenne qui vise à rendre le totalitarisme libéral obligatoire.<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><em><strong><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'" align="center" lang="EN-GB"><span style="font-size: 11pt"><br />
<span>   </span><br />
Ainsi se terminait ce «<code> </code>coup de gueule<code> </code>» de 2007.  Aujourd’hui, j’aimerais juste revenir sur cette idée folle que les «<code> </code>lois<code> </code>» de l’économie seraient des lois «<code> </code>naturelles<code> </code>»…</span></span></strong></em></p>
<p class="MsoNormal">Ils se sont donné beaucoup de mal pour donner à leur économie un statut de science<code> </code>: des chaires universitaires, des bibliothèques et même un ersatz de prix Nobel. En y introduisant de la mathématique, ils ont même essayé de la faire passer pour une science <em>dure</em>, une science de la nature. Et tous ceux que ça arrangeait y ont cru. En effet, si l’économie est une affaire «<code> </code>naturelle<code> </code>», alors les rapports de force y sont inévitables et les lois de la sélection naturelle doivent s’y appliquer<a href="#_ftn1" title="_ftnref1" name="_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="EN-GB"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="EN-GB">[1]</span></span></span></span></span></a>. Comme disait la bien nommée Dame de Fer<code> </code>: TINA<code> </code>! <em>There Is No Alternative</em>.<br />
<span>   </span><br />
Or c’est tout à fait stupide<code> </code>: il n’y a pas d’économie dans la nature, il n’y a d’économie que parmi les hommes et le propre de cette espèce est d’être capable de surmonter, dépasser, détourner les lois naturelles. Toutes les lois «<code> </code>naturelles<code> </code>» mises en évidence par les sciences «<code> </code>dures<code> </code>» régissent <strong>des rapports de forces</strong>. Du noyau de l’atome au métabolisme des êtres vivants, tous les phénomènes naturels mettent en présence <strong>des forces</strong> qui interagissent et produisent les transformations de la réalité. Toutes les espèces animales sont plongées dans cet univers de forces et y luttent pour leur survie. L’espèce humaine aussi, mais…<br />
<span>   </span><br />
MAIS… l’espèce humaine est capable d’empêcher les forces naturelles de s’exercer. Empêcher un objet de tomber. Empêcher la pourriture de détruire la nourriture. Empêcher un fort d’abuser d’un faible. Garder en vie un vieillard en le nourrissant alors qu&#8217;il a cessé d’être utile. Prétendre que l’espèce humaine doit rester totalement soumise aux rapports de forces, c’est nier sa spécificité et la ramener vers son animalité.<br />
<span>   </span><br />
C’est la position des puissants de notre monde, qui ont banni toute éthique et nient l’humanité de l’homme. Même si, de toute évidence, l’humanité d’aujourd’hui n’est pas capable de s’organiser pour cesser de proliférer, cesser de polluer et détruire la biosphère, l’Homme en tant qu’espèce en est capable. Et le prouvera après que des catastrophes majeures l’auront presque fait disparaître.<br />
<span>   </span><br />
S’il en est ainsi, direz-vous, les puissants n’ont-ils pas raison d’activer une sélection des «<code> </code>plus aptes<code> </code>» et la disparition des faibles<code> </code>? Peut-être… Peut-être est-ce inévitable… Mais alors qu’ils assument et soient cyniques. Qu’ils cessent de se dissimuler derrière des «<code> </code>lois économiques<code> </code>», de dire «<code> </code>on n’y peut rien, c’est la loi naturelle, les pauvres le sont parce qu’ils sont nuls et les riches le sont parce qu’ils sont supérieurs. Il faut laisser faire la nature<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Qu’ils disent la vérité<code> </code>: «<code> </code>nous sommes les plus forts, vous êtes trop nombreux, on va vous faire crever pour faire de la place. Après, entre nous, on s’organisera.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Et qu’ils cessent de se prendre pour de bons chrétiens.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Vincent Trédec<br />
© Vincent Trédec pour <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span></p>
<p id="ftn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref1" title="_ftn1" name="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[1]</span></span></span></span></span></a><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> La seule définition de l’économie comme discipline universitaire<span>  </span>serait celle-ci : étude des diverses manières qu’ont inventées les hommes dans l’espace et le temps pour produire et échanger des biens et services. Les rapports de forces ne sont évidemment pas absents de ces activités, mais ils n’en sont pas les seuls facteurs.<span>  </span></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de l&#8217;Homme</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/30/apres-le-capitalisme-la-primaute-de-lhomme/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 22:38:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore,
il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle,
un moment unique où l’homme seul a été »

Gustave Flaubert
Lettre à Edma Roger des Genettes
« De Cicéron à Marc-Aurèle » : 250 ans environ, correspondant à « l’âge d’or » de l’Empire romain. L’étude de la [...]]]></description>
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<p align="left"> <span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><strong><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
</span></strong><strong><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">« </span></strong><span class="citation"><em><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore,<br />
il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle,<br />
un moment unique où l’homme seul a été</span></em></span><span class="citation"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> »<br />
</span></span><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
Gustave Flaubert<br />
<em>Lettre à Edma Roger des Genettes</em></span></p>
<p class="MsoNormal">«<code> </code>De Cicéron à Marc-Aurèle<code> </code>»<code> </code>: 250<code> </code>ans environ, correspondant à «<code> </code>l’âge d’or<code> </code>» de l’Empire romain. L’étude de la littérature et de la philosophie étaient alors à leur apogée et ces disciplines influençaient nettement (notamment sous Hadrien, Antonin, Marc-Aurèle) la politique impériale et la façon d’exercer le pouvoir. Aller à Athènes pour y étudier la philosophe et les arts était alors le <em>nec plus ultra</em>, l’équivalent contemporain d’un cursus à Harvard pour l’<em>upper class</em> américaine.<br />
<span>   </span><br />
L’ambition alors caressée par une partie de l’<em>intelligentsia</em> – un monde où le droit, la littérature, la philosophie et les arts constitueraient l’épine dorsale de la civilisation – ne durera guère<code> </code>: <strong>la «<code> </code>primauté de l’Homme<code> </code>»</strong>, pour reprendre en partie les termes de Flaubert, restera embryonnaire et <strong>cèdera bien vite le pas à la «<code> </code>primauté de la force<code> </code>» et à la «<code> </code>primauté de la religion<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Que subsiste-t-il aujourd’hui de cette «<code> </code>primauté de l’Homme<code> </code>»<code> </code>? Aurions-nous déjà vécu un «<code> </code>âge d’or<code> </code>» moderne, trop fugacement peut-être pour en avoir perçu pleinement l’existence<code> </code>? À l’inverse, cette primauté est-elle encore en gestation<code> </code>? Cette primauté de l’Homme pourrait-elle constituer un contrepoids sérieux aux primautés de la force et de la religion qui s’annoncent<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’âge d’or<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Il est particulièrement difficile de juger et d’analyser avec recul et détachement la période de l’histoire dont on est contemporain. Le jugement est sans cesse brouillé par des détails, des épiphénomènes, des préjugés ou des <em>a priori</em> qui, deux siècles plus tard, ne sont plus que des broutilles.<br />
<span>   </span><br />
Un monde où l’Homme prévaudrait est, paradoxalement, à la fois celui du possible et de l’utopie. Un monde où il serait possible de tout (ré)imaginer, de tout (ré)inventer, de tout (re)penser, où la politique se soucierait de bonheur collectif et d’harmonie universelle.<br />
<span>   </span><br />
Aborder aujourd’hui un tel sujet, en de tels termes, semble, à la quasi-totalité de nos contemporains, ridicule, déplacé et inutile. <strong>Il est aujourd’hui socialement indécent d’aborder le sujet du bonheur de l’Homme.</strong> Alors qu’il est de bon ton de détailler et de commenter les pratiques sexuelles d’un DSK, <strong>traiter de questions «<code> </code>philosophiques<code> </code>» ou portant sur le sens de l’existence ne suscite que gêne et silences pesants</strong>, témoignant du déplacement de la notion d’«<code> </code>obscénité<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Le plus souvent, pour éviter de «<code> </code>creuser<code> </code>» de telles questions, on se défausse soit sur la religion (on dispose ainsi d’une solution déjà «<code> </code>packagée<code> </code>»), soit sur un «<code> </code>nécessaire retour aux réalités<code> </code>». Celles-ci ont pour nom chômage, dette, insécurité, crise… bref le prêchi-prêcha habituel que nous présente sur un plateau un système socio-économique basé sur la primauté de l’argent.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le contraste est totalement saisissant avec la situation qui prévalait il y a une quarantaine d’années, pendant et peu après mai<code> </code>68.</strong> Le «<code> </code>tout économique<code> </code>» – la primauté de l’argent – n’était alors pas encore une obsession estudiantine et, plus globalement, sociétale. Derrière les utopies anarchistes, marxistes ou maoïstes, il existait – quelque maladroite et désordonnée qu’elle fût – la volonté de construire un monde meilleur, totalement affranchi des cadres existants. La France gaulliste était alors considérée comme une société d’Ancien Régime qu’il fallait révolutionner.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s’agit pas d’enjoliver à l’excès cette période qui eut à la fois son lot de formules stupides et outrancières («<code> </code>CRS SS<code> </code>»), déconcertantes («<code> </code>il est interdit d’interdire<code> </code>») ou véritablement révolutionnaires («<code> </code>sous les pavés, la plage<code> </code>») mais de s’interroger sur ce que fut cette période, sur les raisons profondes qui poussèrent une génération à adopter comme slogan «<code> </code>soyons réalistes, demandons l’impossible<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On a coutume de dire qu’une des particularités des étudiants de mai<code> </code>68 était d’avoir un livre dans la poche. <strong>Point n’était en effet besoin de se référer à la «<code> </code>pensée Máo Zédōng<code> </code>» pour vouloir changer le monde. Il suffisait</strong>, par exemple, <strong>d’avoir lu Flaubert</strong>, cité en tête de ce billet. Pardonnez-nous quelques citations un peu longues de cet auteur, tirées de sa correspondance, mais elles éclairent les développements qui suivront<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● «<code> </code><em>J&#8217;ai demain à déjeuner un jeune homme que Bouilhet m&#8217;a amené dimanche. Je l&#8217;avais connu enfant, lorsqu&#8217;il avait sept à dix ans. Son père, magistrat inepte, en faisait un perroquet et le poussait aux bonnes études. Mais malgré tous ses soins, il n&#8217;est point devenu crétin (ce qui désole le père) et il a pris en goût sérieux la littérature. Il est hugotique, rouge, etc. De là désolation de la famille, blâme de tous les concitoyens, mépris du bourgeois</em><code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● ou encore «<code> </code><em>Soyons féroces, au contraire<code> </code>! Versons de l&#8217;eau-de-vie sur ce siècle d&#8217;eau sucrée. Noyons le bourgeois dans un grog à mille degrés et que la gueule lui en brûle, qu&#8217;il en rugisse de douleur<code> </code>! C&#8217;est peut-être un moyen de l&#8217;émoustiller<code> </code>? On ne gagne rien à faire des concessions, à s&#8217;émonder, à se dulcifier, à vouloir plaire en un mot</em><code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● avant de conclure «<code> </code><em>Où se tourner pour trouver quelque chose de propre<code> </code>? De quelque côté qu&#8217;on pose les pieds on marche sur la merde. Nous allons encore descendre longtemps dans cette latrine. On deviendra si bête d&#8217;ici à quelques années que, dans vingt ans, je suppose, les bourgeois du temps de Louis-Philippe sembleront élégants et talons rouges.</em><code> </code>»</p>
<p>Flaubert était souvent déchaîné dans ses lettres, surtout si on replace ses propos dans le contexte du Second Empire. En comparaison, Arlette Laguiller, l’ex-égérie de Lutte ouvrière, c’est Mamie Nova<code> </code>! De plus, ce qu’écrit Flaubert, on pourrait le retrouver, sous des formulations diverses comportant plus ou moins de sous-entendus, chez nombre d’auteurs du répertoire dit «<code> </code>classique<code> </code>». <strong>La littérature et la philosophie sont à la fois de véritables «<code> </code>bombes<code> </code>» pour remettre en question l’ordre établi et une fantastique «<code> </code>boîte à outils<code> </code>» pour imaginer et construire le présent et le futur.</strong><br />
<span>   </span><br />
Lors de la Révolution française, les références des révolutionnaires aux auteurs antiques étaient d’ailleurs constantes et servaient de fondement à leur argumentation. Cette vision de l’Antiquité était parfois idéalisée mais n’en servait pas moins de dénominateur commun, de référence partagée par tous les protagonistes, qu’ils soient royalistes ou révolutionnaires.<br />
<span>  </span><br />
<strong>On comprend mieux pourquoi, depuis les années<code> </code>1970, les ministres successifs de l’Éducation nationale, à de rares exceptions près, ont tout fait pour «<code> </code>flinguer les lettres<code> </code>»</strong><code> </code>: leur étude est trop subversive, trop peu conforme aux canons d’une société tournée vers l’utilitaire et la primauté de l’argent (pour une analyse du système éducatif français, voir le billet de Jean-Pierre Brighelli, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état mais fort potentiel</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Sarkozy symbolise parfaitement cette tendance<code> </code>: inculte, totalement dénué de convictions profondes, terre-à-terre et court-termiste, sa détestation de la culture, de mai<code> </code>68 et de tout ce que cette période a représenté, est particulièrement révélatrice de sa nature profonde. Lorsque candidat, il déclarait «<code> </code>Je veux tourner la page de mai<code> </code>68<code> </code>», l’accusant d’avoir généré «<code> </code>l&#8217;assistanat, l&#8217;égalitarisme, le nivellement, les 35<code> </code>heures<code> </code>», <strong>c’est aussi et surtout la page</strong> d’une réflexion sur ce que doit être la société politique – et <strong>de la réflexion tout court</strong> – <strong>qu’il entendait tourner</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet «<code> </code>âge d’or moderne<code> </code>» où</strong> , pour paraphraser Flaubert, <strong>le Christ n’était plus et l’argent n’était pas encore, nous l’avons donc peut-être déjà vécu, entre 1968 et 1980 ou 1985</strong>, quand la prospérité économique coexistait avec la liberté de penser, ou plutôt la possibilité de penser.<br />
<span>   </span><br />
Nulle censure dans ce domaine en effet. D’Aristote à Zola, tous les ouvrages de ces auteurs sont en vente libre et aucun ne circule sous le manteau. La réalité est plus terre-à-terre<code> </code>: quand, à 18 ou 20<code> </code>ans, pour de multiples raisons que nous ne détaillerons pas ici, on songe avant tout à acquérir le dernier iChose et à «<code> </code>se caser dans un job peinard<code> </code>» plutôt que de «<code> </code>refaire le monde<code> </code>» en s’inspirant – fut-ce maladroitement – d’écrits d’auteurs que l’on maîtrise à peu près, le pouvoir politique en place – quel qu’il soit – peut dormir tranquille. <strong>C’est le «<code> </code>triomphe du bourgeois<code> </code>»</strong>, comme l’eut dit Flaubert<code> </code>: la primauté de l’argent, de la force ou de la religion l’ont définitivement emporté sur la primauté de l’Homme.<br />
<span>   </span><br />
Alors, cette primauté de l’Homme, c’est foutu<code> </code>? À court terme, très probablement si l’on observe les grandes tendances de l’évolution «<code> </code>culturelle<code> </code>» depuis 20 ou 30<code> </code>ans<code> </code>: recul croissant et régulier de la lecture, passage d’une société de l’écrit à une société de l’image (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/page/2/" target="_blank">Le monde des images – 1</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/" target="_blank">Le monde des images – 2</a></em>), naissance d’«<code> </code>individus-crêpes<code> </code>» (<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/2/" target="_blank">Welcome to the Machine</a></em>), montée de l’irrationnel… on pourrait allonger la liste <em>ad nauseam</em>.<br />
<span>   </span><br />
À moyen et long terme, il peut évidemment en être autrement. Sans remonter aux auteurs antiques, <strong>les locuteurs de langue française disposent</strong>, à travers les auteurs du XV<sup>e</sup> au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, <strong>d’un «<code> </code>arsenal<code> </code>» impressionnant sur lequel bâtir une réflexion plus que solide</strong>. Plus déchristianisée que la plupart des autres zones géographiques (voir le <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/" target="_blank">billet précédent</a>), donc <em>a priori</em> moins encline que d’autres nations à verser dans une religiosité exacerbée qui stériliserait toute pensée humaniste, la France possède de surcroît un fonds culturel remarquable pour «<code> </code>penser l’Homme<code> </code>», ainsi qu’une tradition de soutien aux lettres et aux arts.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xncbki" hspace="10" vspace="10" frameborder="0" height="240" width="320" align="right"></iframe></p>
<p align="left"> On trouve un des plus beaux hommages à cette richesse littéraire dans le roman de Vercors, <em>Le silence de la mer</em>, adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville dès<code> </code>1947, dont nous reproduisons un extrait ci-contre.</p>
<p> <span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le tryptique</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous allons donc, sans doute plus rapidement que nous ne l’imaginons, nous retrouver dans un monde où primauté de la force, primauté de la religion et primauté de l’Homme constitueront les principales forces en présence. <strong>Dans ce tryptique, la primauté de l’Homme ne devrait avoir qu’une part résiduelle</strong>, un peu comme l’alouette dans le pâté du même nom.<br />
<span>   </span><br />
Voilà pour l’analyse. Si on la quitte pour entrer dans le champ de l’action et des préférences personnelles, chacun peut alors s’interroger pour savoir s’il souhaite peser en faveur de tel ou tel élément du triptyque.<br />
<span>   </span><br />
Je n’ai jamais fait mystère de mes préférences, notamment dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a></em>, puis dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/2/" target="_blank">Quatre priorités pour 2012</a></em>, en faisant de l’éducation et de la diffusion de la culture la priorité n°<code> </code>1 pour la France. Je le répète donc une fois de plus<code> </code>: <strong>ce qui, à mes yeux, doit être sauvé, préservé, sanctuarisé dans ce nouveau Moyen Âge qui s’annonce, ce sont l’éducation et la culture, prioritairement la culture littéraire et philosophique</strong> car elle constitue la base de notre civilisation, le ferment de cette primauté de l’Homme évoquée plus haut.<br />
<span>   </span><br />
J’avoue m’interroger sur ce que pourraient être les «<code> </code>monastères<code> </code>» de ce nouveau Moyen Âge, chargés de transmettre, préserver et, peut-être, enrichir cette culture à transmettre aux générations futures. Je n’apporte pas de réponse à cette interrogation. Des initiatives comme celle de Michel Onfray à travers l’Université populaire de Caen, visant à populariser la philosophie, vont évidemment dans le bon sens. Il y en a d’autres… toute action dont l’objectif est de promouvoir la connaissance et la réflexion est bonne à prendre, tant qu’elle n’est pas téléguidée ou manipulée par des ambitions partisanes ou sectaires.<br />
<span>   </span><br />
Vouloir faire ré-émerger la primauté de l’Homme est et sera un sacerdoce. Mais en définitive, comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans <em>Feux, </em>«<code> </code>la seule horreur, c’est de ne pas servir<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de la religion</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Dec 2011 18:50:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans les deux précédents billets (voir De la nature intime du capitalisme et Après le capitalisme : la primauté de la force), nous nous sommes efforcés de répondre aux questions suivantes :
● un « capitalisme à visage humain » est-il possible ? Réponse : probablement pas, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que [...]]]></description>
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<p>Dans les deux précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/" target="_blank"><em>De la nature intime du capitalisme</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/" target="_blank"><em>Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la force</em></a>), nous nous sommes efforcés de répondre aux questions suivantes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» est-il possible<code> </code>? Réponse<code> </code>: probablement pas, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que supposerait une telle évolution<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● dans ce cas, quelles options pour «<code> </code>l&#8217;après-capitalisme<code> </code>»<code> </code>? Sur quoi cette évolution peut-elle déboucher<code> </code>? Parmi les scénarios possibles, nous avons analysé celui de la «<code> </code>primauté de la force<code> </code>», laquelle se substituerait à la «<code> </code>primauté de l&#8217;argent<code> </code>».</p>
<p>Pour une remise en perspective des développements qui vont suivre, nous vous proposons de relire ces deux billets ainsi que leurs commentaires avant de démarrer la lecture de celui-ci. Un autre point mérite une précision<code> </code>: plusieurs lecteurs nous ont fait part de leur déception à la lecture de ces billets, sur le thème «<code> </code>N&#8217;avez-vous rien de mieux à nous proposer comme alternative au capitalisme<code> </code>?<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Soulignons donc que l&#8217;objectif de cette série de billets (les deux précédents, celui-ci et le suivant) n&#8217;est ni de proposer une recette-miracle, ni d&#8217;exposer un point de vue personnel, mais d&#8217;<strong>anticiper raisonnablement, à partir d&#8217;éléments existants, le chemin qui se dessine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette démarche suppose<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● de faire abstraction, autant que faire se peut, de ses préférences personnelles pour privilégier une analyse aussi «<code> </code>froide<code> </code>» et «<code> </code>distanciée<code> </code>» que possible des événements. Dans le cas contraire, on prend ses désirs pour des réalités<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● de ne pas tomber dans le piège du «<code> </code>si on veut, on peut<code> </code>». Il mène à surestimer ses capacités - ou celles que l&#8217;on prête à ses contemporains - au détriment de l&#8217;analyse. On risque alors fort de tomber dans le <em>wishful thinking</em>, «<code> </code>ça va arriver parce que j&#8217;ai envie que ça arrive<code> </code>» ou dans le plaidoyer militant<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● d&#8217;éviter que l&#8217;arbre ne cache la forêt. C&#8217;est le plus délicat car, comment savoir si un événement n&#8217;est qu&#8217;un épiphénomène ou l&#8217;élément précurseur d&#8217;une tendance de fond<code> </code>? La réponse pourrait être<code> </code>: «<code> </code>si d&#8217;autres éléments du même type se multiplient, c&#8217;est probablement une tendance de fond.<code> </code>» Attention cependant d&#8217;une part à ne pas confondre les derniers soubresauts d&#8217;un système qui s&#8217;effondre avec les premiers signes de vie d&#8217;un système qui naît, d&#8217;autre part à ne pas attendre que l&#8217;évidence saute aux yeux pour crier «<code> </code>Euréka<code> </code>». Dans ce cas, le journal télévisé de TF1 est amplement suffisant<code> </code>!</p>
<p>Nous nous efforçons donc de suivre ces règles lors de la rédaction des articles d&#8217;analyse, que nous essayons de différencier nettement des billets où nous avançons des idées ou propositions, par exemple dans les séries <em>De la réforme constitutionnelle</em> (avril<code> </code>2010) ou <em>Quatre priorités pour 2012</em> (juin-juillet<code> </code>2011).<br />
<span>   </span><br />
Ces précisions de méthode apportées, reprenons le cours de notre sujet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Scénario n°<code> </code>2<code> </code>: primauté de la religion<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Plus qu&#8217;aucun autre <em>homo</em>, <strong><em>homo economicus</em> a été - et est encore - un individu a-religieux</strong>. Le «<code> </code>tout-économique<code> </code>» a «<code> </code>aspiré<code> </code>» la majorité des autres valeurs sociétales, que l&#8217;on aborde la question sous l&#8217;angle «<code> </code>libéralo-capitaliste<code> </code>» ou marxiste.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait objecter qu&#8217;il n&#8217;en est rien, que le retour du religieux s&#8217;affirme un peu plus chaque jour, etc. Nous y reviendrons un peu plus loin. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;<strong>au fur et à mesure de l’évolution de la civilisation dite occidentale, la place centrale qu&#8217;occupait le religieux</strong> (par exemple sous l&#8217;Ancien Régime) <strong>- la primauté du religieux - a totalement cédé le pas à l&#8217;économique - la primauté de l&#8217;argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il y a quatre ou cinq siècles, l&#8217;athéisme était totalement inimaginable, au sens étymologique du terme, et regardé comme une abomination qui menait droit au bûcher<code> </code>; la société occidentale était alors fracturée très nettement entre catholiques et protestants.<br />
<span>   </span><br />
Il y a deux siècles, en France, la consécration du pouvoir politique par l&#8217;Église, sous la forme du sacre, était encore considérée comme indispensable aux yeux de la quasi-totalité des Français.<br />
<span>   </span><br />
Plus près de nous, <strong>il y a un siècle</strong>, le débat plus que vif et passionné qui eut lieu lors de la séparation de l&#8217;Église et de l&#8217;État montre bien qu’<strong>un clivage de nature religieuse structurait encore nettement la société française</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce clivage est aujourd&#8217;hui résiduel</strong>. Depuis la «<code> </code>mort<code> </code>» du marxisme liée à la disparition de l&#8217;URSS et l&#8217;avènement concomitant d&#8217;<em>homo economicus</em>, gavé de crédits à la consommation et grand amateur de «<code> </code>technologies jetables<code> </code>» (la durée de vie moyenne d’un micro-ordinateur ou d’un téléphone portable est inférieure à 18<code> </code>mois), la donne a complètement changé.<br />
<span>   </span><br />
Pour caricaturer et forcer le trait, la religion d’<em>homo economicus</em>, c’est l’<em>Apple believing</em> où, lorsqu&#8217;il était encore de ce monde, Steve Jobs – le Christ de la Silicon Valley – multipliait les «<code> </code>miracles<code> </code>» technologiques (iPod, iPad, iChose…) comme Jésus les pains et les poissons au bord du lac de Tibériade. Ses <em>believers</em> passent la nuit en semi-transe devant l’église (pardon, l’<em>Apple store</em>) pour pouvoir acheter, dès potron minet, le dernier iTruc, et démontrer ainsi la constance de leur foi…<br />
<span>   </span><br />
Quand cet excès de marchandisation, notamment virtuelle, va entraîner l&#8217;explosion du système socio-économique existant, s&#8217;accompagnant d&#8217;un chaos engendré par la primauté de la force, <strong>les individus «<code> </code>atomisés<code> </code>» et «<code> </code>liquéfiés<code> </code>»</strong> lors de la phase ultime du capitalisme (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/3/" target="_blank"><em>Rêve de HAL</em></a>) <strong>vont chercher</strong>, dans l&#8217;urgence, à se regrouper, <strong>à se fédérer autour de valeurs communes</strong>. La religion - <strong>les religions</strong> – <strong>vont alors constituer un réceptacle idéal pour répondre à ce besoin</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi<code> </code>? Parce qu&#8217;<strong>elles proposent</strong> (<em>grosso modo</em>, notre objectif n&#8217;est pas de caricaturer mais de souligner de grandes tendances) <strong>une solution «<code> </code>clés en mains<code> </code>»</strong>, à la fois spirituelle et matérielle.<br />
<span>   </span><br />
Sur le plan spirituel, elles vont disposer d&#8217;un argument-choc<code> </code>: «<code> </code>C&#8217;est parce que l&#8217;homme a oublié Dieu et s&#8217;est trop attaché aux valeurs matérielles que tous ces malheurs sont arrivés.<code> </code>» Sur le plan matériel, les différentes religions disposent de structures et d&#8217;une hiérarchie, plus ou moins formelle selon les cas, d&#8217;un système d&#8217;entraide entre fidèles qui permet, si l&#8217;on intègre la «<code> </code>communauté<code> </code>», de bénéficier d&#8217;une protection plus ou moins élaborée contre les dangers du monde extérieur.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les prémices de cette évolution vers la primauté du religieux sont déjà visibles</strong> dans la plupart des zones géographiques<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>dans le monde anglo-saxon</strong>, États-Unis notamment, la <strong>chrétienté intégriste</strong>, du type <em>Born again</em>, est en plein essor depuis plusieurs années. Elle s’est d’ailleurs étendue en <strong>Amérique du sud</strong> et en <strong>Afrique</strong>, principalement dans la zone équatoriale, où elle gagne des «<code> </code>parts de marché<code> </code>» sur le catholicisme «<code> </code>classique<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>dans le monde musulman, la «<code> </code>poussée islamique<code> </code>»</strong>, qu’elle soit «<code> </code>radicale<code> </code>» ou «<code> </code>modérée<code> </code>», <strong>se confirme tant dans la rue que dans les urnes</strong>. Face à des pouvoirs civils perçus comme corrompus et/ou pro-occidentaux, l’islam apparaît comme une solution privilégiée, le «<code> </code>socialisme arabe<code> </code>» ayant été relégué aux oubliettes.</p>
<p><span>   </span><br />
Dans cette approche, notre but n’est pas de dénoncer ou de critiquer un quelconque extrémisme religieux. Il est de souligner que, <strong>pressentant un écroulement prochain et quasi-inéluctable du «<code> </code>matériel<code> </code>», les hommes vont se retourner vers, ou retournent déjà au spirituel, quelle que soit sa forme</strong><code> </code>: pratique «<code> </code>traditionnelle<code> </code>», «<code> </code>modérée<code> </code>» ou «<code> </code>extrémiste<code> </code>» de la religion, attrait pour les sectes et les mouvements post-apocalyptiques en tous genres, recherche d’un «<code> </code>au-delà du monde matériel<code> </code>», d’un sens de l’existence…<br />
<span>   </span><br />
Deux zones semblent cependant moins touchées par cette poussée religieuse<code> </code>: l’Europe d’une part, la Chine et, plus globalement, le monde asiatique d’autre part. Nous y reviendrons plus loin dans cette série de billets.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le sabre et le goupillon</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le sabre et le goupillon, version troisième millénaire<code> </code>: pour reprendre une expression qui fit florès à la fin du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, telle semble être – ou pourrait être – la <strong>direction qu’une majorité de l’humanité prendra</strong> lorsque le système socio-économique dénommé «<code> </code>capitalisme<code> </code>» va péricliter.<br />
<span>   </span><br />
Cette évolution peut sembler peu réjouissante en apparence mais elle est, en réalité, fort logique<code> </code>: l’histoire nous repasse des plats quasiment semblables, selon un ordonnancement presque identique.<br />
<span>   </span><br />
Le constat auquel nous sommes arrivés depuis que nous avons commencé à publier <em>La Lettre du Lundi</em>, en janvier<code> </code>2009, et ce quel que soit l’angle d’approche, c’est que notre civilisation occidentale est en fin de parcours et se dirige vers un nouveau Moyen-Âge. Ce que nous venons de vous décrire dans les trois premiers billets de cette série, c’est <strong>comment nous pourrions basculer dans ce nouveau Moyen-Âge qui devrait mêler, très majoritairement, primauté de la force et primauté de la religion</strong>, suivant des «<code> </code>dosages<code> </code>» qui varieront suivant les lieux et les périodes.<br />
<span>   </span><br />
Très majoritairement mais pas uniquement. C’est ce que nous verrons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de la force</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 18:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans le billet du 11 décembre, De la nature intime du capitalisme, nous avons tenté de répondre à la question « Un capitalisme à visage humain est-il possible ? » avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.
   
Alors, quelle autre « solution », [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Dans le billet du 11<code> </code>décembre, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/" target="_blank">De la nature intime du capitalisme</a>, </em>nous avons tenté de répondre à la question «<code> </code>Un capitalisme à visage humain est-il possible<code> </code>?<code> </code>» avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.<br />
<span>   </span><br />
Alors, quelle autre «<code> </code>solution<code> </code>», s’il en existe une<code> </code>? Tenter d’y répondre suppose de prendre un peu de recul.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><em><u>Homo economicus</u></em></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans le précédent billet, nous avions noté que le système économico-social dénommé «<code> </code>capitalisme<code> </code>», qui a véritablement décollé lors de la révolution industrielle, se caractérise par une primauté essentiellement basée sur l’argent, par opposition à l’Ancien Régime, où la primauté était essentiellement basée sur la naissance.<br />
<span>   </span><br />
Cette <strong>primauté de l’argent a sous-tendu la quasi-totalité des idéologies et mouvements de pensée des deux derniers siècles</strong>. Libéralisme économique <em>vs</em> socialisme ou marxisme a été le combat dominant de la fin du XIX<sup>e</sup> à la fin du XX<sup>e</sup><code> </code>siècle<code> </code>: dans les deux cas, <strong>tout tourne autour de la distribution de la richesse matérielle dans la société</strong> et de l’opportunité de réguler ou non cette distribution.<br />
<span>   </span><br />
Certains ne manquent d’ailleurs pas de souligner que cette place centrale qu’occupe la répartition de la richesse a fait de l’homme moderne un <strong><em>homo economicus</em></strong>. Il est non seulement devenu une «<code> </code>machine à consommer<code> </code>» (plus ou moins, en fonction de ses moyens financiers), mais aussi et surtout <strong>la quasi-totalité de la réflexion «<code> </code>sociétale<code> </code>» tourne autour de modèles économiques, fussent-ils «<code> </code>alternatifs<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
La «<code> </code>quête du bonheur<code> </code>» d’<em>homo economicus</em> se résume en la <strong>quête d’un «<code> </code>Graal économique<code> </code>»</strong>, la recherche d’une société économique parfaite où la félicité de tous serait assurée. Partant de ce postulat, <strong>toutes les questions de l’existence sont examinées sous un prisme essentiellement, voire exclusivement, économique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à l’absurde et à la marchandisation totale d’<em>homo economicus</em>, d’une part en tant que force de travail «<code> </code>atomisée<code> </code>» (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/3/" target="_blank"><em>Rêve de HAL</em></a>), d’autre part en tant qu’être vivant, d’où notre hostilité à toute forme d’euthanasie, laquelle constituerait un élément déclencheur de cette évolution (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/" target="_blank"><em>La boîte de Pandore</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Lorsqu&#8217;il aura atteint un niveau de concentration des richesses insupportable mais surtout intenable, c&#8217;est-à-dire <strong>lorsqu&#8217;une majorité d&#8217;hommes ne reconnaîtront plus la détention de biens immatériels comme source de «<code> </code>richesse<code> </code>»</strong> (en d&#8217;autres termes, je détiens une entreprise parce que j&#8217;en suis le principal actionnaire. Mais, le jour où la majorité des individus considère les actions comme un bout de papier sans valeur, un peu comme de l&#8217;emprunt russe, alors tout bascule), <strong>le système économico-social basé sur la primauté de l&#8217;argent</strong> – le capitalisme – <strong>s&#8217;effondrera</strong>. Mais pour être remplacé par quoi<code> </code>? Quelle «<code> </code>primauté<code> </code>» s&#8217;imposera alors<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un autre paradigme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Répondre aujourd&#8217;hui à cette question est non seulement difficile mais assurément hasardeux. Nous allons essayer de le faire mais en privilégiant l&#8217;étude de <strong>plusieurs scénarios ou tendances</strong> et en estimant leur probabilité de réalisation.<br />
<span>   </span><br />
Trois points importants cependant<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>la future «<code> </code>primauté<code> </code>» est certainement déjà en germe dans nos sociétés</strong>, que ce soit au sein de la société dite «<code> </code>occidentale<code> </code>» ou dans d&#8217;autres sociétés, un peu comme le christianisme était déjà en germe – avec beaucoup d&#8217;autres «<code> </code>mouvements<code> </code>» concurrents – dans l&#8217;Empire romain décadent<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les scénarios que nous allons évoquer ne sont pas exclusifs l&#8217;un de l&#8217;autre</strong>. Ils peuvent cohabiter dans des zones géographiques différentes, voire à l&#8217;intérieur d&#8217;une même zone. Cette juxtaposition pourrait d&#8217;ailleurs renforcer l&#8217;impression de chaos qui ne manquera pas d&#8217;accompagner l&#8217;écroulement du système existant<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>le «<code> </code>c&#8217;est impossible, ça n&#8217;arrivera jamais<code> </code>» n&#8217;existe pas en histoire</strong>. Que le catholicisme devienne un jour religion d&#8217;État des territoires conquis par Rome aurait semblé totalement absurde à un Romain du I<sup>er</sup><code> </code>siècle<code> </code>; que la tête d&#8217;un roi de France puisse tomber dans un panier était inimaginable pour un Français de<code> </code>1750<code> </code>; plus près de nous, qu&#8217;un noir devienne Président des États-Unis était impensable pour l&#8217;Américain moyen des années<code> </code>1950.</p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Scénario n°<code> </code>1<code> </code>: la primauté de la force</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>La primauté de la force</strong> se taille la part du lion dans l’histoire, symbolisée très tôt par la fable d’Ésope, <em>Le loup et l’agneau</em>. Elle <strong>pourrait, sans doute plus rapidement qu’on ne l’imagine, se substituer à la primauté de l’argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Comment ce transfert pourrait-il s’opérer<code> </code>? Forçons un peu le trait pour imaginer un scénario-type.<br />
<span>   </span><br />
M. A… possède une fortune de plusieurs milliards d’euros. Il passe sa vie «<code> </code>entre New York et Singapour<code> </code>», comme le dit la chanson, achetant et vendant toutes sortes de biens, essentiellement immatériels<code> </code>: actions d’entreprises, obligations d’États, contrats à terme, etc. Il est entouré de banquiers, d’avocats d’affaires et d’un staff à dominante juridico-économique. Il a bien deux ou trois gardes du corps, mais pas plus. Il tire son pouvoir – sa primauté – de la détention d’un argent essentiellement virtuel.<br />
<span>   </span><br />
Dans un contexte de concentration du capital et de baisse du rendement de l’argent lié à la «<code> </code>finitude<code> </code>» des ressources terrestres et à l’appauvrissement de la quasi-totalité de la population, <strong>la détention d’un énorme capital virtuel va avoir de moins en moins de «<code> </code>sens<code> </code>»</strong>. Pour que tous ces actifs immatériels aient de la valeur, il faut qu’il existe à la surface du globe une «<code> </code>masse critique<code> </code>» d’individus qui leur accordent de la valeur, aux yeux desquels ces actifs soient désirables. Pour raisonner par l’absurde, si un homme seul détient la totalité des actifs immatériels de la planète, ceux-ci ont une valeur infinie… ou pas de valeur du tout.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’en arriverons évidemment pas à cette situation extrême mais plutôt à une <strong>phase où les «<code> </code>capitalistes<code> </code>», réalisant la fragilité et perdant confiance en la solidité de leurs actifs immatériels, vont chercher à les transformer en biens tangibles détenus et protégés par la force</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Comment<code> </code>? Par exemple, en achetant ou <strong>en s’emparant</strong> (le premier, car les retardataires ne seront pas servis<code> </code>!) <strong>d’une zone géographique ou d’un territoire que l’on fait alors contrôler par une armée privée</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em>). Ce faisant, <strong>la primauté de l’argent se trouve remplacée par la primauté de la force</strong>. La principale menace qui pèse alors sur notre «<code> </code>ex-capitaliste<code> </code>» n’est plus l’autre capitaliste qui pouvait le battre au Monopoly boursier mais le «<code> </code>seigneur<code> </code>» du territoire voisin qui convoite ses terres ou ses usines, voire le commandant de son armée privée qui se verrait bien «<code> </code>calife à la place du calife<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En d’autres termes, <strong>nous passerions d’un rapport dominant/dominé</strong> (ou maître/esclave) <strong>basé sur l’argent à un rapport identique basé sur la force, dans une société «<code> </code>re-primitivisée<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ce fut en partie – en partie seulement – la primauté qui s’établit à la fin de l’Empire romain. Débris de l’armée romaine et tribus barbares dominaient alors par la force, remplaçant l’ancienne primauté basée sur le droit, la philosophie, l’argent ou la religion qui caractérisait la société romaine traditionnelle.<br />
<span>   </span><br />
On trouve aujourd’hui les <strong>prémices de ce scénario «<code> </code>primauté de la force<code> </code>»</strong> dans plusieurs types de situations et/ou de zones géographiques<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les «<code> </code>non-États<code> </code>»</strong>, par exemple ceux situés dans la corne de l’Afrique, où la kalachnikov fait la loi<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les «<code> </code>démocraties sous contrôle<code> </code>», type Russie</strong>, où primauté de la force et primauté de l’argent s’interpénètrent ou se concurrencent, selon les circonstances<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>certaines zones dites «<code> </code>de non-droit<code> </code>»</strong>, situées au cœur des nations occidentales<code> </code>: ghettos nord-américains, favelas sud-américaines ou certaines banlieues européennes. La dégénérescence des États-nations qui va accompagner la phase ultime du capitalisme pourrait bien accélérer ce scénario<code> </code>: des caïds locaux, lointains héritiers des chefs barbares des IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup><code> </code>siècles, s’assurent par la force d’une emprise plus ou moins grande sur un territoire géographique donné.</p>
<p><strong>Ce scénario d’une «<code> </code>primauté de la force<code> </code>» nous semble être le plus probable lors d’une première étape, celle de la dégringolade des États-nations puis du système capitaliste lui-même.</strong> Pourquoi<code> </code>? Parce qu’il est un grand «<code> </code>classique<code> </code>» de l’effondrement des civilisations<code> </code>: «<code> </code>l’explosion<code> </code>» du capitalisme laissera <em>homo economicus</em> nu et, dans la plupart des cas, dépourvu de repères et d’alternatives. Le recours à la force – la primauté de la force – apparaîtra alors comme la solution la plus «<code> </code>évidente<code> </code>» dans un contexte de désagrégation des normes sociales.<br />
<span>   </span><br />
Mais ce ne sera pas la seule. Il existe d’autres alternatives, que nous aborderons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <a href="http://lalettredulundi.fr" target="_blank"><em>La Lettre du Lundi</em></a> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/115368" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De la nature intime du capitalisme</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 20:50:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans son numéro du 12 au 18 novembre. l&#8217;hebdomadaire Marianne a publié un dossier complet sur le thème « Oui, un capitalisme à visage humain, c&#8217;est possible ! » Qu&#8217;en est-il exactement ? Quelle serait la fameuse recette de ce « capitalisme à visage humain » ?
   
Marianne liste notamment 15 idées - ou mesures [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Dans son numéro du 12 au 18<code> </code>novembre. l&#8217;hebdomadaire <em>Marianne</em> a publié un dossier complet sur le thème «<code> </code>Oui, un capitalisme à visage humain, c&#8217;est possible<code> </code>!<code> </code>» Qu&#8217;en est-il exactement<code> </code>? <strong>Quelle serait la fameuse recette de ce «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>»<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Marianne</em> liste notamment <strong>15<code> </code>idées - ou mesures - pour «<code> </code>changer le capitalisme<code> </code>»</strong><code> </code>: mettre en place un protectionnisme européen vertueux<code> </code>; favoriser l&#8217;investissement industriel<code> </code>; rétablir la mention d&#8217;origine des produits<code> </code>; fixer un prix unique sortie d&#8217;usine<code> </code>; nationaliser la dette publique<code> </code>; en finir avec l&#8217;évasion fiscale des multinationales<code> </code>; interdire les ventes à terme<code> </code>; imaginer un capitalisme coopératif<code> </code>; instaurer un profit maximal<code> </code>; séparer banques de dépôt et banques d&#8217;affaires<code> </code>; acheter moins et louer plus<code> </code>; créer un impôt vert européen<code> </code>; lancer un <em>New Deal</em> vert<code> </code>; lancer une protection sociale universelle<code> </code>; accroître la souveraineté alimentaire.<br />
<span>   </span><br />
On ne peut que souscrire à ces propositions, ou en tout cas à la majorité d&#8217;entre elles. Elles sont frappées au coin du bon sens et, sans rentrer dans le détail de l&#8217;énumération - qui pourrait d&#8217;ailleurs être complétée - nous avons avancé ou soutenu certaines d&#8217;entre elles dans de précédents billets.<br />
<span>   </span><br />
À ce stade de l&#8217;analyse se posent alors deux questions concernant ces «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>»<code> </code>: <strong>est-ce faisable<code> </code>? Est-ce suffisant si l&#8217;on souhaite que le capitalisme retrouve un «<code> </code>visage humain<code> </code>»<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’âge d’or du capitalisme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de tenter de répondre à ces deux questions, une rapide mise en perspective<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> ce que nous dénommons «<code> </code>capitalisme<code> </code>», au sens actuel du terme, définit le système économique et social qui s&#8217;est graduellement imposé comme modèle dominant à compter de la révolution industrielle. C&#8217;est le moment dans l&#8217;histoire, le point de basculement, où, <strong>d&#8217;une primauté basée essentiellement sur la naissance, nous sommes passés à une primauté essentiellement basée sur l&#8217;argent</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> le «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» a existé dans la plupart des pays occidentaux durant les Trente Glorieuses, de<code> </code>1945 à 1975 environ. C’est la période de l’histoire où les gains générés par l’activité économique – les profits, si l’on préfère – ont été répartis le plus équitablement possible entre tous ceux qui concourraient à leur création.</p>
<p class="MsoNormal">C’est d’ailleurs les <strong>conditions de cet «<code> </code>âge d’or<code> </code>»</strong> que, par le biais des «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>», le dossier de <em>Marianne</em> essaie de ressusciter. Le leitmotiv qui apparaît en filigrane tout au long de la lecture de ce dossier pourrait se résumer par «<code> </code>Ça marchait tellement bien il y a 40 ou 50<code> </code>ans. Pourquoi ne pas recréer les conditions de cette période heureuse<code> </code>? Pourquoi ne pas recommencer comme avant<code> </code>?<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Retour aux réalités</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Las<code> </code>! L’histoire se répète sans doute mais elle ne connaît pas la marche arrière. Pour retrouver un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>», il faudrait<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>que les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» soient toutes mises en œuvre en même temps</strong>, éventuellement complétées par quelques autres<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>que ces «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» soient appliquées sur toute la surface du globe</strong>, pratiquement sans exception.</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Pourquoi cette double exigence<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Exigence n°<code> </code>1<code> </code>: toutes les propositions en même temps</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le capitalisme n’est pas une idéologie. C’est plutôt, pour reprendre les termes utilisés par François Roddier (voir son billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/2/" target="_blank">La fin des espèces et des civilisations</a></em>), <strong>le système économico-social actuellement le plus efficace pour dissiper un maximum d’énergie</strong>. Plus concrètement, son unique but est de faire prospérer, le plus possible et le plus rapidement possible, le capital de ceux qui en détiennent. En d’autres termes, <strong>gagner le plus rapidement possible le maximum d’argent avec de l’argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette quête d’une maximisation du rendement de l’argent, <strong>toutes les règles sociales, juridiques, religieuses, culturelles… constituent des «<code> </code>gênes<code> </code>»</strong> car, d’une manière ou d’une autre, elles s’opposent plus ou moins directement à cette recherche d’une maximisation du profit.<br />
<span>   </span><br />
Ayant abattu nombre de règles de ce type depuis deux siècles, <strong>le «<code> </code>système capitaliste<code> </code>»</strong>, qui chaque jour se débarrasse d’une nouvelle entrave dans sa marche vers la «<code> </code>perfection<code> </code>», <strong>ne peut considérer les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» que comme une régression majeure</strong>, un retour à des conditions beaucoup moins favorables pour maximiser ce profit.<br />
<span>   </span><br />
Pour que cette «<code> </code>régression majeure<code> </code>» puisse s’accomplir, permettez-nous une analogie avec un match de boxe. Si l&#8217;on souhaite «<code> </code>sonner<code> </code>» un adversaire chaque seconde plus puissant sur le ring, <strong>il faut taper très fort et très vite</strong>. Très fort, cela veut dire mettre en œuvre l’intégralité des «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» - et sans doute d’autres – pour obtenir la puissance nécessaire. Très vite, cela veut dire mettre en œuvre ces mesures quasi-simultanément, sinon leur impact va se diluer dans le temps et s’amoindrira d’autant.<br />
<span>   </span><br />
Mais cela ne suffit pas. Nous allons maintenant quitter l’analogie avec un match de boxe pour nous appuyer sur l’argumentation développée par François Roddier dans le billet cité ci-dessus.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Exigence n°<code> </code>2<code> </code>: toutes les propositions partout</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Globalement, <strong>le «<code> </code>système capitaliste<code> </code>» est en train de devenir de plus en plus performant, de plus en plus «<code> </code>parfait<code> </code>»</strong>, c’est-à-dire qu’il permet de mieux en mieux à ceux qui détiennent le plus de capitaux d’en posséder «<code> </code>toujours plus, toujours plus vite<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans cette rivalité entre capitalistes – en d’autres termes, entre détenteurs de capitaux – celui qui peut le mieux s’affranchir des règles sociales, religieuses, juridiques ou culturelles que nous mentionnions plus haut, détient un avantage déterminant pour emporter la partie. Pour reprendre les termes de François Roddier, «<code> </code>chacun sait que s’il court moins vite, il se fait dépasser par les autres. Il est vite éliminé par la sélection naturelle<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Conséquence<code> </code>: si les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» ne sont pas appliquées sur toute la surface du globe, <strong>les zones géographiques et/ou les individus et/ou les entreprises qui s’en affranchiront bénéficieront d’un avantage déterminant pour gagner la partie de Monopoly</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>D’autres solutions<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le retour à un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» se heurte donc à des obstacles qui semblent, à première vue, quasiment infranchissables. Le moyen d’essayer de les contourner serait d’instaurer, au niveau d’un État ou d’une zone géographique, une <strong>politique quasi-autarcique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette politique permettrait, du moins en théorie, d’isoler complètement la zone qui ne souhaite plus participer à cette «<code> </code>partie de Monopoly<code> </code>». <strong>C’est ce qu’a fait – ou tente de faire – l’Islande depuis quelques années</strong>, après avoir été ruinée par la crise financière de<code> </code>2008. <em>Marianne</em> cite d’ailleurs ce pays en «<code> </code>exemple<code> </code>» de ce qui pourrait être entrepris. Mais une telle révolution suppose un corps social extrêmement soudé, uni, responsable et éduqué… objectif infiniment plus facile à atteindre dans une île de 320<code> </code>000<code> </code>habitants isolée au milieu de l’Atlantique qu’avec 65<code> </code>millions d’habitants au cœur du continent européen.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/12/dupond-t.png" title="dupond-t.png" alt="dupond-t.png" height="236" hspace="10" vspace="10" width="212" align="right" />Notons au passage que <strong>le comportement de Merkel et Sarkozy</strong> qui, semaine après semaine, se rencontrent pour un n<sup>ième</sup><code> </code>«<code> </code>sommet-de-la-dernière-chance-pour-sauver-l’euro<code> </code>» <strong>va totalement à l’encontre de cette nécessité autarcique</strong> qui semble être un des seuls moyens pour retrouver un semblant de «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>». Tels Dupont et Dupond s’accrochant désespérément l’un à l’autre afin de prévenir le choc (voir <em>On a marché sur la lune</em>), ils accélèrent <em>de facto</em> la performance capitalistique et son corollaire, l’atrophie de leurs États-nations respectifs.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/12/fouche-talleyrand.jpg" title="fouche-talleyrand.jpg" alt="fouche-talleyrand.jpg" height="169" hspace="10" vspace="10" width="178" align="left" />Si l’on voulait porter un jugement sévère sur cette désastreuse union, on pourrait paraphraser Chateaubriand décrivant Fouché et Talleyrand<code> </code>: <strong>l’arrogance appuyée sur le narcissisme ne fait qu’accélérer la survenue d’un capitalisme encore plus performant</strong>.<br />
<span>   </span><br />
L’alternative économique que constituerait un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» semble donc hautement improbable. <strong>Existe-t-il d’autres alternatives, peut-être de nature non économique<code> </code>?</strong> C’est ce que nous examinerons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De Nuremberg à Neuilly</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/26/de-nuremberg-a-neuilly/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/26/de-nuremberg-a-neuilly/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2011 14:40:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Allemagne, années 1930…
   
Mai 1928 : les élections législatives sont un véritable triomphe pour le SPD, le Parti social-démocrate allemand. Avec près de 30 % des voix, le centre gauche devance nettement les conservateurs du Parti national du peuple allemand (20 % des suffrages) et les centristes du Zentrum [...]]]></description>
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<p><strong><u>Allemagne, années 1930…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Mai 1928</strong><code> </code>: les élections législatives sont un véritable triomphe pour le SPD, le Parti social-démocrate allemand. Avec près de 30<code> </code>% des voix, le centre gauche devance nettement les conservateurs du Parti national du peuple allemand (20<code> </code>% des suffrages) et les centristes du <em>Zentrum</em> (12<code> </code>%). <strong>Les formations traditionnelles dépassent très largement la barre des 60<code> </code>% des suffrages</strong>, si l’on inclut les électeurs des petits partis de droite et de gauche. Les «<code> </code>extrémistes<code> </code>», communistes d’une part, nazis d’autre part, ne recueillent respectivement que 11 et 3<code> </code>% des votes.<br />
<span>   </span><br />
Deux ans plus tard, <strong>en<code> </code>1930, la donne a totalement changé</strong>, crise de<code> </code>1929 oblige. Le SPD ne réalise plus que 24<code> </code>% des voix, le Parti national du peuple allemand s’est effondré avec 7<code> </code>% des voix, seul le <em>Zentrum</em> a maintenu son score. <strong>Les grands gagnants sont les communistes</strong> avec 13<code> </code>% des suffrages <strong>et surtout les nazis</strong> qui recueillent plus de 18<code> </code>%.<br />
<span>   </span><br />
<strong>En juillet<code> </code>1932, tout bascule<code> </code>: les nazis emportent l’élection avec plus de 37<code> </code>% des voix</strong>, suivis par le SPD à 22<code> </code>% et les communistes à 14<code> </code>%. En quatre ans, la forme de la cellule politique allemande est passée d’une «<code> </code>cellule arrondie<code> </code>» à un «<code> </code>tore ouvert<code> </code>» hypertrophié aux extrémités, notamment à l’extrême-droite (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>France, 80<code> </code>ans plus tard…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
22<code> </code>avril 2012, 20h00<code> </code>: Le<code> </code>Pen arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle, avec près de 25<code> </code>% des suffrages. Sarkozy et Hollande sont au coude-à-coude loin derrière, recueillant chacun 18 à 19<code> </code>% des voix. Mélenchon flirte avec la barre des 15<code> </code>%. Les commentateurs parlent de «<code> </code>séisme<code> </code>», «<code> </code>raz-de-marée<code> </code>», «<code> </code>tremblement de terre<code> </code>»… bref toute la phraséologie habituelle de la panique et de la tension. On suppute déjà, en fonction du nom du challenger de Le<code> </code>Pen, sur les différents scénarios du second tour.<br />
<span>   </span><br />
48<code> </code>heures plus tard, l’étude détaillée des résultats montre que, comme en Allemagne en<code> </code>1932, <strong>ce sont les classes moyennes</strong> – ou ce qu’il en reste – <strong>qui ont majoritairement voté en faveur de Le<code> </code>Pen</strong>. Pourquoi<code> </code>? Par peur, crainte, angoisse que la perte du triple<code> </code>A de la France, les plans d’austérité à répétition, le chômage croissant (malgré tous les artifices pour le dissimuler derrière des radiations massives ou des statuts du type auto-entrepreneur) ne les paupérise encore plus, leur faisant dégringoler toujours plus vite l’échelle sociale.<br />
<span>   </span><br />
Comme en Allemagne en<code> </code>1932, des enfants apeurés se sont agglutinés autour de celui ou celle qui présente toutes les apparences ou caractéristiques d’un chef rassurant, susceptible de redonner espoir et dignité. <strong>La raison a cédé le pas à l’instinct, l’intelligence à la trouille.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>France, fin<code> </code>2011…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Scénario catastrophe, délire de Cassandre<code> </code>? Depuis trois ans, nous n’avons cessé de vous alerter sur l’évolution tragique de notre société, d’en détailler et analyser les maux, de comparer cette dégringolade à celle de la chute de l’Empire romain. Aujourd’hui, nous y sommes. Il serait donc bien naïf de croire que cet effondrement va s’effectuer dans la douceur et la félicité ou qu’il est évitable par des moyens «<code> </code>classiques<code> </code>», du type de ceux qui ont été mis en œuvre – avec le succès que l’on sait - depuis près de quarante ans. Bien naïf également d’espérer pouvoir y échapper…<br />
<span>   </span><br />
C’est pourtant ce que chacun, à titre individuel, va tenter de faire, précipitant d’autant la chute collective. <strong>Dans une société narcissique où le sauve-qui-peut et le chacun-pour-soi vont devenir les «<code> </code>valeurs<code> </code>» dominantes</strong>, confrontés à cette dégringolade du landau que nous évoquions dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank">Les marches d’Odessa</a></em>, <strong>les Français hésitent entre deux réactions</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>le besoin d’ordre et de sécurité, la recherche de l’homme – ou de la femme – providentiel</strong> qui, par un coup de baguette magique, permettrait d’éviter le pire. <strong>Cette réaction infantile</strong> annihile toute capacité d’analyse et <strong>favorise le développement d’une solution «<code> </code>extrême<code> </code>» type Le<code> </code>Pen ou Sarkozy totalement «<code> </code>Poutinisé<code> </code>»</strong>. C’est notre scénario «<code> </code>favori<code> </code>», non qu’il nous semble souhaitable mais c’est celui qui nous semble – de loin – le plus probable. Pourquoi<code> </code>? Parce qu’en ce qui concerne l’analyse et la perspective historiques, la remarque de Thucydide, «<code> </code>l’histoire est un perpétuel recommencement<code> </code>», n’a pas pris une ride en 2<code> </code>500<code> </code>ans<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>le besoin de justice</strong>. Même si la majorité des Français n’a pas véritablement compris que <strong>la «<code> </code>sublimation<code> </code>»</strong> (au sens physique du terme) <strong>du capitalisme industriel</strong> – basé sur des biens physiques «<code> </code>solides<code> </code>» - <strong>en capitalisme financier</strong> (devenu totalement «<code> </code>gazeux<code> </code>» car reposant sur de la monnaie virtuelle) <strong>a généré l’explosion à laquelle nous assistons</strong>, la revendication d’une meilleure répartition des richesses est de plus en plus forte.<br />
<span>   </span><br />
En toute logique, cette revendication devrait être favorable à un candidat ouvertement et pleinement «<code> </code>de gauche<code> </code>», type Mélenchon, qui fonde son argumentation et sa démarche sur la nécessité d’une nouvelle «<code> </code>lutte des classes<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Mais, au sein d’une société française narcissisée et parcellisée, le ressentiment entre mini-corps de métiers et micro-catégories sociales est aujourd’hui tel (aidé en cela par l’huile que n’a cessé de jeter sur le feu, depuis quatre ans, l’équipe Sarkozy), que <strong>chacun estime que c’est «<code> </code>l’autre proche<code> </code>», le voisin, qui profite du système, même si, à d’infimes nuances près, il fait pourtant partie de la même classe sociale</strong><code> </code>: c’est à lui qu’il faut «<code> </code>rogner des privilèges<code> </code>» et demander de passer à la caisse, <strong>non à une «<code> </code>nouvelle aristocratie<code> </code>» invisible</strong>, qui maîtrise parfaitement son «<code> </code>positionnement caché<code> </code>».</p>
<p>D’où, une fois encore, <strong>une situation plus favorable à l’extrémité droite qu’à l’extrémité gauche du tore ouvert</strong><code> </code>: nous ne sommes pas dans une situation type France<code> </code>1789 ou Russie<code> </code>1910, où la petite bourgeoisie et la classe moyenne cherchaient, en s’appuyant sur les «<code> </code>classes populaires<code> </code>», à conquérir le pouvoir face à l’aristocratie et à la grande bourgeoisie.<br />
<span>   </span><br />
Au contraire, <strong>notre situation actuelle s’apparente</strong>, selon nous, <strong>à celle de la république de Weimar où la classe moyenne prend brutalement conscience de son déclassement et de sa chute et cherche avant tout à s’en protéger</strong>. Nous disons bien «<code> </code>avant tout<code> </code>», c’est-à-dire avant de demander des comptes à ceux qui l’ont précipité dans cette situation.<br />
<span>   </span><br />
À ce moment-là, <strong>prévalent la recherche de la survie individuelle et la quintessence du court-termisme</strong>, totalement opposées à la recherche du bien commun et incompatibles avec des solutions à long terme. Même si tous pressentent que la «<code> </code>maxi-dose<code> </code>» de Le<code> </code>Pen/Sarkozy est létale, chacun accepte de l’avaler car il en espère ou en attend un soulagement à court terme.<br />
<span>   </span><br />
L’élément déclencheur pourrait bien être une <strong>nouvelle flambée de violence dans les banlieues</strong>, laquelle accélèrerait le déplacement des électeurs vers l’extrémité droite du tore ouvert. Sarkozy hésite peut-être à appuyer sur le bouton, craignant que les conséquences de l’incendie ne profitent plus à Le<code> </code>Pen qu’à lui. Mais il sait aussi que sa réélection sera facilitée s’il se trouve face à elle au second tour…<br />
<span>   </span><br />
Ne soyez donc pas surpris si, entre janvier et avril<code> </code>2011, un dérapage policier ou tout autre événement de ce type, survenu «<code> </code>par hasard<code> </code>», dégénère en une nouvelle «<code> </code>guerre des banlieues<code> </code>», abondamment relayée par <em>Paris Match</em> et TF1. À chacun sa manière pour incendier le Reichstag…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le duumvirat</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/19/le-duumvirat/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/19/le-duumvirat/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 22:59:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Jacques
   
Jacques est le maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Il a emporté la mairie en 1995, après des dizaines d’années de mandatures UMP (ou équivalent) dans sa ville. En 2004, il a été élu au Sénat, succédant à un sénateur âgé qui ne se représentait pas.
   [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><strong><u>Jacques</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Jacques est le maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Il a emporté la mairie en<code> </code>1995, après des dizaines d’années de mandatures UMP (ou équivalent) dans sa ville. En<code> </code>2004, il a été élu au Sénat, succédant à un sénateur âgé qui ne se représentait pas.<br />
<span>   </span><br />
Il sait qu’il ne sera jamais ministre, ni même secrétaire d’État. Son ambition est locale<code> </code>: il souhaite être réélu au Sénat en<code> </code>2013 et conserver la mairie en<code> </code>2014. Pour ce fils d’agriculteur, venu sur le tard en politique, c’est déjà une consécration.<br />
<span>   </span><br />
Jacques sait que, la première fois qu’il a emporté la mairie, c’est grâce à l’augmentation du nombre de chômeurs dans sa ville, dont les gouvernements Balladur puis Juppé avaient été tenus responsables. S’il a été réélu en<code> </code>2001, c’est de justesse alors que Jospin était Premier ministre. Par contre, en<code> </code>2007, sa réélection s’est effectuée «<code> </code>dans un fauteuil<code> </code>», tant grâce à son bilan de bon gestionnaire que par rejet d’un «<code> </code>Sarkozy bling-bling<code> </code>» qui choquait les habitants.<br />
<span>   </span><br />
Il ne le dit pas ouvertement mais, au fond de lui, il craint qu’Hollande ne décroche l’Élysée en<code> </code>2012. Vu la situation économique et les plans de rigueur qui ne manqueront pas de se succéder, il risque de faire les frais, au plan local, d’une politique nationale qui pourrait se traduire par une «<code> </code>vague bleue<code> </code>» aux municipales.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>et Odette…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Comme Jacques, Odette est maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Le principal employeur de la commune est la centrale nucléaire, qui se trouve dans une ville voisine, à 10<code> </code>kilomètres de là. À l’aide des subventions de la centrale, Odette a pu faire construire un gymnase dans sa ville et, toujours grâce à la même source, les anciens de la commune effectuent des voyages touristiques à des prix défiant toute concurrence.<br />
<span>   </span><br />
Imaginons un instant qu’un accord PS/Verts décide de «<code> </code>sortir du nucléaire<code> </code>» le plus vite possible. Tollé dans la ville dont Odette est maire<code> </code>! Celle-ci se trouve alors confrontée à un choix, sinon cornélien, du moins perdant/perdant<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> par respect de la discipline du parti, et parce qu’elle vise une place de député ou sénateur qui implique une investiture nationale, elle soutient l’accord passé. Dans ce cas, elle risque fort de perdre la mairie aux prochaines municipales<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> elle s’oppose à cet accord, et alors adieu Sénat ou Assemblée nationale, avec le risque supplémentaire de ne pas bénéficier de l’investiture socialiste aux prochaines municipales.</p>
<p class="MsoNormal">Odette n’a donc aucun intérêt à ce que ce type d’accord voit le jour. Elle s’accommode fort bien de vivre à l’ombre du «<code> </code>lobby nucléaire<code> </code>» qu’elle soutient <em>de facto</em>, même si elle ne se considère pas comme une égérie pro-nucléaire. Mais nécessité fait loi…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… incapables de «<code> </code>penser autrement<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ne voyez pas dans ces deux exemples la volonté de «<code> </code>tirer à boulets rouges<code> </code>» sur le PS et/ou la candidature de François Hollande. Notre intention est de souligner que, dans la configuration politique actuelle (rapports de force entre pouvoirs locaux et pouvoir national, calendrier des élections, etc.)<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> mis à part une petite cinquantaine de «<code> </code>ténors<code> </code>» qui se voient déjà ministre ou secrétaire d’État, <strong>l’immense majorité des élus locaux du PS n’a objectivement pas intérêt à ce que l’un des leurs accède à la Présidence de la République</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> compte tenu de sa très forte implantation locale, <strong>le PS est, au niveau local, tout aussi dépendant de nombreux lobbies</strong> (agroalimentaire, automobile, défense, nucléaire, pharmacie…) <strong>que les parlementaires UMP au niveau national</strong>.</p>
<p class="MsoNormal">Cette double caractéristique explique en grande partie l’<strong>incapacité du PS à «<code> </code>penser autrement<code> </code>»</strong>, son refus de prendre le pouvoir au niveau national pour mettre en œuvre des solutions radicalement différentes de celles de l’UMP. Ajoutez à cela que les responsables nationaux du PS sont en majorité issus de la même «<code> </code>école de pensée<code> </code>» (Sciences Po / ENA) que ceux du «<code> </code>camp d’en face<code> </code>» et l’on comprend mieux pourquoi <strong>le PS est devenu un parti «<code> </code>centrisé<code> </code>»</strong> (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>) <strong>dont les positions idéologiques n’ont cessé d’évoluer vers la droite au fil des années</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le récent pataquès entre le PS et les Verts au sujet de l’EPR de Flamanville et du combustible nucléaire MOX est une conséquence logique de ce que nous venons d’exposer<code> </code>: d’un côté un PS à très forte implantation locale, tout aussi dépendant des lobbies que son adversaire UMP et tout aussi peu désireux de changer les règles du jeu, de l’autre les Verts, parti beaucoup plus jeune et «<code> </code>spontané<code> </code>» qui s’oppose frontalement à un lobby en place et envisage un autre type de société. La divergence porte sur le fond, les alliances ne pourront être que de circonstance.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pas étonnant…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" title="lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" alt="lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" height="173" hspace="10" vspace="10" width="138" align="left" />Pas étonnant, dans ces circonstances, que <strong>Sarkozy soit le grand gagnant de cette confrontation Verts/PS</strong>. Se posant en «<code> </code><a href="http://www.latribune.fr/actualites/politique/20111109trib000662924/winston-churchill-heros-de-la-campagne-electorale.html" target="_blank">Churchill français</a><code> </code>», comme nous l’avions annoncé dès septembre dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/2/" target="_blank">Timeo Danaos</a></em>, son ambition est relayée par des médias <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/sarkozy-le-rebond.jpeg" title="sarkozy-le-rebond.jpeg" alt="sarkozy-le-rebond.jpeg" height="194" hspace="10" vspace="10" width="142" align="right" />qui ressemblent de plus en plus à ceux dont Brejnev disposait du temps de la grandeur de l’URSS. La Une du <em>Point</em> paru le 17<code> </code>novembre, reproduite à des milliers d’exemplaires sur les kiosques à journaux de France, en est un parfait exemple<code> </code>: elle constitue autant d’affiches électorales pour le non-candidat Prince-Président.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant, dans ces circonstances, que <strong>la résignation soit aujourd’hui le sentiment qui prévaut en France</strong>. Le duumvirat de fait – à toi le pouvoir au niveau local, à moi le pouvoir au niveau national – annihile actuellement toute possibilité d’une «<code> </code>autre solution<code> </code>» face à une paupérisation croissante liée à une succession de «<code> </code>crises<code> </code>» (des subprimes, de la dette, de l’euro, des finances publiques, de la Sécurité sociale…) qui ne manquent ou ne manqueront pas de se succéder.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant si, dans ces circonstances, <strong>le soir du 22<code> </code>avril 2012 pourrait bien nous réserver des surprises</strong>. Car, à vouloir tuer l’espoir d’un peuple, cette «<code> </code>vertu d’esclaves<code> </code>» comme l’écrivait Cioran, celui-ci pourrait bien envoyer balader l’<em>establishment</em> et la «<code> </code>pensée convenue<code> </code>», comme il le fit un certain 29<code> </code>mai 2005.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Novembre 2018 : guerre ou paix ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/12/novembre-2018-guerre-ou-paix/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/12/novembre-2018-guerre-ou-paix/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 21:32:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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 Compte tenu du sujet traité, de notre souhait de détailler l’analyse et d’éviter une vision trop superficielle des événements et situations, ce billet est d’une longueur supérieure à celle de nos articles habituels. Prévoyez donc du temps pour le lire…
   
Il inclut également plusieurs renvois [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Il inclut également plusieurs renvois vers des billets déjà publiés qui sous-tendent ou renforcent le raisonnement. Ces renvois, qui peuvent parfois donner l’impression de hacher la lecture, permettent d’approfondir tel ou tel argument que nous avançons. N’hésitez donc pas à les consulter.<br />
<span>   </span><br />
À tous nos lecteurs, plus nombreux à chaque parution, merci pour votre soutien et vos encouragements.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<a href="mailto:%20lundi@lalettredulundi.fr" target="_blank">Lundi</a><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">Dominic Sandbrook est un Britannique historien. Dans cet ordre là<code> </code>: Britannique d’abord, historien ensuite. Le 31<code> </code>octobre dernier, il a publié un long article de politique-fiction dans le journal conservateur (c’est-à-dire anti-Européen et anti-Français) <em>Daily Mail</em>.<br />
<span>   </span><br />
Cet article (texte intégral <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2054913/Europe-war-2018-As-Angela-Merkel-says-euro-meltdown-spark-battle.html" target="_blank">ici</a>) que nous résumons ci-dessous est plutôt «<code> </code>tiré par les cheveux<code> </code>». Il reflète plus la francophobie (le terme est encore fort mesuré…) de nos voisins britanniques qu’il ne relève d’une véritable analyse historico-politique. Il a cependant le <strong>mérite de soulever plusieurs questions</strong> que nous aborderons dans la seconde partie de ce billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le futur selon Sandbrook</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En 2012, les Athéniens en colère contre les mesures d’austérité envahissent le Parlement<code> </code>: le chaos s’installe en Grèce. La France et l’Allemagne envoient alors 5<code> </code>000<code> </code>soldats pour restaurer l’ordre.<br />
<span>   </span><br />
La situation dégénère bien vite dans toute l’Europe continentale<code> </code>: manifestations, attentats à la bombe contre les banques, quasi guerre civile en Italie où le gouvernement demande à la France d’intervenir. Sarkozy répond en expédiant 15<code> </code>000<code> </code>soldats occuper le nord de l’Italie.<br />
<span> </span><span>  </span><br />
En Lettonie, également gagnée par les troubles, Poutine décide de faire intervenir l’armée russe. En<code> </code>2016, celle-ci occupe également la Lituanie, la Biélorussie et la Moldavie.<br />
<span>    </span><br />
Fin 2016, Sarkozy, qui a fait modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat, désigne les Anglais comme boucs émissaires des malheurs de l’Europe.<br />
<span>   </span><br />
Quelques mois plus tard, des heurts très graves opposent à Bruxelles Flamands et Wallons<code> </code>: Sarkozy décide d’y envoyer les troupes françaises.<br />
<span>   </span><br />
Les Britanniques décident à leur tour d’intervenir militairement pour «<code> </code>préserver l’indépendance de la Belgique<code> </code>». Leurs troupes sont battues par l’armée française soutenue par «<code> </code>des supplétifs espagnols et italiens, l’argent allemand et avec la bénédiction de la Russie impérialiste<code> </code>». Sarkozy se vante alors d’avoir «<code> </code>effacé la tâche de Waterloo<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Trois questions</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Arrêtons-là les frais. Il y aurait beaucoup à dire – et à écrire – sur l’obsession anti-française des Britanniques, leur insularité qui confine à l’autisme ou leur propension à se donner constamment le beau rôle de champion de la démocratie et des libertés… La lecture de deux billets les concernant, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/page/3/" target="_blank">Albion<code> </code>: l’oligarchie triomphante</a></em> par François Farbeau et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em>, nuance singulièrement le tableau.<br />
<span>   </span><br />
Si on laisse de côté ces aspects, l’article de Sandbrook soulève au moins trois questions<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>les «<code> </code>plans de rigueur<code> </code>» successifs peuvent-ils</strong>, de grèves en manifestations, <strong>déboucher sur des situations de type révolutionnaire, avec transfert du pouvoir par la force<code> </code>?</strong> En d’autres termes, <strong>un «<code> </code>printemps européen<code> </code>» peut-il succéder au «<code> </code>printemps arabe<code> </code>»<code> </code>?</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>Sarkozy réélu en 2012<code> </code>? Quasi Président à vie ensuite<code> </code>?</strong> Est-ce possible<code> </code>? Est-ce crédible<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>Quel jeu vont jouer les Russes</strong> dans un contexte de crise économique grave en Europe et de repli de la puissance américaine<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal">Vu l’importance de ces questions et la longueur des développements nécessaires pour répondre à chacune d’entre elles, <strong>nous n’adresserons que la première dans ce billet</strong>, réservant à de futurs articles le soin de traiter les autres points.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Éléments de scénarios</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Face aux plans de rigueur qui vont maintenant se succéder en Europe et qui ne sont, selon nous, qu’une étape vers le démantèlement des États-nations, comment vont réagir les peuples<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
De façon schématique, nous pourrions assister à deux types de comportements :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la soumission et la résignation</strong>, sur le thème «<code> </code>on l’a bien cherché, on a vécu au-dessus de nos moyens, maintenant il faut payer<code> </code>», accompagnées, le cas échéant, d’un sentiment de honte, d’une dépression collective larvée. En résumé, l’acceptation passive des événements et de «<code> </code>ce qu’il convient de faire<code> </code>» tels que le présentent les gouvernants et les médias<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>l’indignation, le refus, la révolte</strong>. Contre qui<code> </code>? C’est là que des divergences vont se faire jour<code> </code>: <em>grosso modo</em>, ce ressentiment, cette quasi-haine, pourraient se tourner <strong>soit vers les dirigeants (politiques, banquiers…), soit vers des boucs émissaires</strong>. Ceux-ci pourraient à leur tour être de deux types<code> </code>: <strong>internes</strong>, mais minoritaires dans le pays concerné (juifs, musulmans, noirs, roms…) ou <strong>étrangers</strong> («<code> </code>c’est la faute<code> </code>» aux Grecs, Italiens, Anglais…).</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Le scénario Sandbrook comprend des peuples soumis</strong> (Français, Russes) <strong>et des peuples révoltés</strong> (Grecs, Espagnols), les Anglais étant <em>of course</em> au-dessus de la mêlée. Les peuples soumis ont cependant la «<code> </code>possibilité<code> </code>», sur suggestion de leurs dirigeants, de tourner leur ressentiment vers des boucs émissaires externes (Anglais, Moldaves…) alors que celui des peuples révoltés est dirigé vers les dirigeants politiques de leur pays et le lobby bancaire.<br />
<span>  </span><br />
Bien évidemment, <strong>les dirigeants en place veulent disposer de peuples soumis auxquels on désigne des boucs émissaires internes ou externes</strong>. L’article de Sandbrook en est un parfait exemple car, <strong>pour expliquer les malheurs de la Grande-Bretagne, il n’a qu’une seule explication<code> </code>: le vilain Français</strong> (il faut dire que la médiocrité et l’orgueil de Sarkozy en font un «<code> </code>méchant Français<code> </code>» idéal), alors que la responsabilité du lobby bancaire dans la crise actuelle est totalement passée sous silence.<br />
<span>   </span><br />
Dans le même sens, <strong>le journal <em>Bild</em></strong>, dont nous reproduisions une accroche d’article dans le billet de la semaine dernière (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/05/%CF%84%CF%81%CE%B1%CE%B3%E1%BF%B3%CE%B4%CE%AF%CE%B1%E2%80%A6-tragoidia-tragedie/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a>), <strong>désigne clairement aux Allemands les Grecs comme boucs émissaires. Qu’en sera-t-il des autres peuples, et notamment des Français<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Trois éléments peuvent nous aider à répondre à cette question<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la structure d’âge de la population ainsi que son niveau d’éducation</strong>. Schématiquement, <strong>plus la population d’un pays est jeune et éduquée, plus il devrait être enclin à adopter une attitude «<code> </code>révolutionnaire<code> </code>»</strong> et à se révolter contre les dirigeants en place et les lobbies qui les soutiennent. À l’inverse, une population âgée et/ou peu éduquée adoptera plus volontiers une attitude de soumission et dirigera son ressentiment vers un bouc émissaire interne ou externe que ses gouvernants lui désignent.<br />
<span>   </span><br />
Quelle est aujourd’hui la proportion des 15/30<code> </code>ans dans les principaux pays européens<code> </code>? 15<code> </code>% en Italie, 17<code> </code>% en Espagne, 18<code> </code>% en Allemagne et en France, 19<code> </code>% en Grèce, 20<code> </code>% au Royaume-Uni<code> </code>: à quelques nuances près, <strong>des structures de population très comparables et un nombre de jeunes qui</strong>, à la différence de l’Égypte ou de la Lybie (28<code> </code>% à 29<code> </code>% de 15/30<code> </code>ans), <strong>n’atteint pas le seuil de 25<code> </code>% nécessaire</strong>, selon certains théoriciens (nous vous faisons grâce des polémiques sur le sujet…), <strong>pour que s’enclenchent les révolutions</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le<strong> «<code> </code>fonds culturel<code> </code>»</strong>. Est-il, dans une perspective historique, plutôt <strong>tourné vers l’égalitarisme et la «<code> </code>lutte des classes<code> </code>»</strong> (Espagne, France) <strong>ou vers une acceptation des inégalités sociales</strong> (Royaume-Uni)<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la structure actuelle de la «<code> </code>cellule politique<code> </code>»</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>). Est-elle en forme de cellule arrondie ou, plus probablement, de tore ouvert<code> </code>? Dans ce cas, une extrémité du tore est-elle hypertrophiée et, dans l’affirmative, laquelle<code> </code>? Si c’est l’extrémité gauche, la probabilité d’une révolte contre les dirigeants et les banques s’accroît alors que, si l’extrémité droite est plus importante, c’est la recherche d’un bouc émissaire interne ou externe qui sera privilégiée.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<strong><u>Le cas de la France</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Un élément milite en faveur d’une révolte des Français</strong> contre le lobby bancaire et les dirigeants qui veulent leur imposer des plans de rigueur<code> </code>: <strong>un fonds culturel égalitaire et un historique de lutte des classes</strong> auquel sont liés des symboles forts comme la Commune, le Front populaire ou, à un moindre degré, mai<code> </code>68.<br />
<span>   </span><br />
Par contre, <strong>la structure d’âge de la population et la forme actuelle de notre «<code> </code>cellule politique<code> </code>»</strong> - un tore ouvert dont l’extrémité droite est nettement hypertrophiée - <strong>font pencher la balance dans le camp «<code> </code>résignation avec recherche d’un bouc émissaire interne ou externe<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À cette première approche, s’ajoutent deux autres éléments d’analyse<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le premier a été détaillé dans notre billet de septembre<code> </code>2010, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/3/" target="_blank">Révolution ou jacqueries<code> </code>?</a></em> Si l’on accepte l’hypothèse que notre civilisation est en fin de parcours, dans une situation peu ou prou comparable à celle de l’Empire romain au III<sup>e</sup> ou au IV<sup>e</sup><code> </code>siècle, et que, depuis la mort du marxisme, il n’existe aucune solution idéologique «<code> </code>de rechange<code> </code>» au capitalisme financier actuellement dominant, <strong>nous pourrions assister à quelques «<code> </code>jacqueries<code> </code>» vite matées mais en aucun cas au déclenchement d’une «<code> </code>révolution<code> </code>»</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le second concerne la <strong>société narcissique</strong> dans laquelle nous vivons (voir le billet de Patrice Ranjard, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>). Ce type de société <strong>est incompatible avec une «<code> </code>conscience de classe<code> </code>» et ne peut se mobiliser pour une «<code> </code>lutte des classes<code> </code>»</strong>. Une société narcissique peut, tout au plus, amener des individus isolés à se regrouper temporairement lorsqu’ils se sentent menacés, mais leur nature narcissique empêche de transformer cette action en un véritable mouvement collectif qui transcende les intérêts particuliers et fasse émerger une «<code> </code>conscience de classe<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Pour caricaturer un peu, les intérêts d’un professeur d’EPS exerçant en collège en zone urbaine pourraient un temps rejoindre ceux d’un sapeur-pompier à temps partiel qui travaille dans une ville de moins de 50<code> </code>000<code> </code>habitants mais la catégorisation / narcissisation des individus a tellement segmenté le corps social que celui-ci est, selon nous, aujourd’hui incapable de se «<code> </code>penser<code> </code>» comme tel.</p>
<p>Tout concourt donc à une évolution «<code> </code>poutinienne<code> </code>» de la France, au sens où nous l’avons décrit dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em><code> </code>: <strong>une démocratie «<code> </code>sous contrôle<code> </code>» à forte orientation ploutocratique, secouée de temps à autre par des jacqueries</strong>. Comme le dit avec justesse Victor Hugo dans <em>Les misérables</em>, «<code> </code>Révolution est précisément le contraire de révolte<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/104464" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>τραγῳδία… tragôidía&#8230; tragédie</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/05/%cf%84%cf%81%ce%b1%ce%b3%e1%bf%b3%ce%b4%ce%af%ce%b1%e2%80%a6-tragoidia-tragedie/</link>
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		<pubDate>Sat, 05 Nov 2011 17:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.
   
D’un côté Angela Merkel et la presse allemande – le journal populaire Bild notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p><script src="http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#pubid=xa-4de9459277857609" type="text/javascript"></script>Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/bild2.jpg" title="bild2.jpg" alt="bild2.jpg" align="left" height="163" hspace="10" vspace="10" width="285" />D’un côté <strong>Angela Merkel et la presse allemande</strong> – le journal populaire <em>Bild</em> notamment (voir ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait traduire par «<code> </code>Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole par la même occasion<code> </code>!<code> </code>») – qui <strong>traitent Papandréou et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance dont ils sont capables</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/obama-and-sarkozy2.jpg" title="obama-and-sarkozy2.jpg" alt="obama-and-sarkozy2.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" />Au centre, se voulant le plus visible possible, <strong>le Prince-Président</strong>, soufflé d’orgueil et bouffi de suffisance, <strong>qui s’auto-congratule</strong> et se considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète. Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama lui manifeste la moindre attention.<br />
<span>  </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/dallara-and-barroso2.jpg" title="dallara-and-barroso2.jpg" alt="dallara-and-barroso2.jpg" align="left" hspace="10" vspace="10" />Dans la coulisse, <strong>le lobby bancaire</strong>, mené par Charles Dallara, directeur général de l’<em>Institute of International Finance</em>, qui <strong>s’affaire pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts</strong>…<br />
<span>   </span><br />
Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la monnaie unique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quelques rappels</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et décrit dès cet été dans deux billets, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/2/" target="_blank"><em>Timeo Danaos</em></a>. Nous vous proposons de les relire car, rédigés «<code> </code>à froid<code> </code>» avant le déclenchement de la crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne l’éclaire.<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, rappelons <strong>le <em>deal</em> proposé à la Grèce le 27<code> </code>octobre par le trio Merkel-Sarkozy-Dallara</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt"><span>•</span> les banques renoncent, sur la base du volontariat, à la moitié de leurs créances sur la dette publique grecque<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt"><span>•</span> un nouveau prêt de 100<code> </code>milliards d’euros est accordé, sous conditions, à la Grèce d’ici<code> </code>2014. Les conditions<code> </code>? Plan d’austérité draconien, privatisations en série et contrôle permanent de la politique budgétaire grecque par une «<code> </code>troïka<code> </code>» composée de représentants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. En clair, une <strong>mise sous tutelle économique de la Grèce</strong> par des institutions chargées de pérenniser la structure du système financier actuel.</p>
<p class="MsoNormal">Ceci posé, quels enseignements tirer des événements de ces derniers jours<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un recul démocratique majeur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Papandréou, qui voulait faire ratifier par référendum l’accord ci-dessus mentionné, a du bien vite faire machine arrière devant la réaction et les menaces du lobby bancaire et du couple Merkel-Sarkozy (comme le dit servilement <a href="http://www.parismatch.com/Actu-Match/Economie/Actu/Papandreou-renonce-au-referendum-350127/" target="_blank"><em>Paris Match</em></a><em>, «<code> </code>il s’était attiré les foudres des Dieux européens, le président de la République française Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel<code> </code>»)</em>. On ne peut dire aujourd’hui si cet accord aurait été ou non ratifié par <strong>le peuple</strong>, celui-ci <strong>n’ayant plus son mot à dire sur des décisions qui vont changer complètement le sort et l’avenir du pays</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une première victoire du lobby bancaire et financier…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
À l’inverse, on peut affirmer qu’<strong>une bataille importante a été gagnée par le lobby bancaire dans sa volonté de soumettre le politique à ses intérêts</strong>. Le meilleur indicateur a été l’évolution en Bourse des actions des banques<code> </code>: à la hausse lorsque l’accord du 27<code> </code>octobre a été conclu, elles ont plongé à l’annonce du référendum avant de remonter quand Papandréou a jeté l’éponge.<br />
<span>   </span><br />
De façon très révélatrice, très significative, <strong>la plupart des commentateurs ont présenté cet abandon du référendum comme une bonne nouvelle</strong>, un «<code> </code>soulagement<code> </code>», se faisant l’écho d’un Christian Estrosi qui avait jugé le recours au peuple «<code> </code><a href="http://www.lepoint.fr/economie/referendum-en-grece-christian-estrosi-je-deplore-cette-decision-qui-me-parait-totalement-irresponsable-de-la-part-du-premier-ministre-grec-01-11-2011-1391345_28.php" target="_blank">totalement irresponsable</a><code> </code>». <strong>Ces réactions montrent à quelle vitesse nous sommes en train de sortir du modèle républicain</strong> que nous avons connu pour entrer dans une «<code> </code>démocratie sous contrôle<code> </code>», à la russe ou à la chinoise.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… en attendant la prochaine<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Nous en verrons une nouvelle preuve lors des <strong>prochaines «<code> </code>crises<code> </code>» qui ne manqueront pas de toucher l’Italie, l’Irlande ou le Portugal… en attendant la France</strong>. Dans tous les cas, le discours adressé aux citoyens sera le même que celui qui a été tenu aux Grecs<code> </code>: «<code> </code>tenez-vous à carreau, acceptez ce que nous vous proposons et dîtes merci, sinon ce sera pire encore.<code> </code>»</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*<span>        </span>*<br />
*</p>
<p class="MsoNormal">Lorsque nous avons commencé la rédaction des premiers billets de <em>La Lettre du Lundi</em> il y a près de trois ans, nous nous étions alors définis comme «<code> </code>extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales et désireux d’offrir aux lecteurs de <em>La Lettre</em> un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Au fil de nos billets, nous n’avons cessé de vous alerter sur ce qui était en train de se préparer<code> </code>: importance croissante des lobbies et, plus particulièrement, du lobby financier<code> </code>; faillite, mise sous tutelle, voire quasi-disparition des États-nations<code> </code>; transfert des compétences régaliennes aux TGE (très grandes entreprises)<code> </code>; accélération du développement des inégalités<code> </code>; naissance d’une nouvelle aristocratie tirant sa puissance d’une incroyable concentration des richesses<code> </code>; marchandisation de l’ensemble des activités humaines et de l’homme lui-même<code> </code>; régressions démocratiques majeures dans les pays occidentaux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce qui se préparait est maintenant une réalité. Ce qui arrive aujourd’hui aux Grecs nous arrivera demain, se généralisera demain</strong><code> </code>: ce n’est que la première étape d’un processus qui ne s’arrêtera pas. Pardonnez-nous de nous «<code> </code>auto-citer<code> </code>» une fois de plus mais, pour reprendre l’image utilisée dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a>, <strong>le landau a commencé sa descente</strong>. Pour l’arrêter, il n’y aurait qu’une solution dont la probabilité d’occurrence est quasi-nulle<code> </code>: <strong>dynamiter l’escalier</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>  </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/102256" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les biens du clergé</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/30/les-biens-du-clerge/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/10/30/les-biens-du-clerge/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Oct 2011 12:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/10/30/les-biens-du-clerge/</guid>
		<description><![CDATA[      {lang: \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'fr\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'} 
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   1789
   
1789 : les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le « marché financier » de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.
   
Pour trouver une solution à cette « crise financière », Louis XVI réunit les États Généraux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" allowtransparency="true" style="overflow: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><span>   </span><iframe src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html#_=1319966868712&amp;count=horizontal&amp;id=twitter_tweet_button_0&amp;lang=fr&amp;original_referer=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr%2Fwp-admin%2Fpost.php%3Faction%3Dedit%26post%3D325&amp;text=blank_page&amp;url=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr%2Fwp-admin%2Fpost.php%3Faction%3Dedit%26post%3D325&amp;via=Lalettredulundi" title="Twitter pour votre site web : bouton " style="width: 118px; height: 20px" class="twitter-share-button twitter-count-horizontal" allowtransparency="true" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><script src="http://platform.twitter.com/widgets.js" type="text/javascript"></script><g:plusone size="medium"></g:plusone><script src="http://apis.google.com/js/plusone.js" type="text/javascript">   {lang: \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'fr\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'} </script><!-- AddThis Button BEGIN --></p>
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<span>   </span><br />
1789<code> </code>: les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le «<code> </code>marché financier<code> </code>» de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.<br />
<span>   </span><br />
Pour trouver une solution à cette «<code> </code>crise financière<code> </code>», Louis<code> </code>XVI réunit les États Généraux au mois de mai, avec en tête un seul objectif<code> </code>: trouver de l’argent.<br />
<span>   </span><br />
Passons sur les événements et péripéties qui jalonnent les premiers mois des États et arrivons-en au cœur de notre sujet<code> </code>: la résolution de la crise financière.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/talleyrand.jpg" alt="talleyrand.jpg" title="talleyrand.jpg" vspace="10" width="225" align="left" height="231" hspace="10" />Au mois d’octobre, un jeune ambitieux de 35<code> </code>ans, Talleyrand, évêque d’Autun, propose une solution radicale<code> </code>: <strong>nationaliser les biens du clergé</strong>, dont la valeur représente environ dix fois le montant du budget annuel de la France.<br />
<span>   </span><br />
Âprement discuté, le <strong>principal argument</strong> pour soutenir cette proposition est le suivant<code> </code>: <strong>l’immense fortune du clergé s’est constituée à l’aide des dons</strong> de l’ensemble des fidèles, c’est-à-dire <strong>de toute la Nation</strong>. Les biens du clergé doivent donc, en toute logique, revenir à la Nation.<br />
<span>   </span><br />
En moins d’un mois, l’affaire est pliée et, le 2<code> </code>novembre 1789, les biens de l’Église deviennent propriété de l’État.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2011</u></strong><br />
<span>   </span><br />
2011<code> </code>: la croissance économique s’est arrêtée, le chômage progresse, la République croule sous les dettes – plus de 1<code> </code>800<code> </code>milliards d’euros – et dépense chaque année une centaine de milliards d’euros de plus qu’elle n’engrange en recettes.<br />
<span>   </span><br />
Nicolas Sarkozy, auquel l’Histoire décernera sans doute le titre de plus mauvais Président de la Cinquième République, a multiplié les cadeaux fiscaux à ses amis et obligés depuis le début de son mandat, réduisant d&#8217;autant les recettes de l&#8217;État. Soudainement paniqué et atteint dans son orgueil de Narcisse à l’idée que la France perde son «<code> </code>triple<code> </code>A<code> </code>» qui rassure ses créanciers, il multiplie les effets de manche et, d&#8217;un hebdomadaire «<code> </code>sommet de la dernière chance<code> </code>» aux conciliabules journaliers, il s’agite aussi inutilement que dangereusement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Comme en 1789, la question reste la même<code> </code>: où trouver de l’argent<code> </code>?</strong> À part augmenter la TVA, raboter quelques niches fiscales et dégrader encore un peu plus le service public, le Président du Fouquet’s ne sait trop que faire. Comme un enfant qui a cassé son jouet, il jure que «<code> </code>c’est pas de sa faute, c’est la faute à la crise<code> </code>».<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2012</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Comme en 1789, il faut désormais envisager des mesures radicales. Mais <strong>quels sont, aujourd’hui, les biens du clergé à nationaliser<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de poursuivre la lecture de ce billet, nous vous invitons au préalable à lire ou relire celui consacré à <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/page/3/" target="_blank">notre «<code> </code>troisième proposition pour<code> </code>2012<code> </code>»<code> </code>: la répartition des richesses</a>.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce billet, nous avancions deux mesures pour parvenir à une meilleure répartition des richesses dans notre pays. La première consistait à taxer très lourdement, 90<code> </code>% par exemple, tous les revenus supérieurs à 330<code> </code>000<code> </code>€ par an. La seconde concernait le capital<code> </code>: dans le cadre d’un impôt imposant toute fortune supérieure à un million d’euros, nous proposions de taxer très fortement tout patrimoine supérieur à 100<code> </code>millions d’euros.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, nous allons plus loin<code> </code>: <strong>imposons à 90<code> </code>% toute fortune supérieure à 100 millions d’euros</strong>, réalisant <em>de facto</em> une nouvelle nationalisation des biens du clergé, version XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quelques chiffres</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Selon le magazine <em>Challenges</em>, en<code> </code>2010, en France, <strong>377<code> </code>personnes ou groupes familiaux détenaient un patrimoine égal ou supérieur à 100<code> </code>millions d’euros</strong>, depuis Bernard Arnault jusqu’au propriétaire de Pixmania ou des vins Chapoutier (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/fortunes-de-france-en-2010/" target="_blank">liste intégrale ici</a>).<br />
<span>   </span><br />
Le total de ces 377<code> </code>fortunes<code> </code>? <strong>Un peu plus de 270<code> </code>milliards d’euros, soit, à une quinzaine de milliards près, le montant total des dépenses de l’État français en<code> </code>2011</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’aborderons pas ici la question du «<code> </code>comment employer cet argent<code> </code>», dont la ou plutôt les réponses pourraient remplir plusieurs volumes d’une bibliothèque et susciter des polémiques sans fin. Notre objectif est plus simple<code> </code>: souligner les écarts de richesses ahurissants qui existent dans notre pays et montrer pourquoi, si nous voulons «<code> </code>sauver la République<code> </code>», nous devons réduire ces écarts de façon spectaculaire.<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu de la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier ces dernières années, le patrimoine de l’ensemble des Français est aujourd’hui estimé à 10<code> </code>000<code> </code>milliards d’euros. Quand au patrimoine médian, il est de moins de <strong>100<code> </code>000<code> </code>€</strong>, ce qui signifie que <strong>50<code> </code>% des Français ont un patrimoine inférieur à ce chiffre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À l’inverse, 377<code> </code>personnes ou groupes familiaux, qui doivent représenter un total d’environ 1<code> </code>200<code> </code>individus, se partagent 270<code> </code>milliards, soit environ 716<code> </code>millions par «<code> </code>personne ou groupe familial<code> </code>» ou 225<code> </code>millions par individu<code> </code>: selon le mode de calcul choisi, <strong>un écart de 1 à 7<code> </code>160 ou de 1 à 2<code> </code>250 par rapport au patrimoine d’un «<code> </code>Français moyen<code> </code>»</strong>…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Imposer une taxation à 90<code> </code>% au-delà de 100<code> </code>millions d’euros reviendrait à ramener de 1 à 1<code> </code>000 l’écart de fortune entre les plus riches et le «<code> </code>Français moyen<code> </code>».</strong> La proposition est donc infiniment plus modérée qu’il n’y paraît de prime abord<code> </code>: nous restons à des années-lumière d’une «<code> </code>société égalitaire<code> </code>». Et pourtant…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>«<code> </code>Vous êtes dingue<code> </code>!<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Taxer à 90<code> </code>% la fraction du patrimoine supérieure à 100<code> </code>millions d’euros<code> </code>? Vous êtes dingue<code> </code>! C’est une blague<code> </code>? C’est du collectivisme, tout cet argent est le fruit d’une vie de travail. Pourquoi spolier ces (pauvres) gens<code> </code>?<code> </code>»<br />
<span> </span><br />
Voilà peu ou prou le type d’objection que l’on entendrait si cette proposition était avancée par un homme – ou une femme – politique d’envergure, un(e) candidat(e) à la présidentielle, par exemple. Pour y répondre, prenons un peu de hauteur.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne citerons pas ici les nombreux billets qui, sous une forme ou sous une autre, ont abordé et analysé depuis trois ans cette question centrale<code> </code>: <strong>la concentration des richesses nous mène droit à la fin de la démocratie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
D’une part, <strong>le véritable pouvoir est déjà entre les mains d’un «<code> </code>réseau<code> </code>» d’environ 2<code> </code>000<code> </code>personnes, dont les «<code> </code>377<code> </code>» font partie, faisant de notre République une oligarchie, ou plutôt une <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">ploutocratie</a></strong>.<br />
<span>   </span><br />
D’autre part, face à des inégalités de plus en plus criantes, il n’y a déjà plus qu’une solution, ou plutôt trois, <strong>pour maintenir l’ordre social<code> </code>: «<code> </code>bourrer les crânes<code> </code>» en abêtissant la populace </strong>(laissons crever l’école publique) <strong>et en contrôlant la communication</strong> (TV, presse…)<code> </code>; <strong>réprimer</strong> (la presse encore indépendante, les syndicats, les juges… tous les contre-pouvoirs qui «<code> </code>osent l’ouvrir<code> </code>»)<code> </code>; <strong>diviser, dresser les individus les uns contre les autres</strong> (salariés du privé contre «<code> </code>fainéants de fonctionnaires<code> </code>», parents d’élèves contre professeurs, blancs contre noirs et arabes, etc.).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Réduire violemment et irrémédiablement</strong> (une fois que l’argent est pris, on ne le rend pas<code> </code>!) <strong>le gouffre social et financier qui s’est creusé en France est, en définitive, indispensable si l’on veut sauver la démocratie</strong> et éviter de poursuivre le chemin déjà entamé vers une république impériale, oligarchique et ploutocratique (pardonnez la pédanterie et la longueur de l’expression). <strong>Cette nécessité</strong> n’est ni de droite ni de gauche, elle <strong>est tout simplement républicaine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span> </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une autre vision de la politique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/22/une-autre-vision-de-la-politique/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 19:22:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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On a coutume de dire qu&#8217;en France, la séparation entre droite et gauche date de la Révolution française, quand ceux qui allaient devenir Montagnards, Girondins ou membres du Marais s&#8217;installèrent dans l&#8217;hémicycle. Cette vision d&#8217;un paysage politique réparti entre « droite », « gauche » et « centre » [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
On a coutume de dire qu&#8217;en France, la séparation entre droite et gauche date de la Révolution française, quand ceux qui allaient devenir Montagnards, Girondins ou membres du Marais s&#8217;installèrent dans l&#8217;hémicycle. Cette vision d&#8217;un paysage politique réparti entre «<code> </code>droite<code> </code>», «<code> </code>gauche<code> </code>» et «<code> </code>centre<code> </code>» date de cette période<code> </code>: on imagine un demi-cercle où le «<code> </code>bleu<code> </code>» et le «<code> </code>rose<code> </code>» se disputent la plus large part du gâteau avec, suivant les périodes et les modes de scrutin, des franges «<code> </code>rouge<code> </code>» et «<code> </code>verte<code> </code>» sur le flanc gauche, et une frange «<code> </code>brune<code> </code>» du côté droit.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette représentation «<code> </code>en demi-camembert<code> </code>» ne rend cependant qu&#8217;imparfaitement compte des rapports de force politiques</strong> et des «<code> </code>passerelles<code> </code>» entre les différentes sensibilités, et ce pour trois raisons principales<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• plutôt qu&#8217;un demi-camembert ressemblant à un demi-cercle parfait, <strong>un demi-camembert «<code> </code>déformé<code> </code>»</strong>, avec des «<code> </code>boursouflures<code> </code>» à gauche, à droite ou au centre, selon les périodes, <strong>rendrait mieux compte de la réalité. Une représentation tridimensionnelle serait en fait l&#8217;idéal</strong>. Nous y reviendrons plus loin<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la vision d&#8217;un hémicycle comptant tant de représentants de chaque tendance traduit fort mal l&#8217;état de la situation politique dans le «<code> </code>pays réel<code> </code>». Non seulement le scrutin majoritaire amplifie les tendances mais, à l&#8217;intérieur de chaque tendance principale, les différences d&#8217;opinion se fondent dans une couleur uniforme (qu’y a-t-il de commun, au PS, entre Valls et Montebourg<code> </code>? Ou, à l’UMP, entre Mariani et Pinte<code> </code>?) ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><strong>• cette même vision d&#8217;un demi-camembert donne l&#8217;impression que la gauche et la droite ne peuvent communiquer que via le centre. Rien n&#8217;est évidemment plus faux</strong><code> </code>: par exemple, lors du référendum de 2005, on a vu des «<code> </code>souverainistes<code> </code>» (de droite, voire d&#8217;extrême-droite) et des altermondialistes ou «<code> </code>chevènementistes<code> </code>» (donc de gauche ou d&#8217;extrême-gauche, selon la classification habituelle en vigueur) se rejoindre pour rejeter le traité sur l&#8217;Union européenne alors que les centristes - ou définis tels - y étaient majoritairement favorables.</p>
<p class="MsoNormal">Un des types de représentation les plus précis pourrait être celui conçu par <a href="http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/visuel/2011/07/04/la-cartographie-de-la-blogosphere-politique_1544714_1471069.html" target="_blank">Politicosphère</a> afin de cartographier la blogosphère politique française. Cette représentation, de forme cellulaire, permet de juger de l’importance et des rapports entre les forces en présence. Il lui manque cependant une troisième dimension qui permettrait, d&#8217;un simple coup d&#8217;œil, d’une part de juger de l&#8217;«<code> </code>épaisseur<code> </code>» - ou de la minceur - de telle ou telle tendance politique, d’autre part de visualiser d’éventuels «<code> </code>replis<code> </code>» de la cellule qui peuvent rapprocher des tendances <em>a priori</em> antipodiques.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Une représentation tridimensionnelle de type «<code> </code>cellulaire<code> </code>» est, en définitive, celle qui permettrait d&#8217;approcher au mieux la réalité. </strong>Nous verrons plus loin que, selon les périodes, cette cellule tridimensionnelle peut prendre des formes très diverses, notamment liées aux conditions économiques et à la répartition de la richesse dans la société.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi un exposé préliminaire aussi long avant d&#8217;aborder le cœur de notre sujet<code> </code>? Parce que, dans la perspective de l&#8217;élection présidentielle, nous allons nous efforcer, dans ce billet et dans d&#8217;autres, d&#8217;aller plus avant dans l&#8217;analyse de la situation et des rapports de force politiques. Et qu&#8217;effectuer cette analyse en ayant en tête le «<code> </code>demi-camembert<code> </code>» évoqué ci-dessus est infiniment réducteur et simplificateur<code> </code>: les sociétés humaines sont des organismes vivants et ceux-ci n&#8217;ont pas la forme de demi-camemberts&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Cellules «<code> </code>toriques<code> </code>» et cellules «<code> </code>arrondies<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Un coup d&#8217;œil dans le rétroviseur nous permet de voir que, <strong>durant les périodes de récession ou de crise économique, on </strong><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/tore-ouvert3.jpg" title="tore-ouvert3.jpg" alt="tore-ouvert3.jpg" align="left" height="276" hspace="10" vspace="10" width="238" /><strong>assiste généralement à </strong>une «<code> </code>radicalisation<code> </code>» des positions politiques qui se traduit par <strong>un étirement de la cellule, laquelle peut alors</strong> se replier sur elle-même et <strong>prendre la forme d’un tore ouvert</strong> (s’apparentant à celle d’un fer à cheval).<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, la crise de 1929 a engendré, à deux ans de distance, d&#8217;une part le 6<code> </code>février 1934, où les ligues d&#8217;extrême-droite ont tenté de renverser la République, d&#8217;autre part le Front populaire en<code> </code>1936<code> </code>: deux conceptions, deux visions diamétralement opposées de la réponse à apporter aux problèmes de l&#8217;heure, mais un basculement rapide d&#8217;une «<code> </code>solution<code> </code>» vers l&#8217;autre. Le centre, étiré et écrasé, n&#8217;a pu résister à cet effet d&#8217;élongation et s&#8217;évanouit en 1940.<br />
<span>   </span><br />
À l&#8217;inverse,<strong> les périodes de prospérité économique ont pour effet de «<code> </code>centriser<code> </code>», </strong><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/cellule-arrondie3.jpg" title="cellule-arrondie3.jpg" alt="cellule-arrondie3.jpg" align="left" hspace="10" vspace="10" /><strong>d&#8217;arrondir la cellule</strong>, traduisant ainsi le gonflement de la classe moyenne. Les Trente Glorieuses en sont un parfait exemple<code> </code>: dès le début des années<code> </code>60, l&#8217;«<code> </code>étirement<code> </code>» communiste n&#8217;est plus que de pure forme (personne ne pense sérieusement que les communistes vont prendre le pouvoir) et tout tourne autour d&#8217;un centre qu&#8217;il faut conquérir. Cette «<code> </code>centrisation<code> </code>» de la vie politique atteindra son apogée sous Giscard d&#8217;Estaing, qui souhaitait rassembler au centre «<code> </code>deux Français sur trois<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et aujourd’hui<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis une trentaine d&#8217;années, nous avons été témoins de la <strong>croissance continue d&#8217;une «<code> </code>société inégalitaire<code> </code>»</strong>. Nous avons abordé et analysé ce phénomène dans de nombreux billets (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/" target="_blank">2009<code> </code>: à l’heure du bilan</a></em> ou <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/" target="_blank">Prends l’oseille et tire-toi</a></em>) et nous n&#8217;en traiterons ici que sous un seul angle<code> </code>: <strong>sa traduction politique et son influence sur la forme de la «<code> </code>cellule<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cadre de ce que l&#8217;on pourrait appeler l&#8217;effondrement progressif de la classe moyenne, nous avons assisté à <strong>deux évolutions principales</strong> et quasi-parallèles<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>l&#8217;écroulement de la gauche communiste</strong>, miroir de la dégringolade, puis de la disparition, de l&#8217;URSS.<br />
À première vue, cet écroulement peut sembler paradoxal<code> </code>: alors que les inégalités croissaient, on aurait dû assister à une poussée sur le flanc gauche de la cellule. Tel n&#8217;a pas été le cas, mais uniquement en apparence<code> </code>: d&#8217;une part on a vu surgir d&#8217;importantes excroissances à l&#8217;extrême-gauche dans les années<code> </code>80 (Action directe par exemple), mais qui n’ont eu aucune traduction électorale, d&#8217;autre part&#8230; voir ci-dessous ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le gonflement de l&#8217;extrême-droite qui a absorbé la poussée que l&#8217;on aurait dû observer à gauche</strong>. Dans les années<code> </code>80 et 90, cette extrême-droite lepéniste a prospéré sur une idée simple, voire simpliste<code> </code>: «<code> </code>si tout va mal, c&#8217;est de la faute aux immigrés, aux Noirs et aux Arabes.<code> </code>»<br />
Le Pen a ainsi permis de faire diversion, en canalisant contre les immigrés le ressentiment qui aurait dû s&#8217;exercer contre la «<code> </code>nouvelle aristocratie<code> </code>» qui se constituait aux dépens de la classe moyenne. <strong>La cellule a donc enflé à l&#8217;extrême-droite de<code> </code>1980 à 2000 </strong>(environ),<strong> sans grossir significativement du côté opposé.</strong> Point d&#8217;orgue de cette évolution<code> </code>: en avril<code> </code>2002, Le Pen accède au second tour de l&#8217;élection présidentielle.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>À droite toute<code> </code>!</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour les dirigeants de la droite traditionnelle, plus ou moins gaullistes, type Chirac, pas question d&#8217;aller s&#8217;accoquiner avec ou d&#8217;employer la rhétorique utilisée par les héritiers du pétainisme et de l&#8217;OAS. <strong>Sarkozy n&#8217;a pas eu de tels scrupules<code> </code>: voyant la cellule prendre une forme torique avec une hypertrophie prononcée à la droite de la droite, il a axé sa campagne de<code> </code>2007 sur des «<code> </code>valeurs<code> </code>» de type sécurité, anti-immigration et travail.</strong><br />
<span>   </span><br />
L&#8217;inégalité ayant continué de croître dans la société française durant sa présidence, nul doute que cette composante «<code> </code>extrême-droite<code> </code>» du tore a continué de gonfler depuis<code> </code>2007.<br />
<span>   </span><br />
Il y a donc fort à parier qu’en<code> </code>2012, la campagne de Nicolas Sarkozy sera positionnée encore plus à droite, calquée sur les thèmes de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» que nous avons analysés dans les trois précédents billets (voir <em>Les 12<code> </code>péchés capitaux <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">1<sup>re</sup></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/" target="_blank">2<sup>e</sup></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/15/les-12-peches-capitaux-3e-partie/" target="_blank">3<sup>e</sup></a> parties</em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et la gauche<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis le milieu des années 80, la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» n’a cessé</strong>, au nom d’un principe de «<code> </code>réalité<code> </code>»,<strong> de déplacer vers la droite son centre de gravité idéologique</strong>. Ce faisant, elle s’est retrouvée dans une zone de plus en plus mince de la cellule.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Centrisé<code> </code>», Jospin n’accède pas au second tour de l’élection présidentielle de<code> </code>2002. En<code> </code>2007, Ségolène Royal échoue largement devant Sarkozy après s’être fait sérieusement tailler des croupières par Bayrou au premier tour. Pourquoi<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En acceptant les fondements et les dogmes du capitalisme libéral («<code> </code>c’est le seul moyen de créer de la richesse<code> </code>», «<code> </code>il n’y a pas d’autre solution sur le plan économique<code> </code>»…) et en ne proposant que des «<code> </code>aménagements<code> </code>» à ce système, du type «<code> </code>atténuation des effets les plus dommageables<code> </code>»,<strong> la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» s’est progressivement vidée de sa substance</strong> et n’apparaît plus que comme l’aile gauche d’un vaste conglomérat libéral (au sens français du terme, c’est-à-dire conservateur) où elle porterait un message de <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Compassionate_conservatism" target="_blank">compassionate conservatism</a></em>, pour reprendre la terminologie américaine. Son message implicite<code> </code>: «<code> </code>il n’y a pas d’avenir à la gauche de la cellule, dans la partie gauche du tore. Les élections se gagnent au centre, et notamment au centre-droit.<code> </code>» Manuel Valls est le porte-parole le plus emblématique de cette tendance.<br />
<span>   </span><br />
Plus généralement, <strong>la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» a encore une vision «<code> </code>demi-camembert<code> </code>» de la société politique française et des rapports de force existants</strong>. Elle se bat pour «<code> </code>gagner au centre<code> </code>» alors que, comme nous allons le voir, la cellule a définitivement pris la forme d’un tore ouvert, gonflé aux extrémités et rétréci au centre.<br />
<span>   </span><br />
Depuis 5 ou 10<code> </code>ans, en marge de la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» ou parlementaire, <strong>la partie gauche du tore s’est progressivement renforcée et peuplée</strong><code> </code>: écologistes, partisans de la démondialisation, anti-G7 ou anti-G10 et, plus récemment, «<code> </code>indignés<code> </code>», militants anti-banques, sans oublier le Front de gauche qui s’est constitué sur les ruines du parti communiste.<br />
<span>   </span><br />
On observe également – phénomène assez récent – un <strong>très fort repli du «<code> </code>tore ouvert<code> </code>» qui peut aller, dans certains cas, jusqu’à mettre en contact les extrémités gauche et droite de ce tore</strong><code> </code>: sur la page d’accueil du site Internet du Front national, la propagande anti-immigré se fait très discrète alors que les «<code> </code>ravages de l’ultra-libéralisme<code> </code>» sont dénoncés. Le discours antimondialisation, anti-banques, anti-européen… y est omniprésent, thèmes que l’on retrouve chez les indignés ou au Front de gauche. La rupture sémantique entre «<code> </code>Jean-Marie<code> </code>» et «<code> </code>Marine<code> </code>» est une réalité, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le parti d’extrême-droite.<br />
<span>   </span><br />
N’en déduisez surtout pas hâtivement que ces deux extrêmes se sont rejoints dans un même combat. Si le diagnostic peut être identique sur certains sujets, <strong>la méthode pour résoudre les problèmes de l’heure est radicalement opposée</strong><code> </code>: pour l’extrême-droite, la méthode autoritaire (un «<code> </code>bon chef<code> </code>», auquel on donne beaucoup – si ce n’est tous – de pouvoirs) est privilégiée, alors que les «<code> </code>indignés<code> </code>» réclament à l’inverse plus de démocratie et de pouvoir direct au peuple.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Stratégies pour 2012</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Sur la base de cette analyse, quelles stratégies pour 2012<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Nous avons exposé plus haut ce que devrait être celle de <strong>Nicolas Sarkozy</strong>. Elle comporte une faille, dont on ne peut dire aujourd’hui si elle est de taille<code> </code>: les «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» visent à séduire l’électorat traditionnel du FN, mais sont en rupture avec le nouveau positionnement de Marine Le Pen.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon</strong>, tous deux aux extrémités du tore ouvert, <strong>vont chercher</strong> – bien qu’ils s’en défendent – <strong>à «<code> </code>aspirer<code> </code>» la partie du tore ouvert qui leur est opposée</strong>. Le phénomène sera-t-il marginal ou assistera-t-on à un véritable transfert des intentions de vote et des suffrages, dans un sens impossible à déterminer aujourd’hui<code> </code>? À suivre…<br />
<span>   </span><br />
<strong>François Hollande se trouve, selon nous, dans une position bien plus délicate que ce qu’annoncent les sondages</strong>. «<code> </code>Centrisé<code> </code>», taxé de «<code> </code>représentant de la gauche molle<code> </code>», il a multiplié les déclarations mi-chèvre mi-chou (sur le nucléaire, par exemple) qui n’ont fait que renforcer cette impression.<br />
<span>   </span><br />
<strong>S’il persiste dans cette voie médiane, il va voir ses intentions de vote fondre comme neige au soleil</strong>, au profit de Mélenchon… et de tous les autres. Au risque de lasser, répétons-le une fois de plus<code> </code>: <strong>il y a de moins en moins d’électeurs au centre</strong> et, tant qu’à voter pour un centriste, les électeurs qui se trouvent encore à cet endroit du tore ouvert préféreront voter pour un centriste «<code> </code>estampillé<code> </code>», type Bayrou ou Morin.<br />
<span>   </span><br />
En conclusion – très provisoire – <strong>les jeux sont sans doute beaucoup plus ouverts que ce que nous annoncent aujourd’hui les médias</strong>. Selon nous, <strong>ce sont les candidats qui seront perçus comme proches de chaque extrémité du tore ouvert qui devraient bien tirer leur épingle du jeu</strong>… voire créer la surprise.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et après<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Limitons-nous aujourd’hui aux <strong>deux hypothèses</strong>, actuellement (nous insistons sur le mot «<code> </code>actuellement<code> </code>») privilégiées par les médias.<br />
<span>   </span><br />
Réélu, Sarkozy devrait continuer et accélérer sur la voie qu’il poursuit depuis cinq ans, celle d’une <strong>démocratie autoritaire, «<code> </code>à la Poutine<code> </code>»</strong>. Résolument placé à l’extrémité droite du tore ouvert, il proposera probablement des <strong>postes de ministres à des frontistes «<code> </code>fréquentables<code> </code>»</strong>, afin de s’efforcer de contrôler un allié devenu (trop<code> </code>?) puissant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Élu, Hollande devrait se trouver dans une situation plus difficile, à moins qu’il ne se soit déplacé vers l’extrémité gauche du tore ouvert</strong> durant la campagne présidentielle et s’y maintienne ensuite, en ouvrant largement son gouvernement au Front de gauche, écologistes et consorts, et en mettant effectivement en œuvre une politique conforme aux vœux de cet électorat.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cas contraire, il se trouvera pris en sandwich entre les deux extrémités du tore ouvert et «<code> </code>explosera en vol<code> </code>», probablement sous la pression de la rue, laquelle sera à la recherche de solutions beaucoup plus tranchées.<br />
<span>   </span><br />
Dans un récent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/11/pauvre-france/" target="_blank">Pauvre France</a></em>), nous avions effectué un parallèle entre la situation actuelle de la France et celle de la république de Weimar. Démocratie «<code> </code>à la Poutine<code> </code>» d’un côté, république de Weimar de l’autre si le candidat de gauche élu à la Présidence adopte une politique «<code> </code>centriste<code> </code>», <strong>la voie est en tout cas extrêmement étroite si l’on souhaite éviter le futur – statistiquement – le plus probable<code> </code>: une régression démocratique majeure</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux (3e partie)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/15/les-12-peches-capitaux-3e-partie/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/10/15/les-12-peches-capitaux-3e-partie/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 19:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Troisième et dernier volet de notre série d’articles consacrée aux « 12 propositions pour 2012 », préparées par la « droite populaire » à l’intention de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle.
   
Comme dans le billet précédent, rappelons que ces « 12 propositions » doivent être [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
Troisième et dernier volet de notre série d’articles consacrée aux «<code> </code>12<code> </code>propositions pour 2012<code> </code>», préparées par la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» à l’intention de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
Comme dans le billet précédent, rappelons que <strong>ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: tout ce que Sarkozy va promettre, c’est tout ce sur quoi il a échoué ou tout ce qu’il est allé chercher dans le programme du Front national</strong> afin d’essayer d’être réélu.<br />
<span>   </span><br />
Analysons donc les quatre dernières propositions, afin de compléter les billets des semaines précédentes (voir ceux du <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">2<code> </code>octobre</a> et du <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/" target="_blank">9<code> </code>octobre</a>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>9 – Renforcer les contrôles face à l’immigration et promouvoir le co-développement avec les pays du Sud</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Taper sur l’Arabe et cogner sur le Noir, ça marche toujours quand il s’agit d’aller chercher des voix du côté du Front national… Sur un mode mi-polémique mi-humoristique, on pourrait se demander ce que f… le gouvernement depuis cinq ans en matière de «<code> </code>contrôle face à l’immigration<code> </code>» (notez bien l’emploi du terme «<code> </code>face à<code> </code>» au lieu de «<code> </code>de<code> </code>»<code> </code>: rien n’est laissé au hasard dans la rhétorique sarkozyste).<br />
<span>   </span><br />
Une conclusion s’impose<code> </code>: depuis<code> </code>2009, le ministère de l’Intérieur est sous l’influence de deux altermondialistes, Brice Hortefeux et Claude Guéant, qui supportent en sous-main les immigrés clandestins. Et, avant<code> </code>2007, qui occupait le poste place Beauvau<code> </code>? De<code> </code>2002 à<code> </code>2004 puis de<code> </code>2005 à<code> </code>2007, un certain Nicolas Sarkozy. Six ans d’un «<code> </code>trio de choc<code> </code>» et il faut encore «<code> </code>renforcer les contrôles face à l’immigration<code> </code>»<code> </code>! Ces gens-là sont des incapables… ou plutôt <strong>des démagogues qui n’hésitent pas à jouer constamment sur la peur de l’autre pour aller à la chasse aux voix</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>10 – Promouvoir la laïcité et la république et lutter contre les communautarismes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Rappelez-vous<code> </code>: le 20<code> </code>décembre 2007, rendant visite au Pape à Rome, Sarkozy avait déclaré que «<code> </code>Dans la transmission des valeurs et dans l&#8217;apprentissage de la différence entre le Bien et le Mal, <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2007/allocution-de-m-le-president-de-la-republique.7012.html" target="_blank">l&#8217;instituteur ne pourra jamais remplacer le curé</a>…<code> </code>». Belle déclaration de promotion de la laïcité et de la république. Grande finesse politique aussi, qui consiste à <strong>déterrer une hache de guerre vieille d’un siècle pour aller chercher des voix auprès de l’extrême-droite catholique</strong>, tendance Opus Dei ou Fraternité sacerdotale Saint Pie<code> </code>X.<br />
<span>   </span><br />
Quant au communautarisme et aux communautés, le Prince-Président se mélange allègrement les pinceaux lorsqu’il s’agit de définir une position, comme lors du discours qu’il a prononcé cette année, le 9<code> </code>février, lors du <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/diner-annuel-du-crif-retrouvez-le-discours-du.10628.html?search=communaut%C3%A9s&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=8" target="_blank">dîner annuel du CRIF</a> (Conseil représentatif des institutions juives de France)<code> </code>:</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">il commence par déclarer que «<code> </code>devant l&#8217;Histoire de notre pays, il n&#8217;existe pas de communautés…<code> </code>». Suit une liste de références historiques (Saint Hilaire de<code> </code>Poitiers, Salomon de Troyes…) dont le non-lecteur de <em>La Princesse de Clèves</em> ignore probablement tout. Heureusement, il y a encore quelques Normaliens pour rédiger des discours présidentiels (pour      mémoire, en des temps aujourd’hui révolus, ces Normaliens étaient Présidents, évitant ainsi que l’inculture ne frappe l’État à la tête. Passons…)<code> </code>;</li>
<li class="MsoNormal">il ajoute ensuite que «<code> </code>la communauté juive française est la communauté juive la plus importante d&#8217;Europe<code> </code>» et qu’il a «<code> </code>engagé un programme de sécurisation de bâtiments appartenant à la communauté juive<code> </code>». Encore un pas et il va évoquer les «<code> </code>biens juifs<code> </code>» et les «<code> </code>terres juives<code> </code>»…</li>
</ul>
<p class="MsoNormal">Un mois auparavant, le 9<code> </code>janvier, à l’occasion de la présentation des <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/le-discours-des-voeux-du-president-a-la-france.10396.html?search=communaut%C3%A9&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=5" target="_blank">vœux à la France d’Outre-mer</a>, Sarkozy rappelait qu’il avait «<code> </code>tenu à nommer auprès du représentant de l&#8217;État un sous-préfet issu de la communauté kanak<code> </code>». Deux jours plus tôt, dans ses <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/les-voeux-du-president-aux-autorites-religieuses.10366.html?search=communaut%C3%A9&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=6" target="_blank">vœux aux autorités religieuses</a>, il mentionnait la «<code> </code>communauté musulmane de France<code> </code>». On pourrait multiplier les exemples comme des pains ou des poissons…<br />
<span>   </span><br />
<strong>La première chose que pourrait faire un Président responsable qui prétend «<code> </code>lutter contre les communautarismes<code> </code>», c’est</strong> de ne pas mentionner à tout bout de champ les «<code> </code>communautés<code> </code>», <strong>de ne pas se comporter comme un chef de produit marketing qui segmente son marché sur ce critère</strong>.<br />
<span>   </span></p>
<p align="left"> Ce n’est pas lui intenter un mauvais procès ou proférer une injure que de dire que Sarkozy a, en définitive, une <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/identification-form.jpeg" title="identification-form.jpeg" alt="identification-form.jpeg" align="left" height="209" hspace="10" vspace="10" width="279" />approche anglo-saxonne de la nation<code> </code>: pour lui, elle est une juxtaposition de communautés (caucasiens, asiatiques, noirs, latinos… pour reprendre la classification américaine). En tant que Président de la République, il estime que son objectif est de bien doser les signes de reconnaissance aux uns et aux autres, ce qui lui permet au passage de gagner le vote de telle ou telle communauté.</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Ce faisant, <strong>le communautarisme en sort renforcé car le chef de l’État s’adresse à des catégories de Français qu’il définit avant tout par une spécificité religieuse ou raciale</strong>. C’est une coupure totale avec la tradition républicaine qui refuse de compartimenter les Français, de s’adresser différemment à eux en fonction de leur origine.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>11 – S’opposer au droit de vote et d’éligibilité des étrangers<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Il est intéressant de noter à quel point, dans ses dernières suggestions, <strong>la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» joue de la surenchère par rapport au Front national</strong><code> </code>: à travers ces propositions risibles transparaît la crainte de Sarkozy d’être débordé à droite, de ne pas réussir à nouveau le «<code> </code>coup<code> </code>» de<code> </code>2007 où il avait, dès le premier tour, «<code> </code>aspiré<code> </code>» les voix du Front national.<br />
<span>  </span><br />
Est-il nécessaire d’analyser et de commenter sur le fond cette «<code> </code>proposition<code> </code>», tant elle est nulle, étymologiquement parlant<code> </code>? Rappelons que les seuls étrangers ayant droit de vote en France sont les ressortissants de l’Union européenne à l’occasion des élections européennes et municipales (mais ils ne peuvent pas être élus maire ou adjoint au maire).<br />
<span>   </span><br />
De temps à autre, on voit surgir quelques propositions pour que celles et ceux qui ne possèdent pas la nationalité française mais résident durablement en France puissent voter aux élections municipales. Sur le fond, ces propositions peuvent s’appuyer sur des arguments recevables mais elles se heurtent à un <strong>obstacle juridique de taille</strong>, que rappellerait très probablement le Conseil constitutionnel dans l’hypothèse où une proposition de ce type deviendrait loi<code> </code>: les maires et leurs adjoints élisent les sénateurs qui, à leur tour, votent les lois et peuvent modifier la Constitution lorsqu’ils sont réunis en Congrès. Cette expression de la «<code> </code>souveraineté nationale<code> </code>» ne pourrait être déléguée, même indirectement (c’est-à-dire à travers l’élection indirecte des sénateurs par les citoyens), à des résidents qui n’ont pas la nationalité française.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>12 – Refuser la légalisation du cannabis et de toutes les drogues</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Autre proposition racoleuse de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» qui s’insurge contre les «<code> </code>salles de shoot<code> </code>». On voit là l’intention nette de polémiquer afin de pouvoir lancer, dans un débat télévisé<code> </code>: «<code> </code>M.<code> </code>X., êtes-vous pour ou contre les salles de shoot<code> </code>?  Êtes-vous prêt à dire aux Français que vous allez en ouvrir une en bas de leur immeuble<code> </code>? »<br />
<span>   </span><br />
<strong>Polémique minable qui permet d’éviter les sujets de fond<code> </code></strong>: pourquoi se drogue-t-on<code> </code>? Quels liens entre consommation de drogue et absence de perspectives dans sa vie<code> </code>? Quid de l’alcoolisme, en hausse constante chez les moins de 25<code> </code>ans, mais qui ne fait l’objet d’aucune dénonciation de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» car entretenu par le lobby agro-alimentaire et pinardier<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Ces dernières propositions, toutes plus populistes les unes que les autres, signent une <strong>évolution structurelle d’une partie croissante de la droite française et de la société française vers l’«<code> </code>extrême-droitisation<code> </code>»</strong>. Pourquoi<code> </code>? Quelles conséquences pour<code> </code>2012, et après<code> </code>? Comment, de son côté, évolue la gauche<code> </code>? Quel est le positionnement des candidats par rapport à ces évolutions<code> </code>? C’est ce que nous analyserons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux (2e partie)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 09 Oct 2011 12:28:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Avant de démarrer la lecture ce billet, rappelons brièvement son « mode d’emploi ».
   
Il y a quelques jours, la « droite populaire » a publié ses « 12 propositions pour 2012 » qui devraient constituer les thèmes prioritaires du programme de Sarkozy lors de l’élection présidentielle.
   
Comme nous l’indiquions dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
Avant de démarrer la lecture ce billet, rappelons brièvement son «<code> </code>mode d’emploi<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Il y a quelques jours, la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» a publié ses « <a href="http://www.ladroitepopulaire.com/2011/09/27/droite-populaire-12-propositions-pour-2012/" target="_blank">12<code> </code>propositions pour<code> </code>2012</a><code> </code>» qui devraient constituer les thèmes prioritaires du programme de Sarkozy lors de l’élection présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
Comme nous l’indiquions dans le précédent billet, ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: <strong>tout ce que Sarkozy va promettre, c’est tout ce sur quoi il a échoué… ou tout ce qu’il est allé emprunter dans le programme du Front national</strong> pour essayer de ne pas être «<code> </code>déshabillé à droite<code> </code>». La semaine dernière, nous avons décortiqué les <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">quatre premières</a> de ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>». Passons maintenant à la suite.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>5 – Lutter contre la dette et les déficits publics</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Lorsque Nicolas Sarkozy est devenu Président de la République, en avril<code> </code>2007, la France cumulait (fin<code> </code>2006) 1<code> </code>152<code> </code>milliards de dette publique. Cinq ans plus tard, fin<code> </code>2011, cette dette sera de l’ordre de 1<code> </code>750<code> </code>milliards d’euros, soit <strong>598<code> </code>milliards d’euros de dette supplémentaire en cinq ans, durant la présidence Sarkozy</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Donnons quelques ordres de grandeur pour mieux apprécier l’exploit du Prince-Président<code> </code>: <strong>chaque jour de sa présidence, Sarkozy a endetté la France de 327<code> </code>millions d’euros</strong><code> </code>; chaque heure de sa présidence, il l’a endettée de près de 14<code> </code>millions d’euros<code> </code>; chaque seconde de sa présidence, il l’a endettée de près de 3<code> </code>800<code> </code>euros…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Au championnat de France de l’aggravation de la dette, Sarkozy emporte haut la main la médaille d’or</strong><code> </code>: chaque année de son mandat, la dette publique s’est aggravée de près de 120<code> </code>milliards d’euros. À titre de comparaison, le chiffre était de 44<code> </code>milliards par an lors des présidences Chirac (1995-2007), d’un peu moins de 40<code> </code>milliards par an sous les présidences Mitterrand.<br />
<span>   </span><br />
Beau résultat pour cet athlète qui <a href="http://opinionpolitique.canalblog.com/archives/2007/04/20/4685058.html" target="_blank">déclarait</a> en<code> </code>2007<code> </code>: «<code> </code>La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier… mon projet concilie trois objectifs<code> </code>: engager les réformes dont notre pays a besoin, baisser les impôts, réduire la dette et le déficit.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Ne manquait alors que raser gratis… Prétendre aujourd’hui lutter contre la dette avec un tel palmarès est totalement ridicule… d’autant que, là encore, Sarkozy a une guerre de retard. Comme nous l’avions exposé dès mai<code> </code>2010 dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank">Fourches caudines ou tango argentin</a></em>, notre dette n’est plus aujourd’hui remboursable en l’état<code> </code>: <strong>c’est une solution «<code> </code>à l’argentine<code> </code>» qu’il faut avoir maintenant le courage d’oser mettre en œuvre</strong>, au lieu de se comporter comme un enfant qui promet à ses parents qu’il ne recommencera pas les bêtises accumulées depuis cinq ans.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>6 – Renforcer la sécurité des Français et l’autorité de la justice nationale</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour aller chasser sur les terres du Front national, le Prince-Président nous ressert la même antienne qu’il y a cinq ans, avec une différence de taille<code> </code>: dans l’intervalle, la «<code> </code>réforme de la justice<code> </code>» version Dati-Sarkozy est passée par là, avec ses fermetures de tribunaux et une <strong>volonté systématique, délibérée, de mettre les magistrats plus bas que terre, de les soumettre totalement à l’exécutif</strong> et, en ce qui concerne notamment la justice pénale, d’en faire de simples supplétifs de la police.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions consacrer plusieurs billets à l’état de la justice en France. <a href="https://wcd.coe.int/wcd/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&amp;InstranetImage=1836574&amp;SecMode=1&amp;DocId=1652980&amp;Usage=2" target="_blank">Deux chiffres</a> résument la situation<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le nombre de juges pour 100<code> </code>000<code> </code>habitants</strong><code> </code>: il <strong>est inférieur à<code> </code>12 en France, ce qui nous place juste derrière Chypre et la Moldavie</strong>, loin derrière l’Allemagne qui en compte plus de<code> </code>24<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">• le budget alloué par habitant à l’ensemble des tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire<code> </code>: il est de moins de 58<code> </code>euros par habitant en France, au lieu de 72 en Italie, 86 en Espagne… et 115 aux Pays-Bas.</p>
<p class="MsoNormal">Un point très significatif doit de plus être noté <strong>dans le programme de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>»<code> </code>: pas un mot sur la délinquance en col blanc ou la délinquance financière</strong>. La seule mention portant sur le contentieux civil concerne les divorces par consentement mutuel, les litiges concernant le surendettement et les crédits à la consommation que la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» souhaite «<code> </code>déjudiciariser<code> </code>». En d’autres termes, laisser la loi du plus fort s’appliquer dès que le citoyen est fragilisé dans un des trois cas cités ci-dessus… tout cela sous prétexte d’«<code> </code>efficacité<code> </code>» de la justice.<br />
<span>   </span><br />
De telles propositions peuvent sembler ridicules, voire caricaturales. N’en croyez rien<code> </code>: sous prétexte de faire appel au «<code> </code>bon sens populaire<code> </code>», elles servent à merveille <strong>l’intérêt des lobbies qui souhaitent remplacer la loi par le contrat, le jugement par la transaction</strong>, sous couvert du «<code> </code>respect de la liberté individuelle<code> </code>» ou de la «<code> </code>liberté de choix<code> </code>». De plus, elles visent à faire évoluer structurellement le rôle de l’État vers une fonction purement sécuritaire et de maintien de l’ordre social (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">«<code> </code>Communication sécuritaire<code> </code>» et évolution du rôle de l’État</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>7 – Adapter et améliorer la qualité des services publics<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Ne pouffez pas<code> </code>! Le Président qui a tout fait pour «<code> </code>flinguer<code> </code>» l’Éducation nationale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a></em>), la justice, l’armée et la plupart des services publics demande maintenant un «<code> </code>renforcement des effectifs et des moyens de police, de gendarmerie et de la justice<code> </code>» ainsi que la «<code> </code>présence d’au moins un relais des services publics par canton<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Tout cela est totalement incohérent, contradictoire avec la promesse de lutte contre les déficits publics et, une fois de plus, <strong>diamétralement opposé à ce qu’a fait Sarkozy depuis cinq ans</strong>, en mettant en œuvre une politique systématique de privatisation et de «<code> </code>largage<code> </code>» des services publics.<br />
<span>   </span><br />
CRS, juges ou titulaires des palmes académiques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés<code> </code>: nous vous proposons de relire le billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/2/" target="_blank">Du pain sur la planche</a></em> paru en février<code> </code>2011<code> </code>; il montre comment <strong>tous ont compris que l’objectif de l’équipe en place était d’opérer le démantèlement de l’État-nation, tous – quelle que soit leur étiquette politique – s’opposent au «<code> </code>bradage<code> </code>»</strong> de ce qui, depuis plus de mille ans, a contribué à construire la France.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>8 – Promouvoir une France indépendante dans une Europe forte<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Venant de celui qui a initié le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, qui – à peine élu - est allé passer ses vacances aux États-Unis afin de prêter allégeance à son suzerain d’alors, George Bush, et qui s’est ensuite comporté comme un bon petit élève de l’atlantisme, la «<code> </code>proposition<code> </code>» est particulièrement croustillante.<br />
<span>   </span><br />
Pour Sarkozy, il est aujourd’hui trop facile – et surtout trop caricatural – de jouer les patriotes en multipliant les mouvements de menton et les déclarations fracassantes. <strong>Dans le domaine de la défense, Sarkozy s’est aligné sans barguigner sur un axe américano-israélien. Dans le domaine économique, a-t-il mis en œuvre une quelconque esquisse de protectionnisme au niveau français<code> </code>?</strong> A-t-il plaidé pour mettre en place un protectionnisme européen, afin d’éviter de voir nos emplois, industriels notamment, filer en Asie<code> </code>? Rien de tout cela…<br />
<span>   </span><br />
Comme les autres propositions, celle-ci sonne donc diablement creux. Pour être perçue comme crédible, il va falloir que la cellule communication de l’Élysée, relayée par des médias «<code> </code>compréhensifs<code> </code>», «<code> </code>mette le paquet<code> </code>» afin de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Nous analyserons dans un prochain billet les quatre dernières propositions sur lesquelles Sarkozy ne manquera pas de s’appuyer pour conserver son fauteuil élyséen. Mais, à ce stade de l’analyse, on comprend mieux que même des électeurs et sympathisants de l’UMP se demandent ce que cette présidence a apporté de positif à la France et aux Français, et si Sarkozy est vraiment le meilleur candidat de la droite pour<code> </code>2012…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 23:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À moins de huit mois de l&#8217;échéance électorale de la présidentielle, j&#8217;avais en projet de rédiger un bilan de la présidence Sarkozy. Mais par où commencer ? L&#8217;œuvre de notre Prince-Président est tellement vaste, son hyper-présidence tellement protéiforme, qu&#8217;il m&#8217;était bien difficile de trouver un fil [...]]]></description>
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<p><span>   </span><br />
À moins de huit mois de l&#8217;échéance électorale de la présidentielle, j&#8217;avais en projet de rédiger un <strong>bilan de la présidence Sarkozy</strong>. Mais par où commencer<code> </code>? L&#8217;œuvre de notre Prince-Président est tellement vaste, son hyper-présidence tellement protéiforme, qu&#8217;il m&#8217;était bien difficile de trouver un fil conducteur…<br />
<span>   </span><br />
Et puis, aubaine, la «<code> </code>Droite populaire<code> </code>» (oh<code> </code>! le bel oxymore<code> </code>!), un <em>think-tank</em> chargé de prolonger de cinq ans le bail de Sarkozy à l&#8217;Élysée, a publié les «<code> </code><a href="http://www.ladroitepopulaire.com/2011/09/27/droite-populaire-12-propositions-pour-2012/" target="_blank">12<code> </code>propositions pour<code> </code>2012</a> » qui devraient constituer l’ossature des thèmes et des discours de Sarkozy dans les prochains mois.<br />
<span>   </span><br />
Comme on va le voir, <strong>ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: tout ce que Sarkozy va promettre, c&#8217;est tout ce sur quoi il a échoué… ou tout ce qu&#8217;il est allé emprunter dans le programme du Front national</strong> pour essayer de se faire réélire. Donc un grand merci à la «<code> </code>Droite populaire<code> </code>» pour m&#8217;avoir fourni le fil conducteur de ce billet<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Celui-ci ne se poursuivra pas toujours sur un ton aussi badin ou léger. Il ne peut pas l&#8217;être quand on constate combien cette présidence a abimé la France, appauvri et divisé les Français, sali les concepts de république et de démocratie.<br />
<span>   </span><br />
Commençons donc ce chemin de croix en Sarkoland, qui va nous révéler un à un - pour prolonger cette métaphore du Nouveau Testament - les 12<code> </code>péchés capitaux de cette présidence.<br />
<span>   </span><br />
Les titres qui suivent, numérotés, sont ceux des «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>», repris à l’identique pour calquer notre analyse sur ces propositions.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>1 - Garantir la justice sociale</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>«<code> </code>Plus c&#8217;est gros, mieux ça passe<code> </code>»</strong><code> </code>: Sarkozy a fait sien ce dicton en plaçant la lutte contre les inégalités en tête de ses priorités. Déjà Chirac avait été élu en dénonçant la «<code> </code>fracture sociale<code> </code>» avant de s&#8217;empresser de ne rien faire pendant une douzaine d&#8217;années. Mais les rois fainéants causent rarement des dégâts irrémédiables<code> </code>: leur inaction peut être préjudiciable, elle est rarement fatale.<br />
<span>   </span><br />
Rien de tel avec Sarkozy. Moins de trois mois après son élection, il a fait voter une <strong>série de mesures «<code> </code>pro-Neuilly<code> </code>»</strong> (abaissement à 50<code> </code>% du bouclier fiscal, exonérations fiscales sur les dons d’argent, sur les successions, revalorisation de l’abattement sur la résidence principale dans le cadre de l’ISF…) <strong>dont le principal effet a été d&#8217;accélérer la concentration de la richesse</strong>. Résultat<code> </code>: quatre ans après le début de son mandat, les inégalités se sont nettement accrues, la classe moyenne s&#8217;est paupérisée et le nombre de pauvres «<code> </code>officiels<code> </code>» atteint un nouveau record (pour une analyse plus détaillée, voir notre récent billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/3/" target="_blank"><em>Pauvre France</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
En avançant une telle proposition, <strong>Sarkozy va essayer de nous «<code> </code>refaire le coup<code> </code>» du «<code> </code>J&#8217;ai changé<code> </code>»</strong> qu&#8217;il claironnait déjà dans tous ses meetings en<code> </code>2007. Comme un enfant immature qui essaie de persuader ses parents et son entourage qu&#8217;il est enfin devenu adulte, Sarkozy va, une fois encore, essayer de persuader les Français qu&#8217;il a «<code> </code>compris leur détresse<code> </code>», qu&#8217;il «<code> </code>partage leurs préoccupations<code> </code>»… et autres fadaises du même type.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2 - Accroître la lutte contre les fraudes et l&#8217;assistanat</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dès sa deuxième proposition, le duo Sarkozy-UMP emprunte à la rhétorique du FN en déclarant la «<code> </code>chasse aux fraudeurs<code> </code>» et aux «<code> </code>mauvais Français<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Quelle réalité derrière cette affirmation<code> </code>? Qui sont ces fameux «<code> </code>fraudeurs<code> </code>»<code> </code>? Si l&#8217;on examine le très officiel<a href="http://www.budget.gouv.fr/files/bilan-dnlf-2010.pdf" target="_blank"> bilan<code> </code>2010 de la lutte contre la Fraude</a> dressé par le ministère du Budget, on s’aperçoit que<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux prestations familiales est de l’ordre de 674<code> </code>millions d’euros par an, soit 1,13<code> </code>% du montant des prestations versées<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux douanes est nettement plus importante<code> </code>: presque 3<code> </code>milliards d’euros par an<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux cotisations sociales pour travail dissimulé bat tous les records<code> </code>: 15 à 19<code> </code>milliards d’euros par an, soit 6 à 7,5<code> </code>% du montant des cotisations sociales versées par les entreprises.</p>
<p>Conclusion<code> </code>: <strong>les fraudeurs</strong> ne sont pas ceux que l’on croit. Ce <strong>sont majoritairement des entreprises</strong>, notamment dans les secteurs du BTP et de la restauration (voir p.<code> </code>30 du rapport), cette fraude trouvant de surcroît un terrain favorable «<code> </code><strong>du fait… des faux indépendants, des faux stagiaires et de l’emploi abusif du régime des auto-entrepreneurs</strong><code> </code>» nous dit le même rapport.<br />
<span>   </span><br />
Pour mémoire, <strong>l’auto-entreprenariat</strong> est une glorieuse invention de l’ère Sarkozy qui <strong>a permis à nombre de grands groupes d’«<code> </code>externaliser<code> </code>» des wagons de collaborateurs</strong> (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/2/" target="_blank"><em>L’effet pervers</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Quant aux «<code> </code><strong>faux stagiaires</strong><code> </code>», ils <strong>pullulent dans les grandes entreprises</strong> où la quasi-totalité des services sont «<code> </code>sous-staffés<code> </code>». Pour pallier la main d’œuvre manquante, ces entreprises emploient des kyrielles de stagiaires qui, pour une fraction du SMIC, permettent de colmater les brèches tout en permettant de «<code> </code>maîtriser la masse salariale<code> </code>», pour employer le jargon politiquement correct en usage dans ce milieu.<br />
<span>   </span><br />
En fait, en lançant une chasse aux sorcières «<code> </code>contre les fraudes et l’assistanat<code> </code>» (remarquez comme la conjonction des deux termes est loin d’être anodine…), <strong>il s&#8217;agit pour Sarkozy d&#8217;entretenir un fantasme dans les classes populaires et moyennes, celui du «<code> </code>chômeur fraudeur aux allocations<code> </code>» qui profite du système</strong> alors que «<code> </code>les bons Français triment dur<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>La démonstration n&#8217;est jamais étayée par des chiffres ou des statistiques</strong> (ceux-ci montrent - voir ci-dessus - que le phénomène est marginal) mais par des exemples individuels, sortis de leur contexte, déformés, caricaturés ou amplifiés quand ils ne sont pas carrément fictifs. Comptons, au sein de l&#8217;équipe Sarkozy, sur Laurent Wauquiez, l&#8217;éternel ministre des classes moyennes (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/3/" target="_blank">ce billet</a> pour une analyse plus détaillée), pour ressasser ces contre-vérités.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>3 - Défendre l’emploi, le mérite, le soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions reprendre ici l&#8217;argumentaire «<code> </code>Plus c&#8217;est gros, mieux ça passe<code> </code>» employé au point n°<code> </code>1. <strong>Les seuls acteurs économiques qui aient prospéré sous la présidence Sarkozy sont les TGE</strong> (très grandes entreprises). Les PME<code> </code>? Elles survivent ou crèvent en silence, réduites le plus souvent à un rôle de sous-traitance vis-à-vis des grands groupes pour lesquels elles jouent un rôle de «<code> </code>variable d’ajustement<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Le «<code> </code>soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation<code> </code>»<code> </code>? Vaste blague<code> </code>! Les Français l’ont parfaitement compris<code> </code>: <strong>l’ascenseur social est en panne</strong>, les Bac<code> </code>+<code> </code>5 vont de stage en stage en attendant leur premier CDD (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/3/" target="_blank">Laura, 27<code> </code>ans, Bac<code> </code>+<code> </code>5, emploi précaire assuré</a></em>), <strong>le seul moyen d’obtenir un «<code> </code>bon job<code> </code>» lorsque l’on débute consiste à faire jouer ses relations, ou plutôt celles de ses parents</strong>. Dans ce type de situation, mieux vaut habiter dans le triangle Neuilly-Auteuil-Passy que dans le «<code> </code>9-3<code> </code>»…<br />
<span>   </span><br />
Nous avons vu avec quelle efficacité l’équipe présidentielle a concrétisé le slogan «<code> </code>travailler plus pour gagner plus<code> </code>» de<code> </code>2007. Ne doutons pas un seul instant que les mêmes efforts seront déployés à compter de<code> </code>2012 pour mettre en œuvre cette belle promesse.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>4- Refaire de l’école de la République, l’école de la Nation en faisant la promotion des valeurs de la connaissance, du mérite et du respect</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Tiens, qu’ont fait nos ministres de l’Éducation nationale depuis quatre ans, si ce n’est tout le contraire<code> </code>? Il faut dire que, <strong>pour promouvoir les «<code> </code>valeurs de la connaissance<code> </code>», notre Prince-Président est imbattable<code> </code>: sa «<code> </code>sortie<code> </code>» sur <em>La princesse de Clèves</em> est encore dans toutes les mémoires</strong> et illustre à merveille l’engagement de la Droite populaire de «<code> </code>mettre en valeur notre patrimoine, assurer la démocratisation culturelle à l’école, dans les universités<code> </code>», comme elle l&#8217;affirme sur son site.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlf38j?hideInfos=1" frameborder="0" height="240" width="320"></iframe><br />
<span>   </span><br />
Pour une analyse plus complète de ce dossier, nous vous proposons de relire le billet de J.P.<code> </code>Brighelli, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a>,</em> ainsi que la «<code> </code>feuille de route<code> </code>» donnée au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, et exposée dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/" target="_blank">Derrière l’écran de fumée</a></em>.<br />
<span>   </span><br />
Quant au mérite et au respect, Sarkozy n’a jamais hésité à s’engager pour montrer l’exemple aux jeunes générations. Particulièrement remarquable fut son intervention au Salon de l’agriculture en<code> </code>2007 où un visiteur, moins enthousiaste que les autres, fut aussitôt l’objet de l’attention présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlf8qr?hideInfos=1" frameborder="0" height="262" width="320"></iframe><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Beau début de bilan, n’est-ce pas<code> </code>? Mais <strong>décortiquer les réussites de Sarkozy, c’est un peu comme manger trop de chocolat<code> </code>: on s’en dégoûte vite et les hauts-de-cœur deviennent insupportables</strong>. Nous continuerons donc cette analyse dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/93219" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
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		<title>L&#8217;an prochain à Ramallah</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/25/lan-prochain-a-ramallah/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Sep 2011 20:50:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Selon toute vraisemblance, 2011 ne sera pas l’année de la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien. Les efforts diplomatiques de Mahmoud Abbas se heurteront à un veto américain au Conseil de sécurité. Quelle lecture, quelle analyse tirer de ce qui apparaît à la fois comme un [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Selon toute vraisemblance, 2011 ne sera pas l’année de la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien. <strong>Les efforts diplomatiques de Mahmoud Abbas se heurteront à un veto américain au Conseil de sécurité.</strong> Quelle lecture, quelle analyse tirer de ce qui apparaît à la fois comme un échec de la «<code> </code>cause palestinienne<code> </code>» et une nouvelle preuve de l’intransigeance américaine sur ce dossier<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un homme impuissant</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Rappelez-vous<code> </code>: lorsque Barack Obama a été élu en<code> </code>2007 après huit années marquées par l’ultra-conservatisme de l’ère Bush, tous les espoirs semblaient permis. Obama allait fermer Guantánamo, gommer les inégalités au sein de la société américaine, terminer les guerres en Irak et en Afghanistan… et relancer le processus de paix au Proche-Orient.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, il déclarait il y a un an à la tribune des Nations Unies<code> </code>: «<code> </code>quand nous reviendrons ici l’année prochaine, nous pourrions avoir <strong>un accord qui verrait la naissance d’un nouveau membre des Nations Unies, l’État libre et indépendant de Palestine</strong>, vivant en paix avec Israël<code> </code>» (voir <a href="http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2010/09/23/remarks-president-united-nations-general-assembly" target="_blank">site de la Maison Blanche</a>). Le 19<code> </code>mai dernier il affirmait encore que «<code> </code>Les États-Unis estiment que les négociations doivent déboucher sur l’existence de deux États, avec des frontières palestiniennes permanentes avec Israël, la Jordanie et l’Égypte, et des frontières israéliennes permanentes avec la Palestine. Nous estimons que les frontières d’Israël et de la Palestine doivent être basées sur celles de 1967…<code> </code>» (voir <a href="http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/05/19/remarks-president-middle-east-and-north-africa" target="_blank">site de la Maison Blanche</a>).<br />
<span>   </span><br />
Alors pourquoi cette volte-face<code> </code>? Ne mettons <em>a priori</em> pas en doute la sincérité des propos d’Obama mais essayons de comprendre les raisons plus profondes de ce revirement<code> </code>: comment fonctionne la machine du pouvoir aux États-Unis<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… qui n’est que la face émergée de l’iceberg…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans le pays qui a inventé le marketing politique, où les campagnes électorales sont très peu réglementées et les citoyens plutôt indifférents à la politique (lors de la dernière élection présidentielle, le taux de participation, considéré comme excellent, était de 62-63<code> </code>%), <strong>le moyen le plus sûr pour être élu est d’utiliser tous les moyens existants du marketing et de la communication</strong>, d’où débauche de spots télé, de campagnes d’affichage et autres show à grand spectacle…<br />
<span>   </span><br />
Pour financer tout ce barnum, depuis l’élection du Président jusqu’à celle de l’obscur shérif d’un comté, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Et, pour en trouver, il n’y a que deux solutions<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• soit vous êtes milliardaire, comme Michael Bloomberg, le maire de New York, et vous financez alors votre campagne électorale, que ce soit pour décrocher la présidence ou un siège de sénateur, avec votre fortune personnelle, en investissant quelques dizaines ou centaines de millions de dollars, selon le poste convoité<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• soit vous n&#8217;êtes pas milliardaire, et vous vous lancez alors dans la collecte de fonds. Pour gagner à ce petit jeu, <strong>vous devez disposer d&#8217;alliés de poids<code> </code>: les lobbies</strong>. Ils vont à la fois vous apporter des fonds via leurs membres les plus riches et les plus influents, et des électeurs grâce aux réseaux qu&#8217;ils ont tissés.</p>
<p class="MsoNormal">Il existe des centaines de lobbies aux États-Unis, tant au plan local que national. Mais, pour revenir à notre sujet, concentrons-nous sur <strong>les trois plus puissants</strong>, le «<code> </code>tiercé gagnant<code> </code>» qui influence de manière décisive la politique américaine depuis des dizaines d&#8217;années<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le premier est le lobby bancaire et financier, en abrégé Wall Street.</strong> Sous son influence, la dérégulation a atteint des sommets<code> </code>; il n&#8217;hésite pas à faire payer à l&#8217;État fédéral le fruit de ses spéculations hasardeuses, comme lors de la crise des <em>subprimes</em>. Il est et sera, comme nous l&#8217;avons déjà indiqué (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank">Sic Transit</a></em>), à l&#8217;origine de la dégénérescence puis de l&#8217;effondrement de ce même État fédéral<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le deuxième est le lobby militaro-industriel</strong>, dénoncé dès<code> </code>1961 par le président Eisenhower (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em>). Sous son influence, les États-Unis mènent en moyenne une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Interventions_militaires_des_%C3%89tats-Unis_dans_le_monde" target="_blank">opération militaire</a> chaque année hors de leurs frontières, et ce depuis une vingtaine d’années. Particulièrement significatif est le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures_per_capita" target="_blank">budget militaire annuel <em>per capita</em></a><code> </code>: 2<code> </code>141<code> </code>$ aux États-Unis, 1<code> </code>882<code> </code>$ en Israël, 977<code> </code>$ en France, 558<code> </code>$ en Allemagne.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le troisième est le lobby pro-israélien</strong>. Alliance de la carpe et du lapin, il comprend à la fois les Américains de confession hébraïque et la droite conservatrice chrétienne et ultra-religieuse qui a fait de l’équation arabe<code> </code>=<code> </code>terroriste anti-américain une donnée majeure de son fonds de commerce électoral. Ce qui unit plus profondément ces deux composantes, c’est <strong>la même vision d’une société inégalitaire</strong>, <strong>la même vision d’une société où la religion doit occuper une place centrale et assurer l’ordre moral</strong>.<br />
Depuis la chute de l’URSS, ce lobby pro-israélien a assuré son emprise sur la politique étrangère américaine, faisant passer les intérêts israéliens avant les intérêts américains. Nous y reviendrons plus loin.</p>
<p class="MsoNormal">À 14<code> </code>mois de l’échéance électorale, <strong>Obama n’a pas le choix<code> </code>: s’il souhaite être réélu, il doit se «<code> </code>coucher<code> </code>» devant ces différents lobbies</strong>. En politique étrangère, pas question pour lui de s’opposer aux souhaits de Benyamin Netanyahou, Premier ministre conservateur israélien.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cas contraire, la sanction serait alors immédiate<code> </code>: Obama s’aliénerait le vote juif et devrait affronter, comme cela a déjà été le cas lors de la précédente élection présidentielle, mais cette fois-ci à la puissance<code> </code>10, une campagne de dénigrement l’accusant d’être musulman, d’être pro-arabe, de favoriser en sous main Al-Qaida… bref tous les délires possibles à l’intention d’une opinion publique qui gobe assez facilement les énormités, pour peu qu’elles soient relayées par les médias.<br />
<span>   </span><br />
Dans nombre de billets, nous avons effectué des parallèles et comparaisons entre la fin de l’Empire romain et la situation actuelle des pays occidentaux, au premier rang desquels les États-Unis. On en voit ici un nouvel exemple<code> </code>: <strong>lors de la décadence romaine, l’armée faisait et défaisait les empereurs</strong>, le Sénat, vestige de la République, n’ayant plus qu’une fonction d’enregistrement. Il n’est sans doute pas exagéré de dire que, <strong>dans l’Amérique d’aujourd’hui, les lobbies sélectionnent puis orientent la politique des présidents</strong>, le peuple n’ayant plus qu’à valider leurs choix.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… et agit contre les intérêts de son pays</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>La somme des intérêts des lobbies ne fait pas l’intérêt d’un pays, loin s’en faut.</strong> Dans le cas des États-Unis, l’exemple est particulièrement frappant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Washington avait pourtant bien joué depuis le début du «<code> </code>printemps arabe<code> </code>».</strong> En accompagnant, ni trop ni trop peu, les manifestations populaires, en «<code> </code>larguant<code> </code>» au bon moment les dictateurs trop usés (Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad…) pour leur préférer une «<code> </code>option populaire<code> </code>», en faisant jouer leurs réseaux au sein des différentes armées nationales pour que le pouvoir tombe entre des «<code> </code>mains amies<code> </code>», les États-Unis avaient mis en œuvre une <em>Realpolitik</em> qui leur permettait à la fois de contrôler – plus ou moins – les nouveaux pouvoirs en place tout en apparaissant soucieux de respecter la <em>vox populi</em> arabe.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l’inverse, la Russie et la Chine avaient «<code> </code>tout faux<code> </code>»</strong>. Leur soutien appuyé aux dictateurs en place (Kadhafi et Assad notamment), sous couvert de défense de la légitimité, ne leur attirait guère la sympathie des populations arabes et révélait au grand jour leur propre crainte<code> </code>: que demain les populations russe ou chinoise – ou du moins une partie d’entre elles – rêvent à leur tour d’un «<code> </code>printemps<code> </code>» dont Medvedev, Poutine ou Hu Jintao feraient les frais.<br />
<span>   </span><br />
Mais en prévoyant d’opposer leur veto à la création d’un État palestinien, les États-Unis vont perdre en un jour tout le crédit amassé en un an. Comme nous l’avions annoncé en février dernier dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/" target="_blank">Trois réflexions sur la «<code> </code>révolution arabe<code> </code>»</a></em>, <strong>c’est sur le dos des États-Unis et à cause d’Israël que les nations arabes font refaire leur unité</strong> à l’issue des guerres civiles qui les ont divisées.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Que penser de l’attitude d’un Sarkozy</strong> qui essaye de faire le grand écart entre d’une part ses convictions pro-américaines et pro-israéliennes, d’autre part la politique traditionnellement pro-arabe de la France, en proposant à Mahmoud Abbas que la Palestine dispose à l’ONU d’un statut d’«<code> </code>État associé<code> </code>», identique à celui du Vatican<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Remarquons d’abord que l’ONU compte comme États membres jouissant de la pleine capacité juridique le Liechtenstein, Monaco et ses 2<code> </code>km² ou la république de Nauru et ses 10<code> </code>000<code> </code>habitants… Refuser le statut d’État à la Palestine relève donc de l’argutie juridique sans fondement sérieux. <strong>Lui proposer un strapontin, comme le fait Nicolas Sarkozy, n’est qu’une façon supplémentaire de traiter les citoyens de Palestine comme des sous-hommes qui ne méritent aucune considération</strong>. Conditionner la reconnaissance de la Palestine à un accord de paix avec Israël, comme le font les Américains, relève de la mauvaise foi la plus caractérisée car elle aboutit à suspendre cette reconnaissance au bon vouloir de l’État qui fera tout pour que celle-ci n’aboutisse jamais.<br />
<span>   </span><br />
Si la France avait encore une voix, elle n’hésiterait pas, comme de Gaulle le fit en<code> </code>1964 vis-à-vis de la Chine communiste, à affirmer haut et fort que la Palestine est un État et doit être reconnu en tant que tel. Mais les lobbies que nous évoquions plus haut et qui gouvernent aujourd’hui les États-Unis n’influencent-ils pas, de façon également déterminante, la politique de la France<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		<item>
		<title>Timeo Danaos&#8230;</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/17/timeo-danaos/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Sep 2011 20:16:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »
Jean de La Fontaine
Les animaux malades de la peste
   
   
Pas si lentement que cela mais en tout cas sûrement, inexorablement, la pièce en trois actes que nous avons décrite dans notre billet Les [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »<br />
Jean de La Fontaine<br />
<em>Les animaux malades de la peste</em></span><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal">Pas si lentement que cela mais en tout cas sûrement, inexorablement, la pièce en trois actes que nous avons décrite dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank">Les marches d’Odessa</a></em> le 6<code> </code>août dernier est en train de se jouer sous nos yeux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’hypothèse de la faillite d’un État occidental</strong> qui, évoquée il y a 6<code> </code>mois ou un an (voir par exemple notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em> en octobre<code> </code>2010), ne suscitait alors que sourires condescendants et quolibets, <strong>est aujourd’hui une quasi-certitude<code> </code>: la Grèce va jeter l’éponge, avant d’être mise sous tutelle par un «<code> </code>machin<code> </code>»</strong>, comme eût dit de<code> </code>Gaulle, <strong>où les banquiers exerceront le véritable pouvoir</strong>. Ce pays se trouve actuellement à la charnière de l’acte<code> </code>1 et de l’acte<code> </code>2 de notre scénario. Anticipons un peu l’acte<code> </code>3, celui de la négociation<code> </code>: dans quelles conditions va-t-elle se dérouler<code> </code>? Qu’en sortira-t-il<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Derrière les communiqués officiels apaisants, rassurants, lénifiants, il ne sera pas bien difficile de connaître la réalité des décisions prises en coulisses<code> </code>: <strong>plus le cours de bourse des banques montera</strong>, plus les Grecs seront saignés comme des gorets, <strong>plus la Grèce sera réduite à l&#8217;état d&#8217;«<code> </code>entité<code> </code>»</strong> (car pourra-t-on encore parler d’État-nation, en l’absence d’une véritable souveraineté ?) <strong>dirigée <em>de facto</em> par un lobby financier</strong>. Les cotations boursières ont remplacé le marc de café…<br />
<span>   </span><br />
Dans ce même billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050…</a></em> cité plus haut, nous soulignions déjà <strong>l’intention du lobby bancaire de «<code> </code>faire un exemple<code> </code>»</strong>, de «<code> </code>se payer<code> </code>» un État pour que les autres filent droit ou subissent le même sort<code> </code>: <strong>c’est exactement ce qui est en train d’arriver</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<em>Timeo Danaos et dona ferentes</em>… je crains les Grecs, même s’ils font des cadeaux, écrivait Virgile en faisant référence au cheval de Troie. La roue de l’histoire a tourné et ce cadeau empoisonné que les infortunés Grecs ont reçu à leur tour, pourrait bien comporter, comme les poupées-gigogne, une deuxième dose de venin, à notre attention cette fois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Dix ans de sarkozysme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte de «<code> </code>crise<code> </code>», Sarkozy est à l’aise comme un poisson dans l’eau. En effet, <strong>quand la panique savamment préparée gagne la majorité de la population</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/20/jouer-avec-le-feu/" target="_blank">Jouer avec le feu</a></em>), peu importe ce que l’on a fait ou dit la veille ou l’avant-veille, peu importe que l’on se contredise, peu importe que l’on soit à l’origine des malheurs que l’on prétend ensuite résoudre<code> </code>: <strong>le tout est</strong>, au bon moment, de donner le change, d’apparaître comme le capitaine qui tient fermement la barre, bref <strong>de donner l’illusion que</strong>, dans ce type de circonstances, <strong>on est l’homme de la situation</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Attendez-vous donc à ce que le service communication de l’Élysée fasse tout pour nous donner, dans les prochaines semaines et les prochains mois, une image «<code> </code>churchillienne<code> </code>» du Prince-Président qui nous gouverne, sur le thème «<code> </code>Moi, Sarkozy, je suis le seul à pouvoir préserver la France et les Français d’un désastre à la grecque.<code> </code>» Un peu comme Pétain en<code> </code>1940, <strong>Sarkozy, dans un registre qu’il affectionne particulièrement car flattant sa nature profonde de «<code> </code>Super Narcisse<code> </code>»</strong> (voir le billet de P.<code> </code>Ranjard <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>), <strong>souhaitera apparaître comme le Sauveur Suprême</strong>, père de la Règle d’Or, parangon de courage et de dévouement…<br />
<span>   </span><br />
Bien évidemment, <strong>la réalité est tout autre</strong><code> </code>: quand on a commencé son règne en triplant son salaire et en privant l’État de plusieurs milliards de recettes, conséquence de la multiplication des cadeaux et avantages fiscaux issus de la loi TEPA (été<code> </code>2007), on devrait être chassé du trône à coups de pied dans le derrière… <strong>mais un peuple qui a peur a la mémoire courte</strong> et, quand le bateau coule ou menace de couler, il est prêt à se raccrocher à la première planche pourrie qui surnage.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans cette entreprise d’hypnotisation collective</strong> (qui s’apparente au «<code> </code>aie confiance…<code> </code>» de Kaa dans <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=VV_ucXwhOxc" target="_blank">Le livre de la jungle</a></em>), <strong>préparez-vous à voir les sondages évoluer en faveur du Prince-Président</strong>. Donné aujourd’hui battu dans toutes les estimations par un score du type 55-57/45-43, on va le voir – avec l’aide de ses thuriféraires, patrons des instituts de sondages, éditorialistes du <em>Figaro</em> ou présentateurs de TF1 – remonter peu à peu dans les intentions de vote et endosser un rôle que les Français affectionnent particulièrement<code> </code>: celui du «<code> </code>donné perdant<code> </code>» qui s’accroche envers et contre tous pour rattraper le leader et finalement le battre sur le fil.<br />
<span>   </span><br />
Pour boucler la boucle, après avoir placé au début de ce billet une citation de La<code> </code>Fontaine extraite des <em>Animaux malades de la peste</em> afin d’illustrer la situation actuelle des États-nations, concluons en suggérant la lecture d’une autre fable de La<code> </code>Fontaine, <em><a href="http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_grenouilles_qui_demandent_un_roi.html" target="_blank">Les grenouilles qui demandent un roi</a></em>, qui pourrait tout aussi bien illustrer notre situation au soir du 6<code> </code>mai 2012…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi </em>2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<title>Pauvre France</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/11/pauvre-france/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 19:30:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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L&#8217;histoire ne se répète pas, mais ses rendez-vous se ressemblent.
Gabriel de Broglie

   
8,2 millions de pauvres « officiels », soit 13,5 % de la population française : tel est le constat dressé par l&#8217;INSEE dans son rapport Les niveaux de vie en 2009. Pour être déclaré officiellement « pauvre », [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"><em>L&#8217;histoire ne se répète pas, mais ses rendez-vous se ressemblent.</em><br />
Gabriel de Broglie</span></p>
<p><o:p></o:p><br />
<span>   </span><br />
8,2<code> </code>millions de pauvres «<code> </code>officiels<code> </code>», soit 13,5<code> </code>% de la population française : tel est le constat dressé par l&#8217;INSEE dans son rapport <a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1365/ip1365.pdf" target="_blank"><em>Les niveaux de vie en 2009</em></a>. Pour être déclaré officiellement «<code> </code>pauvre<code> </code>», il faut disposer d&#8217;un revenu inférieur à 954<code> </code>€ par mois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>D&#8217;autres enseignements</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Les éléments ci-dessus ont été, à des degrés divers, repris par les médias lors de la publication de l&#8217;enquête INSEE fin août. Mais celle-ci révèle d&#8217;autres enseignements<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Premier enseignement<code> </code>: <strong>les inégalités s&#8217;accroissent</strong>. Alors que le niveau de vie des «<code> </code>10<code> </code>% les plus aisés<code> </code>», pour reprendre la terminologie de l’INSEE, a augmenté de 0,7<code> </code>% entre 2008 et<code> </code>2009, le niveau de vie des «<code> </code>10<code> </code>% des personnes les plus modestes<code> </code>» est en baisse de 1,1<code> </code>% sur la même période.<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;étude de l’INSEE ne va pas plus loin dans cette analyse mais, au vu d&#8217;autres indicateurs publiés par ce même organisme (voir le tableau ci-dessous, commenté dans notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/5/" target="_blank"><em>Retraites<code> </code>: l&#8217;arnaque</em></a>), il y a fort à parier que ce sont les 1<code> </code>% - voire les 0,1<code> </code>% - de Français les plus riches qui ont prioritairement bénéficié de cette augmentation de 0,7<code> </code>% (laquelle serait alors pour eux fort supérieure à ce chiffre).</p>
<p><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" alt="evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" /><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Deuxième enseignement<code> </code>: <strong>plus on est pauvre, plus on est chômeur</strong>. Ou, si l&#8217;on préfère, <strong>plus on est chômeur, plus on est pauvre</strong>. Dans tous les cas, c&#8217;est le cercle infernal<code> </code>: la «<code> </code>crise<code> </code>» des subprimes de<code> </code>2008, fruit du casino financier dans le secteur immobilier américain, a généré une augmentation du chômage en France, frappant en priorité les 10<code> </code>% de Français les plus pauvres.<br />
<span>   </span><br />
Comme l&#8217;écrit l’INSEE, «<code> </code><strong>ce sont les plus modestes qui sont les plus touchés</strong><code> </code>»<code> </code>: «<code> </code>cette plus grande proportion de chômeurs entraîne ainsi une baisse du premier décile de niveau de vie<code> </code>» (le premier décile comprend les 10<code> </code>% de Français les plus pauvres).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Troisième enseignement<code> </code>: <strong>l&#8217;intensité de la pauvreté s&#8217;est accrue</strong> et atteint un nouveau record par rapport aux années précédentes. En d&#8217;autres termes, <strong>même parmi les pauvres, les inégalités se sont accrues</strong><code> </code>: <strong>la majorité des pauvres a vu ses revenus baisser encore plus nettement que les «<code> </code>pauvres les plus riches<code> </code>»</strong> (si l&#8217;on peut employer cette expression) dont les revenus ont cependant chuté.</p>
<p><span>   </span><br />
Dire que ce bilan est alarmant ou catastrophique n&#8217;a même plus de sens<code> </code>: <strong>c&#8217;est le constat de l&#8217;échec d&#8217;un modèle économique et social, ou plutôt asocial</strong>. Nous avons abordé ce sujet de la répartition de la richesse dans de nombreux billets (voir la <a href="http://lalettredulundi.fr/?page_id=125" target="_blank">liste intégrale des billets publiés</a>) et nous ne reprendrons pas ici des analyses ou des arguments précédemment développés ou avancés.<br />
<span>   </span><br />
Un point cependant<code> </code>: nous avons retenu la répartition de la richesse parmi nos <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/11/quatre-priorites-pour-2012-4/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour 2012</em></a>. Alors, qu&#8217;en pensent nos politiques<code> </code>? Et comment ont-ils réagi face à ce rapport de l’INSEE<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Qu&#8217;en disent-ils<code> </code>?</strong></u><br />
<span>   </span><br />
<strong>Sarkozy<code> </code>?</strong> Néant. Zéro réaction. Il s&#8217;en fout. Pas son électorat. <strong>Pas son problème.</strong> Trop loin du Fouquet&#8217;s sans doute…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Villepin<code> </code>?</strong> Il a écrit un article, intitulé <a href="http://www.dominiquedevillepin.fr/2011/08/30/insoutenable-pauvrete/" target="_blank"><em>Insoutenable pauvreté</em></a>, sur son blog. Sa solution<code> </code>: lutter contre le chômage et créer des gisements d&#8217;activité. Comment<code> </code>? Il ne le dit pas. Le protectionnisme, pour protéger l&#8217;emploi<code> </code>? Vous n&#8217;y pensez pas, voyons. Bref, <strong>les mêmes vœux pieux depuis 30<code> </code>ou 35 ans</strong>, avec les résultats que l&#8217;on sait.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Bayrou<code> </code>?</strong> Lui ne dit rien mais un de ses adjoints, Robert Rochefort, estime que «<code> </code><a href="http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/rochefort-pauvrete-300811.html" target="_blank">le pire est à venir</a><code> </code>» (il a, hélas, très certainement raison). La solution<code> </code>? «<code> </code>Un allongement de la période d&#8217;indemnisation du chômage » et «<code> </code>une relance de l&#8217;activité économique fondée principalement sur la reconquête des emplois de production<code> </code>». Bien vu, mais comment<code> </code>? Pas dit. <strong>Voir Villepin ci-dessus</strong> et retour à la case départ.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Hollande<code> </code>?</strong> Il juge que «<code> </code>Sarkozy a été le président de la baisse du pouvoir d&#8217;achat<code> </code>», ce qui est une évidence. Solution pour lutter contre la pauvreté<code> </code>? «<code> </code><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20110830.OBS9477/sarkozy-a-ete-le-president-de-la-baisse-du-pouvoir-d-achat-denonce-hollande.html" target="_blank">Un effort de redistribution… pour que les très hautes rémunérations contribuent davantage</a>.<code> </code>» Comment<code> </code>? Pas dit. <strong>Osera-t-il avancer</strong> et, s&#8217;il est élu, mettre en œuvre <strong>une proposition du type de celle que nous préconisons dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/page/3/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour<code> </code>2012</em></a></strong>, c&#8217;est-à-dire 90<code> </code>% de taxation au-delà de 330<code> </code>000<code> </code>€ par an, toutes sources de revenus confondues<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Aubry<code> </code>?</strong> Pas vu de grande déclaration sur le sujet. <strong>Rien de concret</strong> en tout cas, comme le montrent ses <a href="http://www.martineaubry.fr/article/les-priorites-de-martine-aubry" target="_blank"><em>Trois urgences pour redresser la France</em></a>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Joly<code> </code>?</strong> Repéré un tweet de sa part sur le sujet… elle préfère dénoncer «<code> </code><a href="http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/presidentielle-2012-eva-joly-promet-de-defendre-les-langues-regionales-30-08-2011-1414107.php" target="_blank">la volonté hégémonique d&#8217;imposer l&#8217;unique langue française</a><code> </code>», proposer «<code> </code>la reconnaissance des langues régionales<code> </code>», «<code> </code>la réunification de la Bretagne<code> </code>» ou «<code> </code>l&#8217;autonomie basque<code> </code>»… <strong>Consternant</strong>, tout simplement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le Pen<code> </code>?</strong> Elle réagit pour affirmer que, si elle est élue, elle fera <strong>baisser le pourcentage de pauvres en France de 13,5 à 5<code> </code>%</strong>. Comment<code> </code>? «<code> </code><a href="http://www.frontnational.com/?p=7275" target="_blank">En luttant par la loi contre les marges indécentes de la grande distribution</a> », « en se dotant des outils pour permettre la réindustrialisation du pays<code> </code>: protections aux frontières…<code> </code>», «<code> </code>en mettant en place une fiscalité plus juste<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Derrière les engagements peu crédibles, on voit que Le<code> </code>Pen, à la différence de nombre d&#8217;autres candidats, «<code> </code>cible<code> </code>» les 10 ou 20<code> </code>% de Français les plus pauvres à l&#8217;occasion de sa campagne électorale. Nous y reviendrons plus loin.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Mélenchon<code> </code>?</strong> Il aborde les questions que soulève le rapport de l’INSEE dans un long article de son blog, <a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/09/03/la-tentation-autoritaire/" target="_blank"><em>La tentation autoritaire</em></a>, où <strong>il replace ce thème de la pauvreté dans un cadre beaucoup plus large</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Quelle analyse<code> </code>?</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Ce tour d&#8217;horizon nous a également permis de visiter en détail les sites internet de ces différents candidats. On s&#8217;aperçoit alors que, schématiquement, face à la pauvreté, <strong>deux types de discours</strong> sont tenus.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code><em>D’une tendance longue de la réduction de la pauvreté au cours des dernières décennies, nous sommes arrivés à un palier et désormais une régression&#8230; l’attention aux plus pauvres est une nécessité de justice mais surtout de cohésion sociale&#8230; La croissance doit nous permettre d&#8217;à la fois créer plus de richesses et de mieux les répartir&#8230; retrouver un travail, c’est retrouver du pouvoir d’achat.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Qui nous tient ce discours<code> </code>? Personne en particulier, ou plutôt tous les candidats «<code> </code>classiques<code> </code>»<code> </code>: <strong>cette phrase est un pot-pourri qui mélange les déclarations d&#8217;Aubry, Bayrou, Hollande et Villepin sur le sujet</strong>. Des phrases «<code> </code>passe-partout<code> </code>», compassionnelles, politiquement correctes, tout droit sorties de la novlangue de l&#8217;énarchie. Le type de discours qu&#8217;on sert aux Français depuis des décennies, bon enfant, consensuel, rassurant, qui n&#8217;a débouché sur rien de concret.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code><em>Faillite du modèle économique ultralibéral&#8230; qui engendre chômage de masse et précarité toujours croissante&#8230; La pauvreté n’est pas un à côté du système qui laisserait sur la route les plus fragiles, les moins aptes à supporter les coups de sabre de la mondialisation. C’est le cœur, le moteur du modèle social du capitalisme de notre temps. Pour que des mégas fortunes s’accumulent il faut que le gros de la troupe puisse être pressé sans merci.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Au risque de choquer nombre de nos lecteurs, <strong>j&#8217;ai mélangé dans cette phrase des déclarations de Le Pen et de Mélenchon</strong>. Pour montrer qu&#8217;ils sont semblables<code> </code>? Bien sûr que non. Pour montrer que, <strong>dans des registres sémantiques parfois proches, ce sont les seuls qui s&#8217;adressent aux pauvres en termes «<code> </code>forts<code> </code>»</strong>, qu&#8217;à l&#8217;exception de l&#8217;extrême-droite (Le<code> </code>Pen) et de l&#8217;extrême-gauche (Mélenchon), aucun candidat ne se soucie sérieusement du sort des 13,5<code> </code>% des Français étiquetés pauvres et, plus globalement, du Français sur cinq qui se trouve tout en bas de l&#8217;échelle sociale.<br />
<span>   </span><br />
N&#8217;en déduisez pas hâtivement que l&#8217;auteur de ce billet est devenu pro-Le<code> </code>Pen ou pro-Mélenchon. Ce serait simpliste et faux. Il s&#8217;agit d&#8217;un constat tiré de l&#8217;analyse des textes et du «<code> </code>positionnement politique<code> </code>» de ces deux candidats. Je n&#8217;entends pas juger ici de la sincérité de leurs propos&#8230; ou de leurs arrière-pensées.<br />
<span>   </span><br />
Ce qui est par contre patent, c&#8217;est que, <strong>de Sarkozy à Joly, les autres candidats préfèrent, à des degrés divers, «<code> </code>regarder ailleurs<code> </code>» lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de s&#8217;adresser à ce «<code> </code>nouveau lumpen prolétariat<code> </code>»</strong> (pour reprendre une terminologie marxiste), comme le voyageur du métro qui fixe l&#8217;écran de son téléphone portable pour ne pas croiser le regard de celui qui quémande une pièce ou un ticket-restaurant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l&#8217;inverse, Le Pen et Mélenchon ont choisi de faire porter leurs efforts sur une cible électorale que, très cyniquement, on pourrait définir comme étant en croissance forte…</strong> L&#8217;extrême-droite et l&#8217;extrême-gauche sont ainsi les seuls à adresser un message spécifique et fort aux plus démunis, les candidats «<code> </code>classiques<code> </code>» se contentant du prêchi-prêcha consensuel, technique et compassionnel en usage depuis plus de 30<code> </code>ans.<br />
<span>   </span><br />
La citation en tête de ce billet affirme que les rendez-vous de l&#8217;histoire se ressemblent. Dans ce cas, <strong>les conditions</strong> du rendez-vous décrit ci-dessus <strong>commencent à ressembler étrangement à celles de la république de Weimar</strong> où, d&#8217;une part en réaction à un système politique vieillissant, d&#8217;autre part dans le contexte économique de la crise de 1929 qui avait vu une explosion de la pauvreté, communistes d’un côté, nazis de l’autre, avançaient leurs pions en proposant des solutions infiniment plus radicales&#8230; avec la conclusion que l&#8217;on sait.<br />
<span>   </span><br />
Dans une hypothèse de ce type, nous ne doutons pas un seul instant du côté où les lobbies financiers et industriels que nous avons si souvent évoqués (dès le deuxième billet publié<code> </code>; voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/2/" target="_blank"><em>De la contagion des mauvaises habitudes</em></a>) sauront faire pencher le balancier.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Inner-directed et other-directed</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/04/inner-directed-et-other-directed/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/09/04/inner-directed-et-other-directed/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 19:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Un précédent billet (voir Autorité patriarcale et autorité archaïque) montrait comment l’évolution ultra-rapide de l’autorité au cours du XXe siècle a abouti à un type d’homme sensiblement différent de celui des générations précédentes. Nous voudrions en donner ici quelques illustrations.
 
Rappelons d’abord que l’on n’est pas [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
Un précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/26/autorite-patriarcale-et-autorite-archaique/" target="_blank">Autorité patriarcale et autorité archaïque</a></em>) montrait comment l’évolution ultra-rapide de l’autorité au cours du XX<sup>e</sup><code> </code>siècle a abouti à un type d’homme sensiblement différent de celui des générations précédentes. Nous voudrions en donner ici quelques illustrations.<br />
<span> </span><br />
Rappelons d’abord que l’on n’est pas soit <em>inner</em> soit <em>other</em>-<em>directed </em>à 100<code> </code>%, que l’une ou l’autre position peut dominer selon les circonstances, mais que dans notre société, la position <em>other-directed </em>est très répandue. Imaginons donc diverses situations à caractère plus ou moins politique et voyons comment des personnes fortement <em>inner</em> ou fortement <em>other-directed</em>, s’y conduisent.<br />
<span> </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pour qui voter<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de voter, l’<em>inner-directed</em> s’enquiert des <strong>programmes</strong>. C’est ce que le candidat envisage de <strong>faire</strong> qui guidera son choix. Ses caractéristiques personnelles comptent moins que son projet. Jusqu’aux années<code> </code>1970 et 1980, c’est sur leur programme que les candidats s’exprimaient.<br />
<span>   </span><br />
L’<em>other</em>-<em>directed</em> ne se préoccupe pas de cela. Il regarde si le candidat est beau, s’il a du charme, s’il est célèbre… Un champion olympique de n’importe quoi qui va serrer des mains sur des marchés est sûr de se faire élire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Guerre civile ici ou là…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Qu’auraient fait des dirigeants <em>inner-directed</em> quand les Poldaves se sont révoltés contre leur dictateur<code> </code>? Ils auraient commencé par envoyer discrètement, nuitamment, dans un coin de Poldavie, des bateaux d’armes, de matériel, et des instructeurs. Sans tambour ni trompette. But<code> </code>: aider les Poldaves, en espérant leur reconnaissance plus tard. Puis, à mesure que la situation se développerait, ils montreraient davantage leur rôle, histoire de forcer un peu la reconnaissance escomptée…<br />
<span>   </span><br />
Pour des dirigeants <em>other-directed</em>, agir discrètement n’a aucun sens. Si on agit, c’est pour être vu (et de préférence admiré). Pour impressionner l’électeur, il faut du spectaculaire. Aider des gens et leur laisser, à eux seuls, le mérite de la victoire<code> </code>? Vous plaisantez<code> </code>! Incapable de ressentir de la gratitude, l’<em>other-directed </em>n’imagine pas qu’on puisse lui en témoigner.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Informations prématurées</u></strong><br />
<span>   </span><br />
On a beaucoup entendu récemment, des informations importantes dont on nous précisait aussitôt que «<code> </code>ce n’était pas encore sûr<code> </code>». Pour un <em>inner-directed</em>, publier une information avant d’être sûr qu’elle est vraie est un acte stupide et irresponsable. Mais pour l’<em>other-directed</em>, ce qui compte dans l’information, c’est qu’elle fasse parler de lui. S’il attend qu’elle soit vérifiée, c’est un autre qui la publiera et en tirera gloire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La crise des subprimes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Cette crise est inconcevable dans un monde où les gens seraient <em>inner-directed</em>. Dans un tel monde, emprunter et prêter y sont spontanément cadrés et limités.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><em><br />
Emprunter</em></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Inner-directed</em>, je vérifie que je pourrai rembourser. Si je ne peux pas, je sais que le banquier ne me fera pas de cadeau. La maison que je n’aurai pas pu payer, il me la prendra, avec ma voiture et tous les meubles. Personne ne m’oblige à m’endetter et il vaut mieux continuer à me passer de ce qui me manque que de me retrouver en prison ou dépossédé de tous mes biens.<br />
<span>   </span><br />
Du point de vue du banquier, si je suis <em>inner-directed</em>, je prévois que ces personnes à qui je propose un prêt pour devenir propriétaire ne pourront pas rembourser. Ma banque deviendra propriétaire de leurs maisons mais, s’il y en a beaucoup, elle ne pourra pas les vendre. Au total, on aura perdu de l’argent. Prêter dans ces conditions n’est pas raisonnable.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Prêter</em></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Other-directed</em>, réfléchir aux suites de mes actes m’ennuie. C’est <strong>le regard de mes voisins</strong> qui me préoccupe. Le banquier qui vient me voir n’a pas grand mal à me faire imaginer propriétaire de ma maison. Un propriétaire, c’est tout de même autre chose<code> </code>! Respect<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Certes, je m’inquiète un peu des remboursements, mais il m’assure qu’ils sont calculés en fonction de mes revenus. Il ne me cache pas qu’ils augmenteront dans quelques années, mais mes revenus aussi, très certainement. Et puis si je n’y arrive pas, je pourrai toujours revendre ma maison. Bref, allons-y<code> </code>! Sur le moment <strong>le regard du banquier</strong> m’importe, je ne vais pas me dégonfler devant lui<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Quelques années plus tard, mes voisins et moi sommes à la rue. La banque est propriétaire de nos maisons, et elle n’arrive même pas à les vendre car il y en a trop.<br />
<span>   </span><br />
Du point de vue du banquier, si je suis <em>other-directed</em>, ce qui arrivera à ma banque dans quelques années m’importe peu. Ce qui m’intéresse, c’est le regard que portera sur moi cette année mon employeur. Si j’ai placé tant de prêts, ça veut dire tant de bénéfices à venir, et pour moi félicitations et prime.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Titrisation</em></strong><br />
<span>   </span><br />
Le banquier se rend compte qu’il a placé des prêts qui ne seront jamais remboursés. Un banquier <em>inner-directed</em>, guidé par les valeurs qu’il a intériorisées au temps de son éducation, assumerait ses pertes en cherchant seulement à les limiter sans voler personne.<br />
<span>   </span><br />
Le banquier <em>other-directed</em> n’a pas intériorisé une échelle de valeurs contraignante. Il veut sauver le regard de ses supérieurs sur lui. Il imagine alors de vendre à d’autres ses créances pourries. Mais comment leur faire acheter cela<code> </code>? En fabriquant des «<code> </code>titres<code> </code>» qui comportent plein de «<code> </code>choses<code> </code>», dont ces créances de particuliers. Et on les vend à d’autres <em>other-directed</em>, plus sensibles que les <em>inner-directed</em> au charme du vendeur.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Dettes nationales</em></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce que le petit démarcheur banquier a fait à des individus, les dirigeants des banques l’ont fait à des pays. Si on dit à des Méditerranéens<code> </code>: «<code> </code>Ne vous inquiétez pas, on vous prête, pas de problème<code> </code>!<code> </code>», ils empruntent. Si les responsables politiques sont très <em>inner-directed</em>, ils se méfient et pensent à long terme<code> </code>: les banques ne sont pas des mères généreuses qui donnent leur bon lait par amour. S’ils sont très <em>other-directed</em>, ils voient d’abord l’admiration qui leur sera témoignée pour avoir réalisé tel ou tel projet spectaculaire ou grandiose (des jeux olympiques par exemple). Ils pensent à court terme et empruntent imprudemment.<br />
<span>   </span><br />
Les banquiers, s’ils sont <em>inner-directed</em>, réfléchissent qu’on peut saigner à blanc des individus mais que, pour un pays, c’est une autre affaire. Il y a des limites (les limites, c’est le propre de l’autorité traditionnelle<code> </code>; l’absence de limite, c’est le propre de l’autorité archaïque). S’ils n’ont pas de limite, ils s’en tiennent à<code> </code>: «<code> </code>vous avez emprunté, vous devez rembourser<code> </code>; votre population crèvera de faim, ce n’est pas notre affaire.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Les dirigeants du pays soumis à cette pression, s’ils étaient suffisamment <em>inner-directed</em>, diraient<code> </code>: «<code> </code>D’accord, nos prédécesseurs ont été imprudents, mais vous n’y êtes pas pour rien<code> </code>: vous avez versé beaucoup de dessous de table, vous avez fait beaucoup de fausses promesses, vous avez largement faussé les comptes. Parmi nos créanciers nous allons donc faire des choix<code> </code>: certains seront payés (nos fonctionnaires, nos retraités, nos malades), d’autres attendront.<br />
Les banques qui spéculent contre nous et augmentent leurs taux d’intérêt sous prétexte que nous ne sommes plus aussi rentables, ces banques peuvent attendre longtemps.<br />
Nous n’annulons pas nos dettes, mais nous les rembourserons quand nous pourrons. Avec les énormes sommes que nous vous versons chaque année, on peut faire beaucoup. Advienne que pourra.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
À l’inverse, on peut imaginer que des dirigeants <em>other-directed</em> vivent la situation ainsi<code> </code>: pendant des années, Maman (les Marchés) nous a encouragés à faire n’importe quoi, payant sans jamais protester, et puis soudain, elle se fâche et veut qu’on lui rende tout ce qu’elle nous a donné. Qu’est-ce qu’on peut faire<code> </code>? Rien du tout<code> </code>! C’est Maman<code> </code>! C’est les Marchés<code> </code>! On ne peut rien face aux Marchés comme on ne peut rien face à Maman. Sauf lui dire zut<code> </code>! Et voir si elle a le courage de nous tuer…</p>
<p class="MsoNormal"> <strong><u>Conclusion</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La distinction entre personnes dirigées de l’intérieur par une structure de valeurs intériorisée dans l’enfance et personnes dirigées par le regard des autres, instant après instant, est particulièrement utile.<br />
<span>   </span><br />
Elle n’explique cependant pas tout, elle ne prétend pas être une clé universelle pour comprendre notre temps. Mais il est bon de l’avoir en tête pour regarder ce qui se passe. En se rappelant qu’<em>inner</em> et <em>other-directed</em> n’y peuvent rien<code> </code>; c’est leur façon d’être au monde et il est donc inutile de leur adresser des objurgations pour qu’ils changent. En revanche, on peut ne pas se laisser surprendre par leurs actes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Patrice Ranjard<br />
© Patrice Ranjard pour <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Autorité patriarcale et autorité archaïque</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/26/autorite-patriarcale-et-autorite-archaique/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/08/26/autorite-patriarcale-et-autorite-archaique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 21:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Début juin, le billet intitulé Culture narcissique et politique tentait de montrer comment la politique est aujourd’hui dominée par des Narcisses court-termistes qui ne s’intéressent qu’à eux-mêmes. Quel paradoxe ! La politique est le lieu de la Cité (en grec polis), le lieu de la coopération [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
Début juin, le billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em> tentait de montrer comment la politique est aujourd’hui dominée par des Narcisses court-termistes qui ne s’intéressent qu’à eux-mêmes. Quel paradoxe<code> </code>! La politique est le lieu de la Cité (en grec <em>polis</em>), le lieu de la coopération et de la solidarité. Et le narcissisme est la négation même de ces valeurs. Comment en est-on arrivé là<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
On se doute qu’une telle évolution est complexe et tient à de nombreux facteurs. Il en est un pourtant dont on peut être sûr qu’il a joué un rôle, c’est «<code> </code>l’élevage<code> </code>» des enfants. Lequel a beaucoup changé depuis quelques décennies. Pour éclairer ce changement je présenterai la théorie de l’autorité de Gérard Mendel<a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><span class="MsoEndnoteReference"><span><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[i]</span></span></span></span></a> et l’érosion uniformément accélérée de l’autorité patriarcale jusqu’à son quasi remplacement par une autorité dite «<code> </code>archaïque<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’autorité selon Gérard Mendel<code> </code>: pérennisation de l’enfance</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour Mendel, l’autorité est un phénomène <strong>à la fois </strong>psycho-individuel et socio-culturel, qui consiste à <strong>pérenniser la dépendance du petit enfant à ses éducateurs</strong>. L’enfance du petit d’homme est particulièrement longue, et sa survie dépend des soins des adultes. L’enfant ne peut prendre le risque que ceux qui s’occupent de lui l’abandonnent. Il est donc attentif à maintenir leurs attentions et se construit des réflexes conditionnés d’adaptation, voire de soumission si c’est ce qui est attendu de lui.<br />
<span>   </span><br />
La pérennisation s’opère ainsi<code> </code>: à mesure qu’il grandit et sort de l’enfance, <strong>l’individu trouve «<code> </code>au dessus<code> </code>» de lui des «<code> </code>supérieurs<code> </code>» qui attendent de lui ce qu’en attendaient ses parents<code> </code></strong>: respect inconditionnel, soumission, obéissance. Et s’il se rebelle, il lui arrive la même chose que lorsqu’il était petit<code> </code>: les «<code> </code>supérieurs<code> </code>» font intervenir la force (la force publique si nécessaire) pour châtier sa rébellion. Ses réflexes de soumission sont ainsi renforcés et, du même coup, ceux des autres individus lorsqu’ils sont témoins de ces répressions.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce système est à la fois</strong> <strong>puissant et économique</strong>. Il fait «<code> </code>tenir ensemble<code> </code>» (Mendel) toute la société à peu de frais. Chacun, où qu’il soit dans la hiérarchie sociale, voit au dessus de lui des supérieurs auxquels il obéit <em>volontairement</em>. Cette obéissance volontaire est vécue comme <em>naturelle</em>. Dans l’immense majorité des cas, la force (dont l’usage est coûteux) reste dans les coulisses.<br />
<span>   </span><br />
Ce système donne a tous ceux qui sont en position «<code> </code>supérieure<code> </code>» <strong>le pouvoir de <em>faire-faire</em> </strong>par leurs «<code> </code>inférieurs<code> </code>» des actes qu’ils ne pourraient réaliser seuls. <strong>L’autorité donne du pouvoir</strong>. Et toute la société étant ainsi hiérarchisée, le pouvoir de <em>faire-faire</em> se concentre au sommet de la pyramide, au point qu’on a pris l’habitude de dire «<code> </code>le Pouvoir<code> </code>» pour désigner les gouvernements.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un déconditionnement uniformément accéléré<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En Europe, <strong>à partir de la Renaissance, s’est produit un processus de déconditionnement à cette autorité</strong>. D’abord quelques individus isolés ont eu l’audace de penser par eux-mêmes sans se soumettre aux «<code> </code>anciens<code> </code>», aux textes sacrés, à la Tradition. Copernic, Luther, Galilée… Ces rébellions n’ont pas manqué de provoquer des réactions violentes, mais qui n’ont pas réussi à écraser le mouvement de libération. Pascal, Newton, les Encyclopédistes élaborent des savoirs avec méthode, sans se soumettre à la Tradition. Ces savoirs, qu’on dira plus tard «<code> </code>scientifiques<code> </code>», sont plus puissants que la Tradition pour expliquer les phénomènes ou créer des techniques.<br />
<span>   </span><br />
Ils sont bientôt enseignés à l’université puis à l’école et appris en masse par les fils de la bourgeoisie. Ceux-ci font donc l’expérience <em>répétée</em> que leurs pères sont plus ignorants qu’eux-mêmes et qu’il leur arrive de se tromper, d’avoir tort. Donc que l’exigence paternelle de soumission inconditionnelle n’est pas juste. Au cours du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, cette expérience influe sur la façon dont ils élèvent leurs propres enfants.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le mouvement s’accélère</strong> et, au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, il devient perceptible d’une génération à la suivante. Les deux guerres mondiales contribuent à sa généralisation dans toutes les classes sociales, puis les Trente Glorieuses, avec l’explosion des classes moyennes et des changements technologiques, débouchent sur la révolution culturelle de<code> </code>1968<code> </code>: «<code> </code>il est interdit d’interdire.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>On n’a pas fait des enfants pour qu’ils deviennent obéissants</u></strong><br />
<span>   </span><br />
On commence alors à voir des parents qui disent<code> </code>: «<code> </code>on n’a pas fait des enfants pour les dresser comme des petits chiens<code> </code>» et qui refusent tous les «<code> </code>tiens-toi droit<code> </code>», «<code> </code>dis bonjour<code> </code>», «<code> </code>fais pas ci, fais pas ça<code> </code>», etc. Les parents ne veulent plus être des «<code> </code>méchants<code> </code>», ils ne veulent plus être en conflit avec leurs enfants, ils veulent être aimés sans réserve.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Est-ce à dire que l’autorité a disparu<code> </code>? Point du tout<code> </code>: elle s’est seulement transformée</strong>. L’<em>élevage</em> des enfants a changé. Le management des salariés va changer aussi (voir ci-dessous). Mais évidemment, toutes ces évolutions ne sont pas mécaniques<code> </code>: durant plusieurs décennies la situation semble chaotique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Ce qui change dans l’<em>élevage</em> des petits</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous préférons ici le mot «<code> </code>élevage<code> </code>» au mot éducation, davantage évocateur du développement social et intellectuel et du dressage des comportements. «<code> </code>Élevage<code> </code>», plus proche du biologique, concerne toutes les pratiques maternelles, familiales et sociales autour des petits.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui on peut entendre un enfant crier à son parent qui vient de lui interdire quelque chose<code> </code>: «<code> </code>j’te déteste<code> </code>!<code> </code>» On ne sait plus qu’il y a seulement cent ans, l’enfant aurait instantanément reçu une gifle avec approbation générale et punition à l’appui. Un demi-siècle plus tard, la gifle est improbable et serait désapprouvée. Aujourd’hui, dans le meilleur des cas, le parent répond<code> </code>: «<code> </code>Tu me détestes<code> </code>? Tant pis<code> </code>! Moi je t’aime quand même et je maintiens mon interdiction.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Bienheureux l’enfant dont le parent répond ainsi<code> </code>! Il vit, <em>de façon répétée</em>, que lorsque son parent le frustre ce n’est pas parce qu’il est méchant ou qu’il ne l’aime pas, c’est parce qu’il a de bonnes raisons de le faire. Et donc que lui, l’enfant, existe solidement pour son parent. Il existe (il est aimé) même lorsque son parent le contraint ou le prive. L’enfant fait l’expérience de la sécurité.<br />
<span>   </span><br />
Mais ce qui arrive de plus en plus souvent après<code> </code>1968 est très différent<code> </code>: le parent interdit quelque chose. L’enfant crie «<code> </code>Je te déteste<code> </code>», et le parent ne le supporte pas. Il pique une crise, ou bien il cède<code> </code>; ou tantôt l’un, tantôt l’autre<code> </code>; ou l’un après l’autre… On voit des parents se mettre en colère puis s’excuser de leur colère et en demander pardon à l’enfant. À l’étape suivante le parent ne refuse plus rien, ne se met jamais en situation de s’entendre dire «<code> </code>je te déteste<code> </code>». L’enfant apprend donc qu’il a le pouvoir de perturber son parent, que son parent n’est pas solide, qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Bref, il n’expérimente pas la sécurité.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Prévoir à long terme ou s’adapter à l’instant</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Allons plus loin. <strong>Dans le premier cas, l’individu <em>sait à quoi s’en tenir</em>.</strong> Il sait que, s’il fait ceci, il se passera cela. Il a <strong>des moyens de <em>prévoir les conséquences de ses choix</em>. Il peut se construire un outil intérieur d’évaluation des situations. Il a affaire à une puissance, pas à une toute-puissance.</strong> Il y a des raisons, des motifs, des règles. Son parent ne fait pas n’importe quoi par caprice, sans explication.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est cela, en principe, l’autorité «<code> </code><em>patriarcale<code> </code>»</em><code> </code></strong>: elle peut être sévère, mais elle est censée rester juste. Et même si, en pratique, les pères réels étaient souvent sévères et pas justes, chacun pouvait se construire une représentation de ce qu’aurait dû être une autorité <strong>«<code> </code>sévère mais juste<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans le deuxième cas,</strong> l’expérience vécue de façon répétée par l’enfant est point par point l’inverse de la première. <strong>L’individu ne peut rien prévoir, ne peut se fier à rien.</strong> Les choses arrivent ou n’arrivent pas, sans qu’il y puisse rien. Hier Maman s’est fâchée, aujourd’hui pour la même chose elle ne dit rien. Rien à comprendre, c’est comme ça. <strong>C’est la définition même de l’arbitraire, c’est-à-dire de la toute-puissance. Et c’est cela une autorité archaïque</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi ce terme d’archaïque<code> </code>? Parce que tel est l’univers du nourrisson<code> </code>; tout ou rien et arbitraire<code> </code>: pas de justification, pas d’explication. Ce n’est que peu à peu que le bébé découvre des régularités, puis des règles, et qu’il accède à un univers de raisons. Dans la mesure où la nouvelle façon d’élever les enfants maintient au delà de l’âge de raison les caractéristiques de la période archaïque, il est approprié de nommer cette forme d’autorité «<code> </code>archaïque<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Cette autorité archaïque est apparemment plus permissive mais <strong>en réalité bien plus aliénante, parce que sa demande n’est pas d’obéir mais d’aimer.</strong> Le parent <em>patriarcal</em> supporte de n’être pas aimé mais exige d’être obéi. Le parent <em>archaïque</em> supporte de n’être pas obéi mais exige d’être aimé.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette situation, l’individu ne peut pas se construire un outil fiable d’évaluation des situations. Ne pouvant pas prévoir, il observe les autres pour s’ajuster à chaque situation, sans tirer de leçon généralisable de l’expérience. Le danger est alors qu’il reste <strong>dépendant du regard des autres pour évaluer les situations.</strong> C’est le regard des autres qui l’informera sur sa valeur, son importance, son intérêt. Guetter et quêter le regard des autres deviendra sa façon d’être au monde. <strong>Et c’est là le cœur du narcissisme.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>«<code> </code><em>Inner-directed</em><code> </code>» et <em>«<code> </code>other-directed<code> </code>»</em></u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dès les années cinquante, les psychanalystes français décrivent l’évolution de leur clientèle<code> </code>: de moins en moins de ces belles névroses paternelles et de plus en plus de pathologies narcissiques difficiles à décrire… En Amérique, les choses avaient commencé depuis longtemps<code> </code>: en 1951 David Riesmann publie <em>La foule solitaire</em> où il distingue les personnalités<em> inner-directed</em>, en voie de disparition, des personnalités <em>other-directed</em>, de plus en plus fréquentes (ce livre ne sera publié en France qu’en 1964). Vingt-sept ans plus tard (1979) paraît <em>The culture of narcissism</em> de Christopher Lasch<code> </code>: c’est toute la société qui est imprégnée de ce trouble narcissique (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Après les années 80, l’évolution devient<span>  </span>tellement rapide que les adultes la perçoivent. Il n’est que d’interroger ceux qui travaillent à l’école<code> </code>: ils constatent tous que les enfants changent de plus en plus vite. Or ce sont les personnes bien conditionnées à l’autorité patriarcale qui choisissent de devenir enseignants et ceux qui font ce choix dans les années<code> </code>80 étaient nés et avaient été éduqués avant<code> </code>1968. <strong>L’autorité patriarcale ne fonctionne plus du tout avec les élèves des années<code> </code>90. </strong>Impossible d’obtenir le silence en l’exigeant<code> </code>! Il ne reste aux enseignants qu’à <strong>se faire aimer des élèves, au moins suffisamment pour que ceux-ci renoncent à leur pourrir la vie. </strong>Comme en famille…<br />
<span>   </span><br />
Dans les entreprises aussi l’évolution est visible. On se tutoie, on est censé s’apprécier et se faire confiance, voire être proches. On ne donne plus d’ordres, on négocie des objectifs. On attend du salarié qu’il se donne à fond. <strong>Un cadre de niveau élevé doit travailler sans limite, pour manifester son «<code> </code>amour<code> </code>» exclusif et sans réserve à son entreprise</strong>. Comme en famille…<br />
<span>   </span><br />
L’autorité est donc toujours le système qui pérennise les relations familiales de l’enfance. Mais elle s’est transformée et l’humain qu’elle produit est très différent de celui que produisait l’autorité patriarcale.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les adultes d’aujourd’hui</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Disons qu’ils sont nés entre la Seconde guerre mondiale et la chute du mur de Berlin. Mais l’évolution n’est pas linéaire<code> </code>: il y avait des narcisses jadis et il y a encore des familles dont les enfants possèdent la structure interne qui leur permet de penser à long terme. Entre des narcisses «<code> </code>purs<code> </code>», entièrement <em>other-directed</em> et incapables de penser à long terme et d’antiques «<code> </code>pères<code> </code>» insensibles au regard des autres et obsessionnellement braqués sur des objectifs à long terme, la plupart des individus mêlent en proportions inconnues les deux manières d’être.<br />
<span>   </span><br />
L’important est que <strong>les comportements politiques d’une personne varieront selon ce qui domine en elle.</strong> Dans un prochain billet nous tenterons d’évoquer quelques situations où les réactions des <em>inner-directed</em> et des <em>other-directed</em> sont différentes, avec parfois des conséquences qui ne laissent pas d’être inquiétantes…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Patrice Ranjard<br />
© Patrice Ranjard pour <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br clear="all" /></p>
<hr size="1" width="33%" align="left" />
<p id="ftn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ftnref1" title="_ftn1" name="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 8pt"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[1]</span></span></span></span></span></a><span style="font-size: 8pt"> Une trentaine d’ouvrages sur l’autorité, la démocratie et la « nature » humaine entre 1968 et sa mort en 2004. </span></p>
<p class="MsoFootnoteText">&nbsp;</p>
<p><br clear="all" /></p>
<hr size="1" width="33%" align="left" />
<p id="edn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"></a></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		<title>Jouer avec le feu</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/20/jouer-avec-le-feu/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 20:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Rassurer les marchés » : à longueur de journée, hommes politiques et « experts », relayés par des médias fort peu critiques, nous présentent cet objectif comme LA priorité du moment. « Si nous ne rassurons pas les marchés, le monde va s’écrouler » : tel est le message que [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
«<code> </code>Rassurer les marchés<code> </code>»<code> </code>: à longueur de journée, hommes politiques et «<code> </code>experts<code> </code>», relayés par des médias fort peu critiques, nous présentent cet objectif comme LA priorité du moment. «<code> </code>Si nous ne rassurons pas les marchés, le monde va s’écrouler<code> </code>»<code> </code>: tel est le message que l’on veut nous imprimer dans la tête. Le bon citoyen doit se préoccuper avant tout de la santé des marchés.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne reviendrons pas ici sur les critiques, arguments et propositions que nous avons développés dans les deux précédents billets consacrés à ce thème, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/06/les-marches-dodessa/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/" target="_blank"><em>De l’utilité de la Bourse</em></a> (nous vous proposons cependant de les relire avant de poursuivre la lecture de ce billet, afin de mettre en perspective les développements ci-dessous). Nous allons nous concentrer sur la dernière trouvaille du monde politique pour rassurer les susdits marchés.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une mise sous tutelle programmée…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
De Delors à Sarkozy en passant par Cohn-Bendit ou Trichet, la proposition tourne autour d’un même axe<code> </code>: il faut une plus forte intégration économique européenne, une «<code> </code><a href="http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-08-18/l-europe-est-au-bord-du-gouffre-857125.php" target="_blank">coopération économique renforcée</a><code> </code>» (Delors), un «<code> </code><a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/08/16/04016-20110816ARTFIG00420-sarkozy-et-merkel-veulent-un-gouvernement-pour-l-europe.php" target="_blank">véritable gouvernement de la zone euro</a><code> </code>» (Sarkozy), des <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/08/19/daniel-cohn-bendit-la-parole-de-nos-gouvernants-est-triple-zero_1561235_823448.html" target="_blank">euro-obligations</a> (Cohn-Bendit), un <a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/02/04016-20110602ARTFIG00512-euro-l-audacieux-testament-de-trichet.php" target="_blank">ministre des finances européen</a> (Trichet)… bref, même si cela n’est pas exprimé ainsi, une <strong>mise sous tutelle des politiques économiques nationales par une autorité européenne</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Bien sûr, les propositions varient selon les clivages politiques mais, <em>de facto</em> et en termes peu diplomatiques, leur proposition est la suivante<code> </code>: <strong>comme nous l’avons fait pour la monnaie, donnons les «<code> </code>clés du camion<code> </code>» aux Allemands qui</strong>, compte tenu de leur tempérament de fourmis besogneuses, <strong>sont les mieux placés pour conduire</strong>, avec toute la rigueur nécessaire, <strong>une politique économique européenne</strong> qui «<code> </code>rassurera les marchés<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On parlait autrefois du «<code> </code>parapluie nucléaire américain<code> </code>» en matière de défense, on peut aujourd’hui parler d’un <strong>«<code> </code>parapluie économico-financier allemand<code> </code>» sous lequel il faudrait aller se réfugier pour «<code> </code>rassurer les marchés<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’aborderons pas ici la question – cependant cruciale mais traitée dans de précédents billets – de la soumission de cette (future) autorité au lobby bancaire et financier pour nous concentrer sur un autre aspect<code> </code>: la <strong>légitimité démocratique</strong> de ce qui se prépare.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… à l’insu des citoyens…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La dernière fois que les Français ont été appelés à se prononcer sur un sujet de nature européenne, c’était en<code> </code>2005, à l’occasion de la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe. Tous les «<code> </code>grands<code> </code>» partis politiques, UMP et PS en tête, appelaient à voter «<code> </code>oui<code> </code>»… et le «<code> </code>non<code> </code>» l’emporta avec près de 55<code> </code>% des voix.<br />
<span>   </span><br />
Faisant fi du désaveu populaire, le Prince a cependant engagé la France dans le traité de Lisbonne du 13<code> </code>décembre 2007, version édulcorée du traité rejeté en<code> </code>2005.<br />
<span>   </span><br />
Le moins que l’on puisse dire, c’est que <strong>les Français sont très réservés à l’égard de l’intégration européenne</strong>. Quelle que soit l’opinion de chacun sur le sujet, <strong>le refus populaire du «<code> </code>plus d’Europe<code> </code>» est un fait, et la règle démocratique, c’est de respecter le choix de la majorité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Profiter de la «<code> </code>panique<code> </code>» actuelle pour nous embarquer dans l’aventure d’une intégration économique européenne nous semble, dans ce contexte, non seulement anti-démocratique mais fort dangereux.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… c’est jouer avec le feu</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Anti-démocratique</strong>, évidemment. Soit on transfère <em>de facto</em> des pouvoirs sans donner une consistance juridique «<code> </code>forte<code> </code>» à ce transfert, soit les pouvoirs transférés constituent un abandon manifeste de souveraineté, et il faudra alors modifier la Constitution. Dans ce cas, ne rêvons pas d’un référendum sur le sujet. Il y a fort à parier que, si cette modification est juridiquement nécessaire, elle s’effectuera par le biais d’une réunion du Congrès à Versailles, les citoyens étant exclus du processus.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dangereux</strong> car, révision constitutionnelle ou non, <strong>cette évolution en catimini vers le fédéralisme, effectuée à l’insu des citoyens sous prétexte de «<code> </code>rassurer les marchés<code> </code>», ne fera qu’attiser leur ressentiment vis-à-vis d’un personnel politique déjà largement déconsidéré</strong><code> </code>: non seulement il a été incapable (à droite comme à gauche) de «<code> </code>bien gérer<code> </code>» le pays depuis 30<code> </code>ans mais, cerise sur le gâteau, il abandonne maintenant à l’Allemagne le soin de diriger la politique économique et monétaire de la France, comme un incapable que l’on place sous curatelle.<br />
<span>   </span><br />
Voilà, à peu de choses près, le type d’argument que ne manquera pas d’employer Marine Le Pen, touchant ainsi des franges de l’électorat <em>a priori</em> peu réceptives aux thèses du Front national.<br />
<span>   </span><br />
<strong>En dehors des urnes, le résultat sera tout aussi désastreux</strong><code> </code>: poussée du sentiment anti-allemand (qui sera alors démagogiquement utilisé par ceux qui préconisent les solutions décrites plus haut), révoltes et jacqueries en tous genres (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/3/" target="_blank"><em>Révolution ou jacqueries<code> </code>?</em></a>) qui ne manqueront pas d’éclater quand les plans de rigueur conçus outre-Rhin seront mis en œuvre. On voudrait augmenter les tensions entre les nations et les peuples européens que l’on ne s’y prendrait pas mieux…<br />
<span>   </span><br />
Les dirigeants politiques de tous bords qui envisagent, dans la «<code> </code>panique<code> </code>» ambiante, un renforcement des pouvoirs communautaires sans soutien populaire sont donc en train de jouer avec le feu. <strong>On peut vouloir aller vers le fédéralisme ou le gouvernement économique européen, mais pas à l’insu des citoyens.</strong> Le silence absolu des politiques et des médias sur cette «<code> </code>non-participation du peuple<code> </code>» à une évolution aussi importante est d’ailleurs particulièrement révélateur.<br />
<span>   </span><br />
C’est, s’il en était encore besoin, une preuve supplémentaire de l’attitude de l’aristocratie qui nous gouverne à l’égard des citoyens, considérés comme une masse plébéienne par cette même aristocratie<code> </code>: il ne s’agit pas de demander aux citoyens de choisir (ce devrait pourtant être le cas dans une démocratie…) mais de contrôler les réactions de la plèbe à l’aide d’une «<code> </code>communication adaptée<code> </code>», voire de lâcher quelques miettes et quelques concessions quand «<code> </code>ça braille trop<code> </code>». Une démocratie à la Poutine, en somme…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;utilité de la Bourse</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2011 18:09:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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80 % de trouille, 20 % de cupidité, tel est le dosage du « cocktail » auquel ont fonctionné les « marchés » cette semaine (8 au 12 août). Les médias nous ont inondé d’un vocabulaire de fin du monde : écroulement, effondrement, dégringolade, descente aux enfers, dévissage, krach, panique… sans oublier de [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
<strong>80<code> </code>% de trouille, 20<code> </code>% de cupidité</strong>, tel est le dosage du «<code> </code>cocktail<code> </code>» auquel ont fonctionné les «<code> </code>marchés<code> </code>» cette semaine (8 au 12<code> </code>août). Les médias nous ont inondé d’un <strong>vocabulaire de fin du monde</strong><code> </code>: écroulement, effondrement, dégringolade, descente aux enfers, dévissage, krach, panique… sans oublier de vilipender d’une part les «<code> </code>spéculateurs<code> </code>» qui amplifient le phénomène, d’autre part les «<code> </code>colporteurs de rumeurs<code> </code>» qui ont notamment entraîné à la baisse le titre de la Société Générale.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Tout cela sonne faux.</strong> Faux car cette <strong>comédie de la «<code> </code>catastrophe que l’on évite de justesse<code> </code>»</strong> nous est maintenant servie <em>ad nauseam</em>, à intervalles de plus en plus brefs, comme un vieux plat réchauffé dont les convives ne veulent plus.<br />
<span>   </span><br />
Faux car <strong>les «<code> </code>spéculateurs<code> </code>»</strong> que l’on nous jette en pâture comme boucs émissaires, mais sans jamais prononcer leur nom, <strong>sont avant tout les banques, dont l’activité «<code> </code>salles de marché<code> </code>»</strong> (c’est-à-dire casino boursier) <strong>est une source essentielle de leurs bénéfices</strong>. Cette semaine, elles ont donc «<code> </code>joué<code> </code>» les unes contre les autres, sur le registre «<code> </code>je me porte mieux que ma voisine<code> </code>», reflétant ainsi le narcissisme et l&#8217;ego surdimensionné de leurs dirigeants respectifs.<br />
<span>   </span><br />
Faux car tout ce barnum n’est destiné qu’à engendrer la trouille auprès du bon peuple afin de le faire consentir à ce qui lui est présenté non seulement comme inéluctable mais de surcroît comme raisonnable<code> </code>: <strong>passer à la caisse via des hausses d’impôts et des réductions de prestations</strong>. Comme les médecins de Molière, politiques et doctes économistes nous expliquent que, pour que le malade affaibli guérisse, il va falloir saigner, saigner toujours plus. <em>Primo saignare, deinde purgare, postea clysterium donare</em>, comme le caricaturait Daumier.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/08/caricature-daumier.jpg" alt="caricature-daumier.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
Faux car, à chaque «<code> </code>crise<code> </code>», <strong><em>Captain America</em> Sarkozy nous sort un lièvre du chapeau</strong><code> </code>: il y a un peu plus d’un an, il nous annonçait qu’il allait «<code> </code>sauver le capitalisme<code> </code>» (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/04/page/3/" target="_blank">Ad majorem pecuniae gloriam</a></em> et l’inoubliable vidéo de Sarkozy annonçant cette grande nouvelle)<code> </code>; aujourd’hui, c’est la «<code> </code>règle d’or<code> </code>» (les mots ne sont ni anodins ni choisis au hasard<code> </code>: en associant les termes «<code> </code>règle<code> </code>» et «<code> </code>or<code> </code>», les communicants de l’Élysée veulent ainsi parer Sarkozy des attributs d’un «<code> </code>grand prêtre<code> </code>» qui détiendrait – seul – le pouvoir d’intercéder auprès du Tout-Puissant et d’édicter des règles de nature quasi-divine), en fait <strong>des fourches caudines que ce même Sarkozy propose d’inscrire dans la Constitution</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Faux car la question de fond est soigneusement évitée<code> </code>: à quoi sert la Bourse<code> </code>?</strong> Dans la panique et pour montrer au brave peuple que l’«<code> </code>on fait quelque chose<code> </code>», plusieurs pays européens viennent d’interdire les ventes à découvert. À quoi tout cela rime-t-il<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Réformer la Bourse<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Revenons aux concepts de base<code> </code>: dans la plupart des manuels d’économie, on apprend que <strong>la Bourse sert à «<code> </code>financer les entreprises<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est évidemment une énorme blague<code> </code>: aujourd’hui, la principale fonction de la Bourse, c’est de faire de l’argent avec de l’argent</strong>, le lien avec l’«<code> </code>économie réelle<code> </code>» étant de plus en plus ténu, la fonction de financement des entreprises de plus en plus théorique.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Réformons donc la Bourse.</strong> Non via des mesurettes du type interdiction des ventes à découvert mais, si l’on nous permet d’utiliser un parallèle audacieux entre le profane et le sacré, à l’image de ce qu’a fait Luther avec la foi catholique.<br />
<span>   </span><br />
Pour réformer le catholicisme, Luther ne s’est pas contenté de demi-mesures<code> </code>: il a tout mis par-dessus bord, à l’exception de ce qu’il considérait comme l’essentiel, la Bible. Tout le reste, c’est-à-dire le Pape, la hiérarchie de l’Église, les sacrements, les saints, les indulgences, la virginité de Marie… bref toute la «<code> </code>superstructure<code> </code>» du culte, est passé à la trappe.<br />
<span>   </span><br />
Le parallèle avec la Bourse<code> </code>? Si celle-ci est censée financer les entreprises, cela implique<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• de <strong>ne pouvoir acheter des actions d’une entreprise qu’en les réglant cash, immédiatement, pour la totalité du montant investi</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• de <strong>devoir conserver ces actions un minimum de deux ou trois ans</strong>. Si l’on prend la décision de financer une entreprise, ce n’est pas pour s’en retirer quelques heures ou quelques jours plus tard, n’est-ce pas<code> </code>? C’est que l’on croît sérieusement en ses possibilités de développement à moyen et long terme et que l’on inscrit cet investissement dans cette perspective.</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Tout le reste – SRD, warrants, certificats, trackers, SICAV, ETF, futures et tous autres produits dérivés ou à effet de levier </strong>(sans oublier, bien sûr, les fameuses ventes à découvert) <strong>– doit être purement et simplement interdit.</strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est tout.</strong> D’une simplicité biblique, pourrait-on dire. Revenir aux fondamentaux. Se concentrer sur l’essentiel.<br />
<span>   </span><br />
La banque et la Bourse redeviendront alors ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être<code> </code>: <strong>des activités ennuyeuses et sans grand relief, dont la croissance reflète celle de l’économie réelle</strong>. Faute de pouvoir s’investir dans le mécano financier, les «<code> </code>énergies<code> </code>» (notamment celles des cerveaux les plus brillants – voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/page/2/" target="_blank">Une autre route qu’eux</a></em>) seront à nouveau orientées vers l’innovation technologique, la production&#8230; tout simplement le monde réel.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/81406" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les marches d&#8217;Odessa</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/06/les-marches-dodessa/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/08/06/les-marches-dodessa/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2011 22:43:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Nous n&#8217;avions pas envisagé de publier un nouveau billet avant le week-end des 27-28 août mais l&#8217;actualité en a décidé autrement : en abaissant la note des États-Unis, Standard &#38; Poors a très vraisemblablement enclenché une série d&#8217;événements qui aboutiront à la dégringolade des États-nations. C&#8217;est une « clé [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Nous n&#8217;avions pas envisagé de publier un nouveau billet avant le week-end des 27-28<code> </code>août mais l&#8217;actualité en a décidé autrement<code> </code>: en abaissant la note des États-Unis, Standard &amp; Poors a très vraisemblablement enclenché une série d&#8217;événements qui aboutiront à la dégringolade des États-nations. C&#8217;est une «<code> </code>clé de lecture<code> </code>» de ces événements à venir que nous vous proposons dans ce billet.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span></p>
<p>En mai<code> </code>2010, il y a un peu plus d’un an, nous avions publié un billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank">Fourches caudines et tango argentin</a></em> que nous vous proposons de relire pour mettre en perspective d’une part l’enchaînement des événements qui vont se dérouler dans les prochains mois, d’autre part le contenu de ce billet. Vous pouvez également relire le billet de la semaine dernière (<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/31/le-%C2%AB-mal-americain-%C2%BB/" target="_blank">Le «<code> </code>mal américain<code> </code>»</a></em>)<code> </code>: toutes ces analyses sont liées.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un peu d’histoire</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis 30 ans et la mise en place des <em>Reaganomics</em> à l’échelle mondiale (qui ont eu pour conséquence de réduire les recettes des États en multipliant les baisses et exemptions d’impôts au bénéfice des entreprises et des citoyens les plus fortunés), <strong>les États n’ont cessé d’emprunter pour maintenir leur «<code> </code>train de vie<code> </code>»</strong><code> </code>: éducation, justice, diplomatie, dépenses sociales, militaires, etc.<br />
<span>   </span><br />
Ce phénomène d’emprunt structurel a abouti d’une part à <strong>créer des dettes colossales</strong> (par exemple 14<code> </code>000<code> </code>milliards de dollars pour l’État fédéral américain, 1<code> </code>650<code> </code>milliards d’euros pour l’État français), d’autre part à <strong>«<code> </code>créer de l’argent<code> </code>»</strong> (augmenter la masse monétaire, comme disent les économistes<code> </code>; vous trouverez un peu plus de détails sur ce sujet dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>On a donc multiplié exponentiellement la masse monétaire dite M3</strong>, qui comprend non seulement les billets et pièces en circulation mais aussi et surtout les dépôts sur les comptes bancaires, tous les produits d’épargne type livret<code> </code>A et tous les «<code> </code>instruments du marché monétaire<code> </code>» (bons du Trésor, SICAV, etc). En contrepartie… rien. Et c’est là que le bât blesse.<br />
<span>   </span><br />
Cette explosion de la masse monétaire d’un pays pour cause d’endettement excessif n’est pas une nouveauté. Un des exemples les plus connus est celui de la république de Weimar en Allemagne avant la Seconde guerre mondiale<code> </code>: pour payer ses dettes (liées au traité de Versailles) et assurer la paye des fonctionnaires, le gouvernement allemand avait alors fait fonctionner à plein la «<code> </code>planche à billets<code> </code>» en imprimant des milliards de marks, générant hyperinflation et instabilité économique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une pièce en trois actes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, ce «<code> </code>mal<code> </code>» a atteint un nombre très - trop - élevé de pays occidentaux, États-Unis en tête, mais également Royaume-Uni, France, Italie&#8230; Alors, que va-t-il se passer<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Premier acte, que nous vivons actuellement<code> </code>: la trouille.</strong> Les créanciers de ces dettes (banques, institutions financières, fonds de pension… notamment ceux basés en Chine) ont la trouille <strong>que certains États, dont les États-Unis, ne remboursent jamais leur dettes</strong>. D’où le climat de quasi-panique actuel, le cours des actions des banques qui dégringole en Bourse, etc.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Deuxième acte<code> </code>: l’acceptation de la réalité.</strong> Même en saignant à blanc le pauvre peuple (réduction drastique des dépenses, augmentations d’impôts…), le lobby financier va réaliser que nombre d’États ne pourront ni rembourser leurs dettes conformément aux échéances prévues, ni en rembourser la totalité. Il va donc falloir négocier, au cas par cas.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Troisième acte<code> </code>: la négociation.</strong> Le grand marchandage va alors commencer, période de fortes incertitudes pour employer une expression chère aux économistes et politiciens. «<code> </code>Vous ne pouvez pas rembourser tout le bel argent que nous vous avons prêté, alors que nous offrez-vous en échange<code> </code>?<code> </code>», demanderont les banquiers aux États.<br />
<span>   </span><br />
De la réponse de ces derniers dépendra alors notre sort. <strong>Certains dirigeants «<code> </code>lâcheront tout<code> </code>»</strong> (c’est ce que, très cyniquement, le lobby financier allemand réclame de la Grèce<code> </code>: privatisez tout ce qui peut l’être, vendez vos îles, vos statues antiques… le Parthénon même<code> </code>!). Totalement à l’opposé, <strong>d’autres</strong> (sans doute beaucoup plus rares) ne lâcheront rien et <strong>oseront prendre une position «<code> </code>révolutionnaire<code> </code>»</strong> (après la confiscation des biens du clergé le 2<code> </code>novembre 1789, celle des biens des banques le 2<code> </code>novembre 2012<code> </code>?). Entre les deux, <strong>toute la gamme des compromis, arrangements et tractations en tous genres</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dernier acte<code> </code>: des États exsangues, sur le carreau, tenus en laisse par le lobby financier</strong> (la proposition de Sarkozy d’insérer dans la Constitution l’obligation de voter un budget en équilibre va tout à fait dans ce sens) <strong>qui ont, à de très rares exceptions près, perdu tout pouvoir effectif au profit de ce même lobby</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette pièce va mettre plusieurs mois - voire plusieurs années - pour se jouer mais c’est en tout cas dans ce contexte que se dérouleront les prochaines élections présidentielles aux États-Unis et en France et <strong>c’est ce type de situation que devront gérer ceux qui seront élus en<code> </code>2012</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Alors, on fait quoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les «<code> </code>Quatre propositions pour<code> </code>2012<code> </code>» (voir notre série des billets du 12<code> </code>juin au 23<code> </code>juillet) que nous avons avancées comme agenda prioritaire pour la France nous semblent donc plus que jamais d’actualité<code> </code>: dans un tel maelström, <strong>il faudra d’une part savoir définir l’essentiel, le non négociable, d’autre part ne rien lâcher, ne jamais reculer sur ces points essentiels</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Enfin, et c’est là une qualité humaine rare, <strong>il faudra être capable de «<code> </code>sortir du cadre<code> </code>»</strong>, notamment lors de la négociation du «<code> </code>troisième acte<code> </code>» que nous avons décrite ci-dessus. Pour reprendre une expression que nous avons précédemment employée, il faudra avoir le cran de mettre, fiscalement et économiquement, quelques têtes de banquiers au bout d’une pique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le « mal américain »</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/31/le-%c2%ab-mal-americain-%c2%bb/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/07/31/le-%c2%ab-mal-americain-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jul 2011 17:29:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Le texte de cette note ayant gagné en longueur au fur et à mesure de sa rédaction, nous avons choisi de le publier sous forme de billet. N&#8217;hésitez cependant pas, si vous êtes un(e) lecteur(trice) régulier(ère) et /ou que nos billets vous intéressent, à nous adresser un mail en nous demandant de vous faire parvenir chaque semaine le sommaire de </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La Lettre <em>(voir le formulaire de contact dans la colonne de droite)</em></span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">. Vous serez ainsi certain(e) de ne manquer aucune de nos publications.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span></p>
<p align="right"><strong><span style="font-size: 8pt"><em>He that dies pays all his debts</em></span><br />
</strong><span style="font-size: 8pt"><strong> William Shakespeare</strong> </span></p>
<p>Compte tenu de la période estivale, nous ne devrions <em>a priori</em> pas publier de nouveau billet avant le week-end des 27-28 août, date à laquelle nous avons prévu de reprendre le cours habituel de nos publications.<br />
<span>   </span><br />
Les prochaines semaines s’annoncent cependant fort intéressantes, notamment compte tenu des événements outre-Atlantique. <strong>Qu’Obama aboutisse ou non à un accord avec les Républicains ne changera pas grand’ chose à la perspective à moyen terme des États-Unis, celle d’une faillite programmée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, nous vous invitons à relire plusieurs billets que nous avons publiés sur le sujet depuis janvier<code> </code>2009, annonçant sous différents angles le scénario qui se déroule sous nos yeux<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank"><em>Le jour où le dollar s’effondrera</em></a> (mars<code> </code>2009)<code> </code>: la question n’est aujourd’hui plus de savoir «<code> </code>si<code> </code>» mais «<code> </code>quand<code> </code>». En mars<code> </code>2009, nous annoncions que «<code> </code>la dégringolade du dollar se produira durant la présidence de Barack Obama<code> </code>». Un peu plus de deux ans après, ne manque qu’une paille sur le dos du chameau…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/3/" target="_blank"><em>Le point de basculement</em></a> (mai<code> </code>2009), ou quand les États-Unis ont cédé le leadership mondial à la Chine<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank"><em>Sic Transit</em></a> (septembre 2010), ou l’annonce de la mort de la superpuissance américaine<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/4/" target="_blank"><em>2011<code> </code>: le temps des perspectives</em></a> (2<code> </code>janvier 2011). En essayant de tracer les grandes lignes de l’année qui s’annonçait, nous soulignions alors l’importance de l’élection présidentielle américaine en<code> </code>2012 et la stratégie des Républicains qui «<code> </code>feront tout pour reprendre la Maison Blanche et faire chuter Obama, quitte à jouer les pompiers incendiaires en accélérant ou en favorisant le déclenchement de crises (sur les devises ou la dette publique, par exemple) qui feraient apparaître Obama comme incapable de les gérer correctement<code> </code>».</p>
<p class="MsoNormal">C’est exactement ce qui est en train de se passer<code> </code>: <strong>les Républicains</strong> – notamment l’aile droite (d’extrême-droite pourrait-on dire) rassemblée au sein du <em>Tea Part</em>y<em> – </em>ne lâcheront rien. Sous couvert de patriotisme, de vertu fiscale et de lutte contre le <em>Big Government</em>, ils <strong>ont délibérément choisi de «<code> </code>faire sauter le système<code> </code>»</strong> pour que ce qui reste d’État-providence aux États-Unis disparaisse à jamais.<br />
<span>   </span><br />
En effet, les coupes fiscales exigées par les Républicains ne concernent que les programmes sociaux et éducatifs, pas les dépenses militaires qui, influence du lobby militaro-industriel oblige (voir en ce sens l’opinion de l’ancien président républicain Eisenhower dans notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank"><em>De Mégara à Wall Street</em></a>), ne devraient pas être significativement réduites. <strong>Comme l’ex-URSS, les États-Unis vont s&#8217;effondrer sous le poids des dépenses militaires.</strong><br />
<span>   </span><br />
Enfin, ultime symbole de la puissance américaine en train de s’écrouler, le dernier vol de la navette spatiale américaine au mois de juillet marque la fin du «<code> </code>rêve américain dans l’espace<code> </code>». Celles et ceux d’entre vous qui ont assisté aux premiers pas de l’homme sur la Lune il y a quarante ans et qui se rappellent les perspectives qui faisaient alors l’objet d’un consensus (base permanente sur la Lune et vols habités vers Mars avant le XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle) saisissent sans doute d’autant mieux l’ampleur de la dégringolade.<br />
<span>   </span><br />
Et <strong>en France</strong>, pouvons-nous suivre le même chemin<code> </code>? Cela paraît aujourd’hui impensable, comme paraissait impensable il y a 15<code> </code>ans ce qui arrive en ce moment outre-Atlantique. Mais <strong>les symptômes du «<code> </code>mal américain<code> </code>» sont bien là et n’ont fait que s’aggraver durant la présidence Sarkozy</strong>, comme le montre très clairement le graphique ci-dessous<code> </code>:<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/412px-dette_publique_france_1978-2010.png" alt="412px-dette_publique_france_1978-2010.png" /><br />
<span>   </span><br />
Nous aurons bien sûr l’occasion d’aborder à nouveau tous ces sujets dès la rentrée de septembre mais, sans commenter plus avant, l’attitude «<code> </code>faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais<code> </code>» adoptée depuis peu par Sarkozy en ce qui concerne la nécessité de réduire la dette, n’en apparaît que plus pitoyable… et les solutions qu’il propose plus inadaptées.<br />
<span>   </span><br />
Au fond, Sarkozy a réussi, au sens où André Malraux l’entendait<code> </code>: il a accédé «<code> </code>au dernier poste, c’est-à-dire au niveau d’incompétence<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/77804" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012 (5)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/22/quatre-priorites-pour-2012-5/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/07/22/quatre-priorites-pour-2012-5/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Jul 2011 18:35:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Après l&#8217;école primaire, la sortie du nucléaire et la redistribution de la richesse, la quatrième priorité pour 2012, complémentaire de la troisième, est de <strong>mettre en place des mesures protectionnistes ciblées</strong>. C’est la conséquence logique de la priorité donnée au travail sur le capital.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pour un protectionnisme ciblé</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Protectionnisme ? Le mot sent le soufre. Dans la plupart des manuels d&#8217;économie, on apprend que le protectionnisme est une pratique archaïque qui consiste, pour un État, à protéger ses producteurs via des droits de douane et/ou d&#8217;autres obstacles non tarifaires (normes nationales, réglementation&#8230;). Dans le merveilleux monde du libre-échange, ces pratiques ancestrales ont disparu et les biens et services circulent sans contrainte, dans un marché qui n&#8217;est plus «<code> </code>faussé<code> </code>» par d’obsolètes réglementations étatiques.<br />
<span>   </span><br />
Voilà pour la vulgate. La réalité est évidemment quelque peu différente<code> </code>: <strong>le libre-échange a toujours été prôné par les plus forts, économiquement et surtout militairement</strong>, qui voyaient un avantage certain à ce que des pays moins aguerris qu&#8217;eux sur le plan économique, leur ouvrent sans entraves leur marché intérieur.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que, aujourd’hui chantre du libre-échange, l’Angleterre a longtemps été un pays ultra-protectionniste, imposant ses conditions commerciales via une domination maritime sans partage, permettant ainsi à l’aristocratie britannique de bâtir des fortunes colossales. Ce n’est qu’au milieu du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle que, devenue la première puissance mondiale, le Royaume-Uni opta pour une politique résolument libre-échangiste, plus conforme à ses intérêts industriels.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, <strong>les acteurs économiques qui ont le plus intérêt à ce qu’un système de libre-échange mondial soit renforcé et consolidé sont les entreprises multinationales et autres TGE</strong> qui veulent pouvoir produire et vendre sans aucune contrainte.<br />
<span>   </span><br />
Produire sans contrainte, c’est être constamment à l’affut du coût de revient le plus bas sur la planète, ce qui est très fréquemment synonyme de salaire de misère versé à un quasi-esclave, ce dernier ne bénéficiant d’aucune protection digne de ce nom (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Vendre sans contrainte, c’est n’être frappé par aucun droit de douane qui augmenterait le prix du produit fabriqué par le quasi-esclave, avec à la clé la certitude d’éliminer ou de marginaliser la concurrence «<code> </code>locale<code> </code>» qui s’évertuerait encore à «<code> </code>fabriquer au pays pour vendre au pays<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Résultat pour la plupart des pays occidentalisés, et notamment pour la France<code> </code>: <strong>depuis 40<code> </code>ans, nous avons vu filer à l’étranger, par «<code> </code>tranches<code> </code>» de secteurs d’activité et par catégories d’emplois, des pans entiers de notre industrie</strong>. D’abord le textile, puis l’électroménager, puis… tout le reste<code> </code>; d’abord les emplois ouvriers peu qualifiés, puis les plus qualifiés, puis les ingénieurs, les transferts de technologie n’ayant fait qu’aggraver et accélérer le phénomène.<br />
<span>   </span><br />
Peu à peu, insidieusement pourrait-on dire, <strong>on a ainsi remplacé de «<code> </code>bons<code> </code>» emplois</strong> (qualifiés, mieux rémunérés que le SMIC, impliquant la maîtrise d’une technique et/ou d’un savoir-faire) <strong>par des emplois de plus en plus précaires, de moins en moins qualifiés, de moins en moins rémunérés</strong>.<br />
<span> </span><br />
En ce sens, nous présenter aujourd’hui les emplois de «<code> </code>services à la personne<code> </code>» comme un «<code> </code>gisement d’avenir<code> </code>» pour l’emploi relève de la farce ou du leurre<code> </code>: quand la perspective principale (au demeurant fort honorable et fort nécessaire) d’une société est de prendre en charge les 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup><code> </code>âges pour trouver des emplois à la jeunesse, c’est que l’on a atteint la fin du parcours…<br />
<span>   </span><br />
Nous annoncer le n<sup>ième</sup> «<code> </code>plan emploi jeunes<code> </code>» (ou «<code> </code>emploi senior<code> </code>», ou autre…) sans traiter le «<code> </code>mal<code> </code>» à la racine, c’est placer un cautère sur une jambe de bois. <strong>Il va donc falloir agir</strong>, non en administrant des soins palliatifs, comme on le fait aujourd’hui, mais <strong>de façon préventive et «<code> </code>agressive<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le retour du politique</u></strong><br />
<span> </span><br />
De façon préventive et agressive, qu’est-ce que cela signifie<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, c’est qu’un mécanisme de droits de douane à l’importation permette d’aligner le prix de revient d’un produit manufacturé dans un pays à bas salaire sur le prix de revient qui résulterait d’une fabrication en France. En d’autres termes, <strong>il faut faire disparaître l’avantage concurrentiel que constitue le fait de produire dans des pays à bas salaires lorsque l’on souhaite vendre sur le marché français</strong>. Bercy ne manque pas de fonctionnaires compétents pour calculer et ajuster la bonne formule…<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, nous devons <strong>renforcer la protection de certains secteurs d’activité</strong> le temps que les entreprises existantes dans ces secteurs acquièrent une taille et une expérience suffisantes pour voler seules hors du nid.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un des cas actuellement le plus emblématique est celui de l’énergie solaire</strong><code> </code>: la quasi-totalité des panneaux solaires est importée de Chine et la seule usine française produisant ce type de panneaux, Photowatt, est dans une situation plus que précaire et a prévu de délocaliser en Pologne. Ne passons pas sous silence l’attitude d’ERDF qui savonne gaillardement la planche d’une filière photovoltaïque française qu’il ne contrôlerait pas entièrement, et d’un gouvernement Sarkozy irresponsable qui met en place un moratoire sur le photovoltaïque sous la pression du lobby nucléaire… vous avez là tous les ingrédients qui expliquent pourquoi, dans ce secteur comme dans d&#8217;autres, les PME françaises stagnent et sont incapables d’acquérir la stature de leurs consœurs allemandes.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc «<code> </code>tout le contraire<code> </code>» qu’il faut mettre en œuvre<code> </code>: <strong>il faut permettre à ce type d’entreprises de «<code> </code>décoller<code> </code>» au plan national</strong> dans un contexte favorable, <strong>sans qu’elles se trouvent confrontées à la nomenklatura des grands groupes</strong> (Areva, ERDF…) <strong>ou à une concurrence externe qui</strong>, tant en ce qui concerne les volumes de production que les coûts de revient, <strong>possède aujourd’hui un avantage irrésistible</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’employons pas ici le terme de «<code> </code>démondialisation<code> </code>» car <strong>il ne s’agit pas, selon nous, de vouloir «<code> </code>démondialiser<code> </code>» à tout prix mais avant tout de permettre à un tissu économique de PME de bénéficier – sous certaines conditions – de marges de manœuvre qu’elles n’ont plus aujourd’hui.</strong> On rapatriera ainsi en France des emplois qualifiés qui ont filé «<code> </code>ailleurs<code> </code>», cet «<code> </code>ailleurs<code> </code>» pouvant aussi bien se situer en Asie que dans des pays appartenant à l’Union européenne.<br />
<span> </span><br />
Énoncé brutalement et cyniquement (nous sommes en «<code> </code>guerre économique<code> </code>», n’est-ce pas<code> </code>?), nous devons mettre en œuvre les conditions pour que la production délocalisée en Chine, en Roumanie, en Pologne ou au Viêt Nam revienne en France. Seuls les gagnants affirment que le jeu économique est gagnant-gagnant… plaçons-nous donc dans les conditions de remporter la partie.<br />
<span>   </span><br />
On objectera que si nous agissons ainsi à l’égard d’autres pays, ils feront de même et nous verrons nos exportations freinées. C’est oublier plusieurs paramètres<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>nos principaux partenaires économiques s’appellent Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Royaume-Uni, États-Unis</strong>, autant de pays qui ont <em>grosso modo</em> les <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" title="repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" alt="repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" align="right" hspace="10" vspace="10" />mêmes niveaux de salaires et de protection sociale (on pourrait bien sûr nuancer…) et qui, en conséquence, ne doivent faire l’objet d’aucun protectionnisme de notre part<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• parlons alors du <strong>sujet qui fâche<code> </code>: la Chine</strong>. <strong>Le déficit commercial avec ce pays est de l’ordre de 23<code> </code>milliards d’euros par an</strong>. Nos exportations sont essentiellement «<code> </code>tirées<code> </code>» par les ventes d’Airbus et, à un moindre degré, par les <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" title="les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" alt="les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" align="right" hspace="10" vspace="10" />secteurs de la mécanique, de la chimie, des équipements électriques et de la santé. <strong>Exportations fragiles car très «<code> </code>politiques<code> </code>», souvent liées à des gros contrats qui comportent des transferts de technologie.</strong> Bref, ne rêvons pas<code> </code>: dans moins de dix ans, nous pourrons en faire notre deuil, la Chine ayant acquis la capacité de réaliser chez elle ce qu’elle doit encore acheter à l’extérieur<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• abordons un autre sujet délicat<code> </code>: <strong>en France, qui ferait les frais d’une politique protectionniste<code> </code>? Et qui en bénéficierait<code> </code>?</strong><br />
Parmi les perdants, on peut certainement lister les dirigeants et actionnaires de grands groupes français fortement implantés dans des pays à bas salaires, à condition que ces pays soient eux-mêmes fortement exportateurs vers la France<code> </code>: LVMH et Carrefour, par exemple.<br />
Pourquoi seulement les dirigeants et actionnaires<code> </code>? Parce qu’un magasin Carrefour bénéficiaire qui ferme en Chine, c’est moins de dividendes versés aux actionnaires… et des ennuis pour les dirigeants, mais <em>a priori</em> pas de répercussions sur l’emploi en France.<br />
Quant au <strong>secteur du luxe</strong>, il pourrait en fait n’être touché que marginalement<code> </code>: s’il existe une gamme de produits où prix plus bas n’implique pas nécessairement ventes supplémentaires, c’est bien le domaine du luxe. Le luxe est acheté pour valoriser son ego, par vanité, narcissisme et, au fond, «<code> </code>plus c’est cher, plus je vaux cher<code> </code>». Que les parfums et vins français subissent des droits de douane en hausse sur le marché chinois ne fera pas nécessairement baisser les emplois dans ces secteurs en France.<br />
Au fond, ce qui serait blessé, c’est peut être essentiellement l’ego des dirigeants de ces entreprises, forts en cour auprès du Prince<code> </code>: Bernard Arnault vient d’être promu grand officier de la Légion d’honneur et Lars Olofsson officier du même ordre…<br />
<strong>Quant aux gagnants, ils seraient infiniment plus nombreux que les perdants</strong><code> </code>: c’est l’immense majorité des collaborateurs des PME françaises qui verraient d’une part s’éloigner la crainte d’une délocalisation, d’autre part se retrouveraient demain plus nombreux lorsque qu’il deviendra plus avantageux de produire en France que dans un pays à bas salaire.</p>
<p>Nul doute que, pour un Sarkozy, la prise en compte des intérêts d’un Bernard Arnault prime nettement celle d’un ouvrier ou d’une ouvrière de 50 ou 55<code> </code>ans qui vient d’être licencié(e) pour cause de délocalisation de son activité à l’autre bout du monde. <strong>Reste à celles et à ceux qui ont l’ambition de gouverner demain la France de se prononcer nettement et sans faux-semblant<code> </code>: mettront-ils en place une politique protectionniste<code> </code>?</strong> Ou, comme le disent les Américains, préféreront-ils <em>Main Street </em>à <em>Wall Street</em><code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
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		<title>Quatre priorités pour 2012 (4)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/11/quatre-priorites-pour-2012-4/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 11:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/" target="_blank">Connaissez-vous Gini<code> </code>?</a></em>, le premier billet publié par <em>La Lettre du Lundi</em> en janvier<code> </code>2009, portait déjà sur ce thème<code> </code>: la répartition de la richesse. Depuis la fin des Trente Glorieuses, les années Reagan et Thatcher, <strong>les écarts de richesse entre individus n&#8217;ont cessé d&#8217;augmenter dans les pays occidentaux, laminant la classe moyenne qui s&#8217;était constituée dans les années 1950-1970</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous avons abordé cette question de la répartition de la richesse dans de très nombreux billets, notamment dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/2/" target="_blank">L&#8217;homme de l&#8217;année</a></em> où l&#8217;intervention du sénateur Sanders, qui ne concernait <em>a priori</em> que les États-Unis, résumait <em>de facto</em> la situation qui prévaut ou qui se dessine dans de nombreux pays, dont la France.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La présidence de Nicolas Sarkozy n&#8217;a fait qu&#8217;accentuer le phénomène</strong><code> </code>: depuis le vote de la loi TEPA, on n&#8217;en finirait pas d&#8217;égrener les mesures qui ont contribué à concentrer la richesse dans un nombre de mains toujours plus restreint.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Redistribuer la richesse<br />
</u></strong><span>   </span><br />
<strong>Redistribuer la richesse<code> </code>: telle est la troisième priorité que nous proposons pour 2012.</strong> Qu&#8217;est-ce que cela signifie<code> </code>? Pourquoi un tel objectif<code> </code>? Comment l&#8217;atteindre<code> </code>? Autant de questions que nous traiterons successivement.<br />
<span>   </span><br />
Pour délimiter le cadre de cette proposition, commençons par une définition «<code> </code>en creux<code> </code>». Redistribuer la richesse entre les individus (nous ne traiterons pas ici de la richesse des entreprises), ce n&#8217;est pas – en tout cas pas seulement – augmenter les salaires ou les retraites, imposer plus lourdement les bonus des traders ou taxer plus fortement tel type de transaction ou telle activité. C&#8217;est avant tout se fixer un <strong>objectif de répartition de la richesse entre les individus</strong> dans notre pays, sur la base du coefficient de Gini, par exemple.<br />
<span>   </span><br />
Il y a deux ans et demi, lorsque fut rédigé le billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/" target="_blank">Connaissez-vous Gini<code> </code>?</a></em>, les derniers chiffres publiés indiquaient que ce coefficient était de 0,327 en France. Les <a href="http://hdrstats.undp.org/en/indicators/161.html" target="_blank">sources alors utilisées</a> n’ont pas actualisé ce coefficient depuis cette date. Il est donc impossible de connaître avec précision son évolution depuis<code> </code>2009.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que <strong>le coefficient de Gini permet de mesurer les inégalités de revenus à l’intérieur d’une population donnée</strong>. Son calcul est basé sur l’écart entre les revenus dans le groupe considéré<code> </code>: sur une échelle de<code> </code>0 à<code> </code>1, plus le chiffre est élevé, plus les inégalités de revenus sont fortes. De façon purement théorique, si le coefficient de Gini est égal à<code> </code>0, l’ensemble de la population dispose de revenus strictement identiques<code> </code>; à l’opposé, s’il est égal à<code> </code>1, un seul individu concentre l’ensemble des revenus de la population.<br />
<span>   </span><br />
Grâce à ce coefficient, on peut notamment comparer les inégalités de revenus entre pays mais aussi, à l’intérieur d’un même pays, mesurer l’évolution des inégalités de revenus dans le temps.<br />
<span>   </span><br />
Quel objectif voulons-nous atteindre<code> </code>? Si l’on estime – nous en expliquerons plus loin les raisons – qu’un coefficient de Gini bas est un impératif pour la France, <strong>il faut alors avoir pour ambition de se situer parmi les<code> </code>4 ou 5<code> </code>pays du monde où ce coefficient est le plus faible</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Sur un total de 141<code> </code>nations analysées, la France se situe actuellement à la 26<sup>e</sup><code> </code>place au «<code> </code>palmarès de l’égalité<code> </code>», le Danemark, le Japon et la Suède occupant les premières places avec un <strong>coefficient de Gini inférieur à<code> </code>0,25</strong>. <strong>C’est l’objectif qu’il nous faut viser.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pourquoi<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
L’argument va peut être paraître suranné, vieillot, voire ridicule dans le contexte actuel<code> </code>: <strong>la politique, dans sa meilleure acception du terme, c’est la recherche du bonheur pour le plus grand nombre</strong>. Philosophie utilitariste certes mais qui a l’avantage majeur de rappeler quelques principes oubliés, ou dissimulés, dans une société qui recherche avant tout le plaisir immédiat et personnel. Nous ne discuterons pas ici de la relation entre richesse et bonheur mais, si l’on estime que les deux sont suffisamment liés ou que l’un est un préalable fréquent à l’autre, <strong>le bonheur du plus grand nombre, c’est alors la richesse pour le plus grand nombre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Un autre argument doit être avancé<code> </code>: <strong>en règle générale, les nations ayant un coefficient de Gini bas sont des démocraties «<code> </code>respectables<code> </code>»</strong>. Après les trois pays déjà cités, la Norvège, la République tchèque, la Slovaquie et la Finlande complètent le palmarès<code> </code>; à l’inverse, les pays où le coefficient de Gini est le plus élevé – donc les inégalités les plus fortes – sont la Namibie, les Comores, le Botswana, Haïti, l’Angola… que l’on ne peut guère définir comme des parangons de démocratie.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un fonctionnement démocratique «<code> </code>sain<code> </code>» semble donc étroitement lié à une répartition de la richesse aussi égalitaire que possible entre les citoyens</strong>. Les chiffres apportent là une preuve concrète à un argument de bon sens<code> </code>: quand la richesse se concentre, le pouvoir se concentre à son tour dans les mêmes mains. <strong>Répartir la richesse, c’est donc améliorer le fonctionnement de la démocratie.</strong><br />
<span>   </span><br />
Le dernier argument qui peut être avancé en faveur d’un tel objectif, c’est celui du <strong>rôle que la France souhaite – ou peut – jouer dans le monde au XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Au XVII<sup>e</sup><code> </code>siècle, elle a assis sa «<code> </code>grandeur<code> </code>» sur les conquêtes guerrières d’un Louis<code> </code>XIV. Au XVIII<sup>e</sup>, ce sont les idées liées à la Révolution française qui lui ont permis d’être considérée comme une nation à l’avant-garde, le pays des droits de l’homme. Au XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, la tragique aventure des guerres napoléoniennes marqua le retour à une vision certes classique mais en définitive vaine et éphémère de la notion de «<code> </code>puissance<code> </code>». Au XX<sup>e</sup>, il fallut attendre la politique étrangère audacieuse d’un de<code> </code>Gaulle, mélange d’ouverture vers le Tiers-monde, de non-alignement sur les États-Unis et de détention de l’arme nucléaire, pour que la France retrouve un «<code> </code>rang<code> </code>» dans le monde.<br />
<span>   </span><br />
Et au XXI<sup>e</sup><code> </code>? En rompant avec la politique étrangère d’inspiration gaulliste et en rendant hommage – tel un vassal à son suzerain – à l’Amérique de Bush dès le début de son quinquennat, <strong>Nicolas Sarkozy a «<code> </code>banalisé<code> </code>» la France</strong>. Si l’on ne considère ici que le plan économique, <strong>il l’a alignée sur un modèle américano-chinois</strong> qui fait du nombre de milliardaires que comprend chaque pays un indicateur infiniment plus médiatisé que le coefficient de Gini<code> </code>! Les conservateurs du <em>Tea Party</em> américain et les ploutocrates du Parti communiste chinois (qui n’est plus qu’un Rotary club dont les murs sont tendus de tissu rouge) ont un même objectif <strong>de société inégalitaire</strong> où les médias et la propagande sont chargés de garantir la docilité des citoyens.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Si la France peut jouer un rôle, c’est en se posant en contre-modèle</strong> de ce type de société qui ne peut générer que tensions internes, misère pour le plus grand nombre (ne nous y trompons pas, le développement d’une classe moyenne chinoise ne sera qu’un feu de paille compte tenu de la nature ultra-capitaliste du système) et, en définitive, recherche dans l’exutoire de la guerre le moyen de consolider le pouvoir de l’aristocratie au pouvoir, en désignant au bon peuple une cible pour focaliser sa haine, son ressentiment et ses frustrations.<br />
<span>   </span><br />
En affirmant et en montrant qu’il existe un autre modèle économique que l’adoration du veau d’or, la France renouerait alors avec une tradition qui remonte au siècle des Lumières, représenterait une <strong>alternative à un modèle inique</strong>, comme ce fut le cas à la fin du XVIII<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Comment<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le moyen principal d’atteindre un tel objectif, c’est bien sûr la <strong>fiscalité</strong>, tant celle qui porte sur les revenus que celle qui taxe le capital.<br />
<span>   </span><br />
En ce qui concerne les revenus (salaires et autres revenus, du type dividendes, stock-options, etc.), la première question que nous sommes amenés à nous poser est celle de l’<strong>écart souhaitable</strong> – si l’on souhaite maintenir une cohésion sociale suffisante – <strong>qui devrait exister entre les revenus les plus élevés et les plus bas</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que cet écart est aujourd’hui de l’ordre de<code> </code>1 à<code> </code>150 entre les smicards et les patrons du CAC<code> </code>40 qui perçoivent en moyenne <a href="http://www.lesechos.fr/pop.htm?/medias/2011/04/27/141078_0201324468740_web.jpg" target="_blank">2,5<code> </code>millions d’euros par an</a>, le record pour<code> </code>2010 étant détenu par Michel Rollier, le patron de Michelin, avec 4,5<code> </code>millions annuels (soit 274<code> </code>fois le SMIC). M.<code> </code>Rollier gagne donc, en une année, 6,5<code> </code>fois ce qu’un smicard percevra durant une vie active de 42<code> </code>ans…<br />
<span>   </span><br />
Une <a href="http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/201104-le-moral-des-patrons-de-pme-ipsos-lcl-latribune-bfmtv.pdf" target="_blank">enquête</a> réalisée en avril<code> </code>2011 auprès de patrons de PME (donc pas vraiment un public d’ultra-gauche…) par IPSOS et le journal <em>La Tribune</em>, montre que le rapport entre le plus bas et le plus haut salaire est inférieur à 1 à<code> </code>5 dans 79<code> </code>% des PME interrogées, à 1 à<code> </code>10 dans 13<code> </code>% d’entre elles et à 1 à<code> </code>15 dans 2<code> </code>% (6<code> </code>% des dirigeants questionnés n’ont pas répondu). <strong>Un rapport de 1 à<code> </code>20 est donc très rare</strong> et ne concerne <em>de facto</em> que les patrons et cadres dirigeants des grandes et très grandes entreprises, traders et autres stars «<code> </code>pipolisées<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On pourrait donc estimer qu’<strong>au-delà d’un revenu</strong> (toutes sources confondues) <strong>de 330<code> </code>000<code> </code>euros par an, soit 20<code> </code>fois le SMIC, le taux d’imposition doit être fortement dissuasif, jusqu’à 90<code> </code>%</strong>. Combien de personnes seront concernées<code> </code>? Difficile de connaître les chiffres avec précision mais assurément nettement moins de 0,1<code> </code>% des salariés français, donc <strong>moins d’un salarié sur mille</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Quid du capital<code> </code>?</strong> Au-delà de quel montant doit-on envisager de le taxer de façon suffisamment forte pour décourager d’en accumuler toujours plus, comme un Bernard Arnault, à la tête de 29<code> </code>milliards d’euros (de quoi rémunérer, charges sociales comprises, 28<code> </code>000<code> </code>smicards pendant toute leur vie professionnelle), qui a multiplié sa fortune par<code> </code>3,3 ces sept dernières années<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
1<code> </code>million, 10<code> </code>millions, 100<code> </code>millions, 1<code> </code>milliard<code> </code>? Lançons-nous à l’eau<code> </code>: nous proposons d’imposer le capital au-delà d’un million, comme c’est actuellement le cas avec l’ISF (quoique Sarkozy et l’UMP viennent de relever le plafond de 800<code> </code>000 à 1<code> </code>300<code> </code>000<code> </code>euros) mais, <strong>au-delà de 100<code> </code>millions</strong>, le rabot doit enlever tellement de copeaux qu’il devient inutile de vouloir amasser «<code> </code>toujours plus<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On va objecter que la frange la plus riche de la population fuira la France, qu’on découragera ainsi l’esprit d’entreprendre. C’est tout confondre et tout mettre dans le même sac.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Il y aura exode des plus riches<code> </code>? Sans doute, et alors<code> </code>?</strong> Ils «<code> </code>pompent<code> </code>» aujourd’hui la richesse de la nation sans rien lui apporter en retour, à part des plans de délocalisation et des investissements <em>offshore</em>. Et puis, cet exode pourrait bien avoir un effet bénéfique<code> </code>: on éloignera ainsi les plus fortunés du pouvoir politique.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, des dîners du Siècle aux déjeuners au Jules Verne, responsables politiques et aristocratie de l’argent se côtoient quotidiennement et, pour nombre de politiques, la «<code> </code>vraie économie<code> </code>», ce sont ces gens-là qu’ils fréquentent tous les jours ou presque, pas le patron de PME auquel on rend visite lors d&#8217;une campagne électorale «<code> </code>pour la galerie et les photographes<code> </code>», comme on va au zoo. <strong>Cet exode de l’aristocratie aèrera les allées du pouvoir en diversifiant <em>de facto</em> les interlocuteurs de nos politiques</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Quant à l’argument, «<code> </code>on va décourager l&#8217;entrepreneuriat<code> </code>», rien n’est plus faux. Pour le véritable créateur d’entreprise (excluons donc les pseudo-entrepreneurs qui n’ont qu’un rôle d’investisseur et une mentalité de contrôleur de gestion), <strong>la réalisation de soi, la volonté de conquête, la liberté de créer et l’indépendance sont des éléments déterminants</strong>. L’entrepreneur agit bien sûr aussi par calcul et appât du gain mais, lorsqu’il se jette à l’eau, la pensée que sa (très éventuelle) future fortune serait rabotée sérieusement si elle dépassait les 100<code> </code>millions d’euros ne saurait constituer un frein sérieux à l’esprit d’entreprendre.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le principal obstacle</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Redistribuer la richesse en France apparaît donc comme une nécessité de «<code> </code>salubrité publique<code> </code>», pour reprendre une autre expression vieillotte, fort en usage au XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle. <strong>Le principal obstacle n’est cependant pas d’ordre technique mais «<code> </code>psychologico-politique<code> </code>»</strong>, pourrait-on dire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis 40<code> </code>ans, la nouvelle aristocratie que constituent ces 0,1<code> </code>% ou 0,01<code> </code>% de Français les plus riches</strong>, dont nous proposons de rogner très sérieusement fortune et privilèges, <strong>a favorisé, encouragé et popularisé le «<code> </code><a href="http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-syndrome-du-larbin-76062" target="_blank">syndrome du larbin</a><code> </code>»</strong> qui aboutit à «<code> </code>prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont (on) est issu<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans un pays dont la devise est «<code> </code>liberté, égalité, fraternité<code> </code>», les médias nous présentent comme un exploit le fait que Bernard Arnault soit, en<code> </code>2011, passé de la 7<sup>e</sup> à la 4<sup>e</sup><code> </code>place du classement mondial des milliardaires… Voilà donc une République où l’on nous montre en exemple la réussite aristocratique<code> </code>! <strong>C’est donc dans les esprits que se jouera la bataille de la redistribution de la richesse car, au-delà des arguments techniques, il faudra oser – symboliquement et fiscalement – mettre des têtes au bout d’une pique.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<title>Quatre priorités pour 2012 (3)</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jul 2011 19:16:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Deuxième priorité pour 2012, exposée dans le précédent billet (<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour 2012 – 2</em></a>)<code> </code>: <strong>sortir du nucléaire</strong>. Dans ce billet, nous avions expliqué ce qu’est la technologie de la fission nucléaire et pourquoi <strong>il est absolument vital d’en sortir, le plus vite possible de préférence</strong>. Nous ne traiterons pas ici la question de la responsabilité de ceux qui ont effectué des choix aussi suicidaires, qui nous ont fourré dans un pareil guêpier, afin de nous concentrer sur le «<code> </code>comment<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>En sortir, comment et dans quelles conditions<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
10 ans, 20 ans, 30 ans<code> </code>? On peut bien sûr en débattre mais, ce qui est incontournable, c’est que <strong>plus nous voulons sortir rapidement du nucléaire, plus cela coûtera cher, plus ce sera difficile</strong>. Ce qui ne signifie évidemment pas qu’il faut renoncer à cet objectif.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cher car il va falloir, simultanément, payer le démantèlement des 58<code> </code>réacteurs nucléaires existants tout en investissant massivement dans les autres énergies</strong><code> </code>: solaire – terrestre et spatial -, éolien, biomasse, géothermie… en sachant que ces énergies ne pourront pas immédiatement remplacer – en terme de mégawatts – ce que produit actuellement la fission nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Difficile compte tenu de notre dépendance à l’égard de cette filière nucléaire.</strong> En France, la production d’électricité à base d’énergie nucléaire est de l’ordre de 410<code> </code>milliards de kilowatts-heure (ou 410<code> </code>térawatts-heure). À titre indicatif, il faudrait un million d’éoliennes de très bon rendement (4<code> </code>mégawatts-heure chacune) ou un peu plus de 2<code> </code>000<code> </code>km² de panneaux solaires (sur la base d’un rendement annuel de 200<code> </code>kilowatts-heure par m²), soit un carré de 45<code> </code>kilomètres de côté, pour obtenir le même résultat.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Difficile car il faudra mettre en place des mesures d’économie d’énergie</strong>, visant notamment à limiter le «<code> </code>gaspillage<code> </code>» d’électricité, mesures qui vont totalement à l’encontre de la «<code> </code>culture<code> </code>» de consommation d&#8217;électricité sans limites qui prévaut depuis pratiquement un demi-siècle. Et puis, moins d’électricité consommée égale moins de bénéfices pour EDF<code> </code>: il y aura donc nettement <strong>conflit entre l’intérêt de l’entreprise et celui de la collectivité</strong>. Ce type de conflit n’est certes pas nouveau mais une politique visant à limiter de façon plutôt drastique la consommation d’électricité ne fera que l’exacerber.<br />
<span>   </span><br />
Ce sera donc tout sauf simple. Il faudra certainement, durant une période transitoire, <strong>relancer la construction de centrales à gaz à cycle combiné</strong>, ce qui suscitera de nouveaux débats et polémiques<code> </code>: ces centrales sont sources de gaz à effet de serre… la solution comporte donc des inconvénients, d’une nature cependant bien moins grave que celle de la technologie de la fission nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
Une fois de plus, se pose ici la <strong>question du choix en politique, notamment dans le domaine de l’énergie</strong>, évoquée dans une précédente série de billets (voir références en fin d’article). Compte tenu de l’importance de l’enjeu, <strong>on peut – on doit - se poser la question de l’opportunité d’un référendum ou d’une consultation populaire</strong> sur le sujet.<br />
<span>   </span><br />
Le débat sur l&#8217;opportunité d&#8217;un référendum n’est cependant pas si facile à trancher<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• d’un côté, <strong>on ne peut pas effectuer des choix aussi importants à l’insu des citoyens, comme cela a été le cas avec le nucléaire </strong>sur le mode «<code> </code>Ne vous en faites pas, tout va bien, grâce au nucléaire nous avons l’électricité la moins chère d’Europe<code> </code>». On ne peut pas affirmer que la démocratie, c’est le pouvoir du peuple et refuser toute forme de démocratie directe<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• d’un autre côté, <strong>les moyens de «<code> </code>matraquage<code> </code>» médiatique du lobby pro-nucléaire sont aujourd’hui démesurés si on les compare à ceux du «<code> </code>camp d’en face<code> </code>»</strong>. Fukushima est déjà oublié pour la plupart de nos concitoyens (le Japon, c’est bien loin, n’est-ce pas<code> </code>?) et la double perspective de voir d’une part le prix de l’électricité augmenter, d’autre part sa consommation limitée, alors que les dangers de la fission nucléaire sont soit méconnus, soit «<code> </code>refoulés<code> </code>» peuvent amener une société majoritairement narcissique (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/04/culture-narcissique-et-politique/" target="_blank"><em>Culture narcissique et politique</em></a>) et obsédée par le court terme à choisir le «<code> </code>confort<code> </code>» immédiat en application du principe «<code> </code>après moi le déluge<code> </code>»…</p>
<p class="MsoNormal"><strong>La sortie du nucléaire n’est donc pas qu’un choix technique mais aussi un «<code> </code>choix de société<code> </code>»</strong> dans la pleine acception du terme<code> </code>: <strong>elle suppose et implique une majorité de citoyens «<code> </code>matures<code> </code>» qui aient la volonté de «<code> </code>reprendre le pouvoir<code> </code>» pour effectuer puis assumer des choix difficiles.</strong><br />
<span>   </span><br />
C’est donc, par voie de conséquence, la fin d’une certaine apathie collective (même s’il y a, heureusement, des individus qui font exception<code> </code>!) qui consiste à laisser décider – sans trop les contester au préalable – les politiques et technocrates (notamment <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/#comments" target="_blank">la «<code> </code>caste des X-mines<code> </code>» que dénonçait un commentateur dans le précédent billet</a>) pour les critiquer ensuite, trop tard, trop mollement et, pourrait-on presque dire, trop facilement.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Objections et questions</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Si on ne creuse pas trop le sujet, l’option de la fission nucléaire paraît, en définitive, plutôt confortable</strong><code> </code>: «<code> </code>tant qu’une centrale ne part pas en vrille ou que l’on n’installe pas un centre de stockage de déchets nucléaires à côté de chez moi, je bénéficie d’une électricité pas trop chère. Et puis, il n’y a jamais eu de problème grave dans une centrale française, n’est-ce pas<code> </code>? Quant aux déchets, on trouvera bien un jour le moyen de s’en débarrasser…<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Voilà, à peine caricaturé, le type de «<code> </code>réflexion<code> </code>» basée sur un consensus mou, une acceptation facile, la peur de devoir renoncer à un confort immédiat, qui sert de soubassement à une argumentation pro-nucléaire ou «<code> </code>a-nucléaire<code> </code>» («<code> </code>je ne suis pas pour, je ne suis pas contre, je n’y comprends pas grand’ chose, je m’en fous<code> </code>»).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Fukushima a certes «<code> </code>secoué le cocotier<code> </code>»</strong> et amené un nombre plus important de citoyens à prendre conscience de la dangerosité extrême de la fission nucléaire mais, pour nombre de Français(es), le soufflé est déjà retombé ou, pour reprendre l’expression de notre commentateur déjà cité, «<code> </code>le couvercle est retombé sur la lessiveuse<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Cette «<code> </code>pensée<code> </code>» permet donc de maintenir une majorité apathique et silencieuse dans un état d’esprit mi-résigné, mi-anesthésié, afin que des «<code> </code>arguments<code> </code>» qui ne résistent pas à l’analyse soient acceptés sans contestation<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"> • <em>Le nucléaire, c’est pas cher</em><br />
Qui sait<code> </code>? Pas le gouvernement en tout cas, le Premier ministre ayant demandé en mai<code> </code>2011, juste après la catastrophe de Fukushima, une expertise des «<code> </code>coûts de la filière nucléaire, y compris ceux relatifs au démantèlement des installations et à l’assurance des sites<code> </code>». Il souhaite disposer de ce rapport «<code> </code>avant le 31<code> </code>janvier 2012<code> </code>». C’est l’aveu même pas voilé que<strong> le Premier ministre d’un Sarkozy ouvertement pro-nucléaire n’a aucune idée précise du coût de cette filière<code> </code>!</strong><br />
Ce que l’on sait cependant, c’est que <strong>les nouveaux réacteurs s’avèrent en général plus chers que les précédents</strong>, que ce soit au niveau des prévisions ou – pire encore – de la réalisation<code> </code>: les surcoûts observés sur le chantier de l’EPR en Finlande et en France sont à cet égard très significatifs.<br />
On risque en fait de s’apercevoir, malgré le «<code> </code>couvercle sur la lessiveuse<code> </code>», que <strong>le nucléaire, c’est très cher, et que les milliards d’euros investis dans cette filière ont été bien mal employés</strong>, au détriment d’énergies renouvelables dont le coût de production décroît compte tenu d’améliorations technologiques (meilleur rendement des panneaux solaires, nouveaux matériaux pour les éoliennes, etc.).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Le nucléaire, c’est l’indépendance énergétique de la France<br />
</em>Rappelons tout d’abord que 100<code> </code>% de l’uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires français est importé, principalement du Canada, du Kazakhstan et du Niger. Comme le pétrole, <strong>la matière première du nucléaire dépend entièrement des importations</strong>. Donc zéro pour l’indépendance énergétique.<br />
Rappelons ensuite que l’énergie nucléaire ne produit que de l’électricité. En France, où la consommation de cette dernière est fortement encouragée depuis plus de 30<code> </code>ans par le couple EDF-Areva, elle est supérieure à la moyenne européenne et représente 23<code> </code>% de la consommation totale d’énergie, <strong>le nucléaire étant source de 18<code> </code>% de cette même consommation totale</strong>. Même en faisant abstraction du fait que nos centrales nucléaires «<code> </code>roulent<code> </code>» à l&#8217;uranium étranger, l’argument «<code> </code>indépendance énergétique<code> </code>» perd là encore 82<code> </code>% de sa force…<br />
Derrière cet argument d’indépendance énergétique, le lobby nucléaire essaie en fait de faire croire qu’il existe un lien direct entre développement de la filière nucléaire et fin de la dépendance au pétrole. Mais, comme le notent avec beaucoup de justesse <em>Les Cahiers de Global Chance</em> (n°<code> </code>29), «<code> </code><strong>le choix nucléaire de la France n’est fondamentalement pas un choix énergétique</strong>. Il trouve son origine dans la politique de reconstruction menée après la Seconde guerre mondiale, qui a fait du <strong>nucléaire un levier essentiel pour redonner à la France sa &#8220;grandeur&#8221;. Il est alors essentiellement question d’applications militaires et de génie industriel. La politique énergétique n’est devenue que vingt ans plus tard</strong>, à la faveur des chocs pétroliers, le vecteur privilégié du maintien de cet attribut national. Dès lors, et jusqu’à aujourd’hui, <strong>c’est la stratégie énergétique qui s’est adaptée aux exigences du nucléaire, et jamais le contraire</strong>.<code> </code>»<br />
Ne confondons donc pas les enjeux et les priorités<code> </code>: d’une part la place de la France parmi les grandes puissances et sa détention de l’arme nucléaire (c’est un autre débat que nous n’aborderons pas dans ce billet), d’autre part <strong>58<code> </code>réacteurs nucléaires en activité qui n’assurent en rien une quelconque indépendance énergétique à notre pays</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Le nucléaire, en France, c’est sûr, nous avons les meilleures normes de sécurité au monde</em><br />
Pas tant que cela quand on commence à y regarder de près<code> </code>: <strong>en 20<code> </code>ans</strong>, de 1986 à 2006, <strong>les centrales françaises ont </strong><strong>enregistré 10<code> </code>786<code> </code>incidents significatifs</strong> – largement plus d’un par jour – dont 1<code> </code>615 classés au niveau<code> </code>1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires), 59 au niveau<code> </code>2 et un au niveau<code> </code>3. Cette multiplication d’incidents montre que l’on est très loin d’une fiabilité absolue et d’une technique maîtrisée à 100<code> </code>% à tous les instants.<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" title="irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" alt="irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" /><br />
Il est cependant exact qu’aucun accident grave ne s’est encore déroulé en France. Cependant, <strong>plusieurs facteurs de risques vont se conjuguer dans les prochaines années</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– le <strong>vieillissement du parc nucléaire français</strong><code> </code>: l’âge moyen des centrales en fonctionnement est de 20<code> </code>ans<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– la <strong>volonté de «<code> </code>maîtriser les coûts<code> </code>»</strong>, qui va immanquablement se traduire par une baisse globale de la qualité des opérations de maintenance et par un recours plus important à la sous-traitance sélectionnée sur le seul critère du prix. Comme dans le BTP, les «<code> </code>arrangements<code> </code>» avec le respect des normes vont se multiplier<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– le <strong>départ à la retraite des ingénieurs et ouvriers spécialisés embauchés dans les années<code> </code>1970</strong>, qui ont assuré le fonctionnement des réacteurs nucléaires depuis 30 ou 40<code> </code>ans. La filière nucléaire n’attirant guère les étudiants, la pénurie de main d’œuvre qualifiée qui se dessine et la perte d’expérience qui va résulter de la transition de générations sont autant de facteurs d’aggravation des risques.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Sans le nucléaire, on retourne à la bougie</em><br />
Si on sort du cadre franco-français, on s’aperçoit que, dans le monde, le nucléaire produit moins d’énergie que la seule hydro-électricité et quatre fois moins que l’ensemble des énergies renouvelables, si l’on inclut la biomasse. Globalement, <strong>le nucléaire ne représente que 3<code> </code>% de l’énergie consommée dans le monde… mais concentre près de 100<code> </code>% des risques liés à la production d’énergie</strong>.</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Née à Hiroshima, la technologie de la fission nucléaire a ensuite essayé de se «<code> </code>civiliser<code> </code>» à grand renfort de slogans du type «<code> </code>l’atome propre<code> </code>» et autres billevesées. Mais, dès qu’on creuse un peu le sujet, on s’aperçoit vite que «<code> </code><strong>le nucléaire est une technologie du passé sans avenir</strong><code> </code>», pour reprendre le titre d’un excellent article de Bernard Laponche paru dans <em>La Tribune</em> (26<code> </code>avril 2011).<br />
<span>   </span><br />
Sous-produit de la guerre froide et d’un monde – aujourd’hui disparu – basé sur l’équilibre de la terreur, <strong>les atouts auto-proclamés de la technologie de la fission nucléaire ne sont plus qu’illusions</strong><code> </code>: illusion d’une énergie bon marché, illusion d’indépendance énergétique, illusion de sécurité et de fiabilité… <strong>La seule réalité, c’est celle d’un risque totalement disproportionné, d&#8217;une inadaptation avérée aux enjeux énergétiques du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span><br />
Pour plus de détails, nous vous suggérons de consulter le site Internet <a href="http://www.global-chance.org/index.php" target="_blank">Global chance</a>, très complet et remarquablement argumenté sur le sujet.<br />
<span>   </span><br />
Liste des billets consacrés à l’absence de prospective en politique et à ses conséquences dans le domaine de l’énergie :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank">Les chênes qu’on abat</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank">Le bout de l’impasse</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/" target="_blank">Sortir de l’impasse (1)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/" target="_blank">Sortir de l’impasse (2)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/22/sortir-de-limpasse-3/" target="_blank">Sortir de l’impasse(3)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/" target="_blank">No future</a></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/70987" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012 (2)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 25 Jun 2011 21:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Après avoir proposé, dans le précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/" target="_blank">Quatre priorités pour<code> </code>2012</a></em>), la priorité n°<code> </code>1 pour 2012 – l&#8217;investissement massif dans l&#8217;école primaire, la maîtrise de la langue écrite et des mathématiques élémentaires – nous allons maintenant aborder la deuxième priorité.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Sortir du nucléaire<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En pleine affaire Dreyfus, le caricaturiste Caran d’Ache avait réalisé deux dessins représentant le dîner d&#8217;une famille bourgeoise «<code> </code>avant<code> </code>» et «<code> </code>après<code> </code>» avoir parlé de «<code> </code>l&#8217;affaire<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_surtout_ne_parlons_pas_de_l-affaire_dreyfus.jpg" alt="jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_surtout_ne_parlons_pas_de_l-affaire_dreyfus.jpg" /></p>
<p><span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_ils_en_ont_parle_l-affaire_dreyfus.jpg" alt="jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_ils_en_ont_parle_l-affaire_dreyfus.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
La situation comporte de fortes similitudes avec les propos qui entourent le «<code> </code>nucléaire<code> </code>»<code> </code>: entre les invectives anti-nucléaire («<code> </code>Areva assassin<code> </code>!<code> </code>») et pro-nucléaire («<code> </code>Vous voulez nous ramener à l&#8217;époque de la bougie<code> </code>!<code> </code>»), il y a rarement de la place pour une argumentation construite et raisonnée.<br />
<span>   </span><br />
Le sujet promettant d&#8217;être largement débattu lors de la campagne présidentielle, nous allons le traiter de façon un peu détaillée en abordant successivement les <strong>quatre points suivants</strong><code> </code>:</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le nucléaire, c&#8217;est quoi<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">En sortir, pourquoi<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">En sortir, comment et dans quelles conditions<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">Objections et questions.</li>
</ul>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Le nucléaire, c&#8217;est quoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Un peu de connaissance scientifique et technique est indispensable, sinon on aborde le sujet comme de la «<code> </code>quasi-magie<code> </code>», en portant un jugement sur une technologie sans en comprendre un minimum d’éléments.<br />
<span>   </span><br />
Une centrale nucléaire comprend plusieurs réacteurs nucléaires dont le fonctionnement repose sur <strong>la technologie de la fission nucléaire, laquelle</strong> <strong>consiste à projeter un neutron contre le noyau d’un atome «<code> </code>lourd<code> </code>»</strong>, c’est-à-dire comportant plusieurs dizaines de protons, électrons et neutrons.<br />
<span>   </span><br />
L’atome lourd utilisé pour produire de l’énergie par fission nucléaire est l’<strong>uranium<code> </code>235</strong>. «<code> </code>Bombardé<code> </code>» par un neutron, il devient instable et se fragmente. De cette fragmentation vont résulter<code> </code>:</p>
<ul>
<li>d&#8217;une part une très grande variété de «<code> </code><strong>produits de fission</strong><code> </code>», c&#8217;est-à-dire d&#8217;atomes plus légers<code> </code>;</li>
<li>d’autre part deux ou trois neutrons qui vont, à leur tour, «<code> </code>bombarder<code> </code>» d’autres atomes d’uranium<code> </code>235, provoquant ainsi ce que l’on appelle une «<code> </code><strong>réaction en chaîne</strong><code> </code>».<br />
Dans un réacteur nucléaire, l’objectif est de contrôler cette réaction en chaîne afin d’éviter qu’elle ne ralentisse trop ou, à l’inverse, qu’elle ne s’emballe. Pour ce faire, on utilise des «<code> </code><strong>barres de contrôle</strong><code> </code>» en cadmium ou en bore qui ont pour fonction de contrôler le flux de neutrons chargé de bombarder l’uranium<code> </code>235. Mais si la réaction en chaîne devient incontrôlée, alors là tout dérape… ;</li>
<li>enfin, cette explosion au niveau microscopique produit de l’<strong>énergie, sous forme de chaleur</strong>. Dans un réacteur nucléaire dit à eau pressurisée, la chaleur dégagée permet de chauffer de l’eau, la vapeur ainsi créée faisant tourner une turbine qui produit de l’électricité.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><span>   </span><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/fusuin-nucleaire-3.png" alt="fusuin-nucleaire-3.png" /></p>
<p>Le réacteur nucléaire contient donc des «<code> </code>combustibles<code> </code>» à base d’uranium naturel ou enrichi. Comme tout combustible, il doit être changé une fois «<code> </code>usé<code> </code>»<code> </code>: le combustible usé comprend des produits de fission et des transuraniens (c’est-à-dire des éléments plus lourds que l’uranium), dont le <strong>plutonium</strong>, <strong>qui présente une radiotoxicité très élevée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les produits de fission constituent les fameux «<code> </code><strong>déchets nucléaires</strong><code> </code>». Fortement radioactifs, ils ont une <strong>demi-vie</strong> (c’est-à-dire que, durant cette période, leur radioactivité diminue de moitié) qui peut être extrêmement longue<code> </code>: 11<code> </code>ans pour le krypton<code> </code>85, 28<code> </code>ans pour le strontium<code> </code>90, 30<code> </code>ans pour le césium<code> </code>137… mais 3<code> </code>millions d’années pour le césium<code> </code>135… et jusqu’à 18<code> </code>millions d’années pour le palladium<code> </code>107.<br />
<span>   </span><br />
En d’autres termes, pour que la dangerosité liée à la radioactivité du césium<code> </code>135 diminue de moitié, il faut attendre 3<code> </code>millions d’années<code> </code>; pour qu’elle diminue de 75<code> </code>%, 6<code> </code>millions d’années… puis 9<code> </code>millions d’années pour qu’elle ait diminué de 87 ou 88<code> </code>%&#8230;<br />
<span>   </span><br />
En France, la plus grande partie du combustible nucléaire usé est retraité afin de pouvoir à nouveau être utilisé comme combustible nucléaire. Mais cette <strong>opération de retraitement</strong> <strong>génère également d’autres «<code> </code>déchets<code> </code>» radioactifs</strong> que l’on vitrifie afin de les stocker… pendant plusieurs centaines de milliers d’années.</p>
<p align="left"> <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" title="carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" alt="carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" /><strong>Les stocker où<code> </code>?</strong> Un peu partout en fait<code> </code>: en France, sur le site de La Hague mais aussi dans l’Aube, à Soulaines-Dhuy… et dans des dizaines d’autres endroits (voir carte). Ne sachant trop que faire des <strong>déchets qui resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de siècles</strong>, on envisage de les enterrer en « couche géologique profonde », à plusieurs centaines de mètres sous terre.</p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>En sortir, pourquoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Voilà – très schématiquement – pour la théorie. La technique paraît fort séduisante en apparence. Alors, pourquoi vouloir «<code> </code>sortir du nucléaire<code> </code>»<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour une raison fort simple<code> </code>: <strong>parce que nous allons en mourir</strong> – nous ou, plus probablement, nos descendants – <strong>et que cette probabilité ne fera qu’augmenter avec le temps</strong>. Dans un précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/page/5/" target="_blank">Le bout de l’impasse</a></em>), j’avais écrit que «<code> </code><strong>Parier sur l’énergie nucléaire comme &#8220;énergie du futur&#8221; et envisager son extension, c’est jouer à la roulette russe avec sept balles dans le barillet</strong>. C’est non seulement la fin assurée de toute civilisation mais aussi… la mise en place d’un moyen extrêmement efficace pour supprimer l’espèce humaine de la surface de la Terre<code> </code>». Détaillons-en les raisons.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La première menace</strong>, qui peut survenir à tout instant, c’est l’<strong>accident nucléaire</strong> de type Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima, c’est-à-dire la <strong>perte de contrôle de la réaction en chaîne</strong>. Dans ce cas, le réacteur surchauffe, pouvant aller jusqu’à fondre en dégageant une énorme pollution radioactive. C’est ce qui s’est récemment produit à Fukushima où les cœurs des réacteurs<code> </code>1, 2 et 3 ont fondu, créant des trous dans leurs enceintes de confinement.<br />
<span>   </span><br />
À cet égard, <strong>l’exemple de Tchernobyl est particulièrement instructif</strong>. Survenu il y a 25<code> </code>ans, en<code> </code>1986, nous disposons maintenant d’un peu de recul pour commencer à en apprécier les effets.<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu des doses de radioactivité libérées lors de l’accident, on peut estimer le nombre de <strong>morts supplémentaires par cancer à plus de 450<code> </code>000</strong> (estimation <em>Radiation Effect Research Foundation</em>), <strong>le chiffre pouvant être triplé</strong> si l’on considère plutôt les estimations de trois scientifiques américains ayant étudié la mortalité à l’usine nucléaire de Hanford. Attention<code> </code>! Ce nombre ne comprend que la population qui était en vie au moment de la catastrophe.<br />
<span>   </span><br />
À ces morts supplémentaires par cancer vont s’ajouter les <strong>décès prématurés de personnes nées depuis la catastrophe et vivant dans des lieux contaminés par celle-ci</strong> (qui peuvent se trouver parfois à plusieurs centaines de kilomètres de Tchernobyl<code> </code>; voir carte). Compte tenu d’une irradiation des sols et des eaux très supérieure à la normale, elles développeront prématurément des cancers.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/radiation-from-chernobyl.jpg" alt="radiation-from-chernobyl.jpg" /><span>   </span><br />
À ces morts prématurées s’ajoutent les <strong>anomalies génétiques</strong>. Nombre d’enfants n’y survivent pas mais les photographies de ceux qui en réchappent montrent clairement les ravages et horreurs de la contamination nucléaire (voir notamment l’excellent reportage de Paul Fusco, <em><a href="http://inmotion.magnumphotos.com/essay/chernobyl" target="_blank">Chernobyl Legacy</a></em><code> </code>; cliquez sur <em>play</em> après les images d&#8217;introduction<code> </code>; attention, âmes sensibles s’abstenir).<br />
<span>   </span><br />
Pour clore le tableau, rappelons que <strong>les coûts engendrés par cette catastrophe ne diminuent pas avec le temps, bien au contraire</strong>. La zone d’exclusion de 30<code> </code>kilomètres autour de la centrale devra être bouclée et surveillée pendant plus de 200<code> </code>siècles, le nombre de malades liés à la contamination ne diminue pas, le «<code> </code>sarcophage<code> </code>» construit sur les réacteurs donne déjà de sérieux signes de faiblesse<code> </code>: il faut en construire un nouveau, pour plus d’un milliard d’euros, qui ne durera guère plus d’un siècle… En résumé, <strong>la région est et restera un lieu de désolation et de mort pendant plusieurs dizaines de millénaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À cette première menace que constitue l’accident nucléaire s’en ajoute une seconde, moins spectaculaire mais tout aussi létale car sa dangerosité est en augmentation constante et va perdurer plusieurs centaines de siècles<code> </code>: l’<strong>accumulation de déchets radioactifs dont la quantité ne cesse de croître alors que leur toxicité se compte au mieux en dizaines d’années, plus fréquemment en dizaines de millénaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous nous trouvons donc pris «<code> </code>en sandwich<code> </code>» entre <strong>deux menaces conjuguées</strong> dont la probabilité de réalisation augmente chaque jour<code> </code>: <strong>d’une part celle de l’accident dans une centrale nucléaire</strong> (imaginez un instant un accident de ce type à Flamanville, dans la Manche, à Paluel, au nord du Havre, ou à Chinon, au bord de la Loire, avec des vents d’ouest dominants), <strong>d’autre part l’accumulation croissante de déchets mortels</strong>.<br />
<span>   </span><br />
C’est en effet une caractéristique majeure de ce qu’il faut bien appeler la menace du nucléaire civil<code> </code>: <strong>au fur et à mesure des années, les risques vont constamment augmenter</strong>. Plus de centrales plus longtemps en activité signifie à la fois plus de risques d’accidents et plus de déchets radiotoxiques créés…<br />
<span>   </span><br />
On comprend mieux pourquoi, en enclenchant cette spirale infernale, <strong>nous avons mis en place une technologie pour «<code> </code>flinguer<code> </code>» de façon définitive l’espèce humaine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À ce stade, est-il possible d’en sortir et, dans l’affirmative, comment<code> </code>? Quelles sont les «<code> </code>objections et questions<code> </code>» traditionnellement adressées aux partisans d’une sortie du nucléaire<code> </code>? Si l’on est convaincu de la gravité du danger que représentent les centrales nucléaires, quelles réponses apporter aux objections «<code> </code>pro-nucléaire<code> </code>»<code> </code>? C’est ce que nous examinerons dans le prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2011 17:36:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
À moins d’un an de l’échéance, nous sommes déjà entrés dans la campagne présidentielle. D’entrée de jeu, situons-en cependant l’enjeu<code> </code>: <strong>cette élection ne changera pas le sort de la France</strong>. Après avoir analysé l’évolution de la société, de l’économie et du politique depuis plus de deux ans, <strong>nous sommes arrivés à la conclusion que la «<code> </code>société occidentale<code> </code>» est en fin de parcours</strong>, allant de «<code> </code>crise<code> </code>» en «<code> </code>crise<code> </code>» qui constituent autant d’étapes de sa désagrégation. Comme le souligne un de nos lecteurs commentant le billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/#comments" target="_blank"><em>No Future<code> </code>?</em></a>, «<code> </code>la machine ne me paraît plus sous contrôle<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Nous n’allons donc certainement pas prétendre qu’en élisant Untel plutôt qu’Untel, le ciel s’éclaircira brusquement</strong> et que «<code> </code>tout deviendra possible<code> </code>», pour parodier et moquer le slogan de campagne<code> </code>2007 de l’actuel locataire de l’Élysée.<br />
<span>   </span><br />
Pour autant, <strong>quelques marges de manœuvre subsistent</strong> et ces marges, il faut s’efforcer de les exploiter au mieux. Nous pouvons, en mettant en œuvre d’autres options politiques, d’une part mieux «<code> </code>amortir<code> </code>» le choc de la dégringolade que ne le feront les Britanniques ou les Américains, d’autre part préparer les conditions d’un «<code> </code>après<code> </code>», même si cet «<code> </code>après<code> </code>» est à la fois hypothétique et probablement très lointain.<br />
<span>   </span><br />
Pour atteindre ce double objectif, <strong>nous proposons de concentrer nos ressources, nos actions et nos efforts sur quelques priorités</strong> susceptibles de générer un véritable «<code> </code>effet de levier<code> </code>». Dans un précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank"><em>L’alpha et l’oméga</em></a>), nous avions évoqué la nécessité de «<code> </code>sanctuariser<code> </code>» quelques domaines, afin de les mettre à l’abri des appétits des TGE (très grandes entreprises) et de préserver leur caractère essentiel<code> </code>: servir de manière égalitaire l’ensemble des citoyens. Nous y sommes. Il faut maintenant les nommer.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce billet et le ou les billets qui vont suivre, <strong>nous allons donc nous efforcer de définir des priorités</strong>. Elles seront en nombre limité<code> </code>: <strong>quatre seulement</strong>. Ce nombre est volontairement restreint, tout le contraire des programmes qui comptent des dizaines de propositions, catalogues à la Prévert où l’on s’efforce de n’oublier aucune «<code> </code>cible<code> </code>» dans son plan marketing électoral.<br />
<span>   </span><br />
À titre de comparaison, à l’image de la politique d’indépendance nationale mise en œuvre il y a 50<code> </code>ans par Charles de Gaulle (et enterrée par Nicolas Sarkozy avec le retour dans l’OTAN), notre intention est de <strong>définir des priorités qui d’une part servent l’intérêt de la France et de l’ensemble des Français, d’autre part sont ou seront susceptibles de faire l’objet d’un large consensus</strong>. Ce ne sont donc pas seulement les priorités d’une campagne ou d’un candidat mais bien des <strong>priorités de longue durée</strong> que nous essaierons de définir. Exit donc les multiples revendications catégorielles qui ne reflètent, le plus souvent, qu’une demande spécifique à un moment donné.<br />
<span>   </span><br />
Dans cet exercice qui consiste à définir des priorités, vos réactions sont plus que bienvenues<code> </code>: les «<code> </code>points clés<code> </code>» que nous proposons vous semblent-ils pertinents<code> </code>? Quelles sont vos suggestions<code> </code>? Quelle est votre analyse de la situation<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Priorité n°<code> </code>1<code> </code>: l’école primaire<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Premier objectif que nous proposons<code> </code>: <strong>remonter le niveau culturel et éducatif, en commençant par la base, c’est-à-dire l’école primaire, la maîtrise de la langue écrite et des mathématiques «<code> </code>élémentaires<code> </code>»</strong>. L’expression peut sembler désuète, surannée mais, comme évoqué dans de précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/" target="_blank"><em>La faillite programmée du système éducatif</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank"><em>À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</em></a>), le problème est réel<code> </code>: même l’<a href="http://www.projet-ump.fr/actualite/comment-vaincre-l%E2%80%99illettrisme/" target="_blank">UMP</a> l’affirme (ce doit être la preuve que les ministres de l’Éducation issus de ses rangs sont des incapables<code> </code>!)<code> </code>: «<code> </code>40<code> </code>% des élèves sortent de l’école primaire avec des bases trop fragiles, 15<code> </code>% sont illettrés et le resteront.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi ce choix comme priorité n°<code> </code>1<code> </code>? Vouloir atteindre cet objectif, c’est bien sûr <strong>investir dans le futur</strong> en augmentant le niveau des connaissances des générations de demain mais c’est aussi <strong>renforcer la «<code> </code>cohésion sociale<code> </code>» et la place des «<code> </code>valeurs républicaines<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En améliorant fortement et en homogénéisant le niveau d’éducation et de culture, <strong>on met en place les conditions d’une sortie «<code> </code>par le haut<code> </code>» des problèmes de ghettoïsation et de communautarisme</strong>. Pour s&#8217;y installer durablement, pas besoin d’aller bien loin<code> </code>: il suffit de continuer la politique de Nicolas Sarkozy et Luc Chatel, basée sur une restriction continue du nombre d’enseignants ainsi que sur une ségrégation sociale et financière qui ne dit pas son nom, le tout sous couvert d’une «<code> </code>diversité culturelle<code> </code>» qui ne sert qu’à brouiller les cartes.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, le résultat de l’<a href="http://www.education.gouv.fr/pid20946/evaluation-des-acquis-filtre-academie.html" target="_blank">enquête menée début<code> </code>2011 par le ministère de l’Éducation</a> auprès de 800<code> </code>000<code> </code>élèves de CM2 est particulièrement éloquent<code> </code>: avec la pudeur qui sied à ce type d’analyses, on note que <strong>26<code> </code>% des élèves n’ont pas «<code> </code>les acquis suffisants<code> </code>» ou disposent «<code> </code>d’acquis encore fragiles<code> </code>» en français, la proportion montant à 30<code> </code>% en mathématiques…</strong> Vouloir ensuite, au collège, empiler des «<code> </code>savoirs<code> </code>» littéraires ou scientifiques sur des fondations aussi branlantes, ne peut mener qu’à l’échec.<br />
<span>   </span><br />
Afin d’éviter ce gâchis, il n’y a qu’une seule solution<code> </code>: <strong>«<code> </code>investir<code> </code>» massivement dans l’école primaire</strong>, et ce suivant deux axes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>en matériel et en moyens humains</strong>, tout d’abord. Pour de multiples raisons d’ordre sociologique que nous n’analyserons pas ici, l’époque où 35<code> </code>élèves se tenaient à carreau devant un professeur respecté fait désormais partie des images d’Épinal et il serait illusoire de vouloir revenir à ce schéma. <strong>La solution, ce sont de petites classes – de très petites classes</strong> – afin que le professeur puisse consacrer beaucoup plus de temps à chaque élève et transmettre un maximum de «<code> </code>savoir<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> car <strong>c’est bien de «<code> </code>savoir<code> </code>» qu’il s’agit</strong>. Le rôle de l’école, c’est de fournir à l’élève un bagage de connaissances aussi complet que possible afin que celui-ci l’utilise ensuite au mieux dans sa vie d’adulte, en fonction des choix qu’il effectuera.</p>
<p class="MsoNormal">Il ne s’agit pas pour autant de revenir au tableau noir et à la craie comme unique moyen de transmission de ce savoir. Par exemple, au Danemark, la <a href="http://www.oddernettet.dk/frameset/run_news.asp?RoomID=1&amp;NewsID=9971&amp;MenuID=13&amp;LangRef=1&amp;SplashID=108" target="_blank">municipalité d’Odder</a> a décidé d’équiper les 200<code> </code>enseignants et 2<code> </code>300<code> </code>écoliers de sa commune (on peut apprécier le ratio<code> </code>!) de tablettes de type iPad, soulignant que ce type d’outils devrait «<code> </code>stimuler les garçons<code> </code>» qui constituent aujourd’hui «<code> </code>l’arrière-garde<code> </code>» du système éducatif, de l’école élémentaire à l’Université. Pourquoi pas<code> </code>? Dans un monde où la gadgeterie électronique est omniprésente, vouloir en «<code> </code>préserver<code> </code>» l’école est illusoire<code> </code>: autant l’employer au mieux si elle permet d’atteindre l’objectif.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les modalités peuvent donc être variées si l’objectif est clair et fait l’objet d’un large consensus.</strong> C’est d’un effort et d’un investissement de longue durée – on ne recrute pas de bons enseignants à l’issue d’entretiens-flash à l’ANPE, n’en déplaise à Luc Chatel – qu’il s’agit, <strong>forcément consenti au détriment d’autres volets de l’action de l’État</strong><code> </code>: action sociale, armée, culture, emploi, justice, logement, police… verront les montants qui leur sont consacrés stagner, voire régresser, avec le risque de revendications catégorielles que cette diète forcée générera.<br />
<span>   </span><br />
Mais, pour citer Pierre Mendès France, «<code> </code>Gouverner, c’est choisir, si difficiles que soient les choix<code> </code>». Alors, avant d’examiner dans de prochains billets les trois priorités suivantes, nous faisons aujourd’hui de l’éducation des générations futures notre priorité n°<code> </code>1.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/66200" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<title>Culture narcissique et politique</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Jun 2011 17:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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En 1979, Christopher Lasch publie The culture of narcissism, qui sera traduit chez Laffont en&#160;1981 sous le titre Le complexe de Narcisse. Titre trompeur puisqu’il retient un sens psycho-individuel et élimine l’aspect socio-culturel de culture narcissique. Trente ans plus tard, on peut s’interroger sur les effets [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" mce_src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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En 1979, Christopher Lasch publie <i>The culture of narcissism</i>, qui sera traduit chez Laffont en<code>&nbsp;</code>1981 sous le titre <i>Le complexe de Narcisse</i>. Titre trompeur puisqu’il retient un sens psycho-individuel et élimine l’aspect socio-culturel de <i>culture</i> narcissique. Trente ans plus tard, on peut s’interroger sur les effets de cette culture sur la vie politique.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Il peut être commode, pour approcher ces questions, de partir de la description que donne le DSM du «<code>&nbsp;</code>trouble de la personnalité narcissique<code>&nbsp;</code>». Le DSM est un manuel de diagnostic des troubles mentaux, fruit d’une élaboration collective et longuement négociée de psychiatres américains. Il en est à sa quatrième version (DSM<code>&nbsp;</code>IV). Il est fondé sur le refus de toute hypothèse théorique concernant les origines et les causes des troubles mentaux<code>&nbsp;</code>: <b>il s’agit de <i>décrire</i> les troubles en des termes qui soient communs à tous les professionnels</b>. Le diagnostic n’est pas simpliste, il prend en compte cinq «<code>&nbsp;</code>axes<code>&nbsp;</code>» (troubles cliniques, troubles de la personnalité, affections médicales, contexte de vie et évaluation globale du fonctionnement).<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Les neuf critères du narcissisme</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Le DSM<code>&nbsp;</code>IV retient douze «<code>&nbsp;</code>troubles de la personnalité<code>&nbsp;</code>» (axe<code>&nbsp;</code>2). Chacun est caractérisé par sept à neuf items qui décrivent des comportements. Pour poser tel diagnostic, il faut observer au moins 4 sur<code>&nbsp;</code>7 ou 5 sur<code>&nbsp;</code>9 de ces comportements. Il est rare qu’une personne présente <i>tous</i> les comportements d’une liste<code>&nbsp;</code>: c’est alors un cas vraiment pathologique<code>&nbsp;</code>! Le plus souvent, les personnes qui consultent présentent un petit nombre de traits de plusieurs troubles.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Voici les <b>neuf critères du DSM<code>&nbsp;</code>IV pour le <i>trouble de la personnalité narcissique</i></b><code>&nbsp;</code>:<br />
«<code>&nbsp;</code>Le sujet…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">1 – a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple il surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport)&nbsp;;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">2 – est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou d’amour idéal<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">3 – pense être «<code>&nbsp;</code>spécial<code>&nbsp;</code>» et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">4 – a un besoin excessif d’être admiré<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">5 – pense que tout lui est dû<code>&nbsp;</code>: s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">6 – exploite l’autre dans les relations interpersonnelles<code>&nbsp;</code>: utilise autrui pour parvenir à ses propres fins<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">7 – manque d’empathie<code>&nbsp;</code>: n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">8 – envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">9 – fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains.<code>&nbsp;</code>»</p>
<p><span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Le lecteur n’aura probablement pas grand mal à repérer la présence de l’un ou l’autre de ces traits chez des personnes connues de lui. Ni à reconnaître que <b>beaucoup de nos politiciens sont <i>gravement</i> narcissiques</b>. Ce sont les conséquences qui nous intéressent<code>&nbsp;</code>: comment un Narcisse fait-il de la politique<code>&nbsp;</code>?<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Narcisse en politique</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Notons d’abord que, même gravement narcissique, un homme peut ne pas présenter <i>tous</i> les critères. De plus, un critère peut être plus ou moins présent et, d’une personne à l’autre, les variations sont grandes. À l&#8217;extrême, deux sujets qui présenteraient les neuf critères pourraient être fort différents l’un de l’autre.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Mais quelque chose leur est commun<code>&nbsp;</code>: <b>la centration sur eux-mêmes et sur le regard que les autres portent sur eux</b>. Lorsqu’ils entreprennent une action, les effets qui les intéressent sont là, dans le regard des autres sur leur personne. À la limite, <b>ils agissent essentiellement pour entretenir l’admiration</b> qui leur est aussi nécessaire que l’oxygène. <b>Les effets de leurs actes sur la réalité leur importent moins, et parfois pas du tout.</b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Or ceci implique des manières d’agir, qui ne sont pas obligatoirement présentes, mais qui «<code>&nbsp;</code>vont avec<code>&nbsp;</code
